‹ Histoire de la scarlatineChapitre 51 sur 72 · MILIAIRE · texte numérisé non relu

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au contraire, une maladie propre à l'enfance ; elle ne détermine presque aucune sueur avant l’éruption; elle occupe la plus grande partie de la surface du corps, même la face, se montre principalement sur les doigts et les articulations, proémine très-peu au-dessus du niveau de la peau, et se termine par une desquamation remarquable. Enfin, dans la miliaire, les vésicules sont petites, acuminées, transparentes, et contiennent une sérosité acide; dans la scarlatine, elles sont plus larges, jaunâtres, et contiennent un liquide alcalin '.

ANGINE SIMPLE. —Ïl est souvent difficile de déterminer si un mal de gorge est une angine simple ou s’il annonce l’invasion d’une scarlatine. On pourra craindre cette dernière affection si le sujet est Jeune, s’il a été en contact avec des scarlatineux, et s’il n’a jamais été atteint de cette fièvre exanthématique; si la coloration morbide de la muqueuse bucco-pharyngienne est vive et foncée; si les ganglions sous-maxillaires sont engorgés; s’il se manifeste des troubles du système

(4) Schmidt. Encyklopædie der gesammten Medicin, erster Supplementband.

nerveux, etc. On devra au contraire s'arrêter à l'idée d’une angine simple, si l'individu est d’un certain âge, s’il a été atteint antérieurement de la scarlatine , s’il est sujet à l’amygdalite, si une seule tonsille est affectée, enfin si le mal de gorge est survenu brusquement sans être annoncé par aucun symptôme précurseur : car dans la scarlaüne 1l est ordinairement précédé de quelques prodromes, de mouvement fébrile, ete.

Il peut se faire que l’exanthème manque entièrement, et que néanmoins la marche de la maladie, l’état de la peau, et la nature des accidents secondaires, révèlent une scarlatine. On ne peut méconnaître cette affection si, indépendamment des signes commémoratifs ci-dessus, la peau devient le siége d’un prurit, d'une vive chaleur, d’une exfoliation épidermique; si, plus tard, 1l survient une anasarque, un engorgement cervical, etc.

ANGINE DIPHTÉRITIQUE.—Les belles recherches de M. Bretonneau ‘ sur linflammation pellicu-

(1) Notice sur l’emploi de l’alun dansla diphtérite ; in Archiv. génér. de médecine, t. XII, p. 29, 1827. Compendium de médeeine pratique, 1846, L. VIT, p.477,

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laire du tissu muqueux ont jeté un grand jour sur le diagnostic, jusque là si obscur, de l’angine scarlatineuse et de l’angine diphtéritique. Voici les caractères différentiels indiqués par cet auteur. La scarlatine angineuse débute par un trouble extrême de la circulation et des fonctions respiraioires, par le vomissement , la céphalalgie, et souvent le délire; tandis que dans la première période de langine diphtéritique, le mouvement fébrile est éphémère et à peine sensible, les fonctions crganiques et celles qui appartiennent à la vie de relation sont si peu troublées, que le plus souvent les enfants qui sont dérà dangereusement atteints conservent leur appétit habituel et continuent leurs jeux. Dans la première de ces maladies, les deux amygdales, le voile du palais, et la pointe de la langue, sont le siége d’ur gonflement considérable et d’une rougeur très-vive; dans la seconde, on n’observe qu’une tuméfaction peu considérable de l’une des amygdales ; les parties qui environnent la concrétion pelliculaire sont les seules qui présentent une rougeur vive, la langue et le voile du palais conservant leur couleur naturelle. L’inflammatüon scarlatineuse envahit simultanément tous les points des surfaces muqueuses qu'elle doit occuper; on pourrait même dire sans erreur qu'elle les envahit au

même instant, une différence manifeste de texture suffisant pour rendre compte du retard de l’apparition de la phlogose et de la nuance particulière de son aspect; une sécrétion d’un blanc de lait recouvre simultanément les deux amygdales, la langue, le voile du palais, la face interne des joues; en même temps la fièvre persiste ou augmente; souvent le pouls est irrégulier, et il se manifeste du délire. Dans l’angine diphtéritique, la fausse membrane ne recouvre d’abord que lune des amygdales ; elle gagne de proche en proche, s'étend à la manière d’un liquide, et passe d’une amygdale sur l’autre, en envahissant auparavant le voile du palais et la partie postérieure du pharynx et des fosses nasales; éminemment locale, c'est d’un seul point que l’inflammation diphtéritique se propage avec plus ou moins de rapidité aux surfaces qu’elle envahit graduellement; en même temps la fièvre cesse, et toutes les fonctions se rétablissent. La marche de la scarlatine est très-aiguë; chacune de ses phases s’accomplit dans les termes d’une durée limitée : aucun terme fixe ne limite les progrès successifs de la diphtérite, si l’occlusion des voies aériennes n’apporte pas un terme à sa durée. La phlegmasie scarlatineuse du pharynx n’a aucune tendance à envahir Îles voies aériennes; les concrétions blanches dispa-

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raissent peu à peu, et la voix, qui était nasonnée tant que la tuméfaction des amygdales était con= sidérable , reprend son timbre naturel dès qu’elle a cessé. La diphtérite a une tendance extrème à se propager dans les canaux aérifères. Les premiers symptômes se dissipent presque entièrement; la déglutition est facile, non douloureuse; mais tout d’un coup il survient de la toux, et la . voix se voile: la toux est sèche, rare, courte, rauque , et enfin éteinte; la voix, qui était devenue rauque, ne semble plus qu’un filet d'air qui passe à travers un tuyau de métal. La respiration s’'embarrasse, la dyspnée se manifeste par accès de plus en plus rapprochés , et le malade périt asphyxié. La scarlatine est souvent accompagnée de vésicules occupant les parties latérales du cou, les poignets, les cous-de-pied; presque toujours 1l existe une desquamation cutanée, soit générale, soit partielle; quelquefois la maladie est suivie d'anasarque. Dans la diphtérite on n’observe Jamais ni vésicule, ni desquamation, n1 anasarque. Le traitement topique, en modifiant de la manière la plus satisfaisante l’inflammation couenneuse dans la scarlatine, n’abrège pas la durée de la maladie, n’en diminue pas les dangers, et ne met point les malades à Vabri d'accidents consécutifs plus ou moins graves et d’une convalescence plus

ou moins pénible. Si un traitement topique modifie Pinflammation diphtéritique, le retour à la santé est obtenu aussitôt que la maladie locale est terminée. Les épidémies les plus meurtrières d’angine scarlatineuse moissonnent à peine un tiers ou un cinquième de ceux qui en sont atteints, quelle que soit la médication employée; le plus souvent la mortalité est beaucoup moindre. Il est à peu près prouvé que tous ceux qui sont affectés d'angine diphtéritique périssent si la maladie est abandonnée à elle-même.

FIÈVRE TYPHOÏDE, MÉNINGITE. — Lorsque la scarlatine en est encore à sa période d’invasion, et qu’elle s'annonce par la céphalalgie, l’anorexie, la soif, le dévoiement, on pourrait croire à l’imminence d’une fièvre typhoïde. Dans ce cas, il est bon de rester dans le doute, et d’attendre que l’exanthème mette un terme à l'hésitation. Cependant les prodromes de l'entérite folliculeuse ont en général moins d’acuité que ceux de la scarlatine. Les commémoratifs et l’état du pharynx peuvent aussi mettre sur la voie du diagnostic.

Si la scarlatine est irrégulière, si elle commence avec du délire ou des convulsions, rien, sauf les antécédents, ne la différencie de la pre-

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mière période de la méningite.

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