‹ Histoire de la scarlatineChapitre 60 sur 72 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Nature &e la Scarlatine.

Sydenham est le premier qui ait cherché à se rendre compte de la nature de la scarlatine et de la cause prochaine qui préside à son développement. « Cüm hic morbus nihil aliud mihi videtur quàm mediocris sanguinis effervescentia à progressæ æstatis calore, aut alio aliquo modo excitata, nihil quicquam molior quominus sanguis sibi despumando vacet, et materiæ peccanti quæ

satis promptè adjungitur, per cutis poros ablegandæ". » Ce grand praticien avait compris que les éléments scarlatineux, quels qu’ils soient, doivent ètre placés dans le sang; et, en considérant la scarlatine comme une maladie générale, il était beaucoup plus près de la vérité que ceux qui, plus tard, n’ont voulu voir dans cette pyrexie qu’une affection locale.

À peu près à la même époque, Horton * jeta une nouvelle confusion sur lindividualité de la scarlatine établie par Angrassias, et prétendit que cette maladie n’était autre chose qu’une rougeole confluente, qu’il rapportait elle-même à une fièvre inflammatoire générale. Cette opinion, reproduite de nos jours, ne peut, comme nous le verrons, soutenir l'examen :; mais #/orton eut au moins le mérite de rapprocher deux affections qu’on devait plus tard séparer, avant de les placer définitivement l’une à côté de l’autre dans les cadres nosologiques.

Vers le milieu et dans les dernières années du dix-huitième siècle, la scarlatine revêtit fréquemment la forme angineuse, et fut méconnue par la plupart des praticiens de cette époque, qui ne

(1) Opera medica, Genevæ, 1756, t.r, p. 162. — (2) Opera omnia, Lugduni, 1737, t.1, p.28.

virent dans cette affection qu’une angine maligne compliquée d’une éruption accidentelle. Des auteurs plus modernes ont voulu localiser la scarlatine au pharynx, en considérant le mal de gorge qui accompagne l’exanthème comme la lésion constitutive de la maladie. Mais s1 les rougeurs cutanées étaient purement symptomatiques de l’angine, elles n’existeraient jamais sans cette dernière, qui, nous le savons, est loin d’être cons= tante dans la scarlatine. D'un autre côté, la pharyngite précèderait toujours l’éruption, ce qui n’a pas lieu. L’exanthème, il est vrai, manque aussi quelquefois; mais que faut-il en conclure? C’est que ni le mal de gorge, ni l’éruption, ne constituent la scarlatine : ce sont simplement deux phénomènes concomitants qui n’ont d’autre liaison entre eux que d’avoir l’un et l’autre leur point de départ dans le même état morbide général.

Pinel, ayant étudié avec plus de soin que ses devanciers cet exanthème qu’ils regardaient comme un simple épiphénomène de l’angine, crut reconnaître dans la scarlatine tous les caractères d’une affection essentielle, d’une phlegmasie idiopathique qui aurait pour siége le réseau vasculaire de la peau. « Une simple analogie, l’indétermination » ou la vacillation des opinions de divers auteurs, » ont pu d’abord contribuer à faire mettre la scar-

» latine au nombre des éruptions symptomatiques, » mais, en suivant avec soin la marche de cette af- » fection et ses progrès comme maladie épidémi- » que, peut-on y méconnaitre, ainsi que dans la » variole et la rougeole, les caractères d’une vraie » phlegmasie cutanée, comme la rougeur, la cha- » leur, le gonflement, une tension douloureuse, » etc. ! » Jahn a très-bien démontré tout ce qu'il y a d’erroné dans cette opinion. « Les modernes, dit-il, en sont venus à considérer cette affection comme une simple phlezmasie de la peau : c’est une hypothèse facile à renverser. Nous voyons très-souvent qu'il n'y a aucune trace d’exanthème; cependant la peau est sèche, la desquamation s’opère, il survient de l’œdème, et il s’opère en même temps de grandes modifications dans l’intérieur du corps. Il est commun de voir la scarlatine n’occuper que quelques régions de la peau, tandis que d’autres conservent leur couleur normale. Dans ce cas, les parties que l'exanthème a respectées se comportent comme celles qu’il a envahies; c’està-dire qu’elles sont brülantes, qu’elles ne suent pas, qu’elles perdent leur épiderme, qu’elles de viennent œdémateuses, etc. Il y a donc ici autre chose qu’une inflammation de la peau. On sait

(4) Nosographie philosophique, 6 édition, t.11, p. 69.

que la véritable inflammation n’est jamais erratique, qu’elle ne procède point par bonds et par sauts, qu'elle reste fixe dans l'organe attaqué, et qu’elle y accomplit son cours. Mais il en est autrement de la scarlatine. On n’observe jamais dans la scarlatine plusieurs phénomènes qui sont constants dans l’inflammation, tels que douleur augmentée par le contact et la pression, suppuration, gangrène , épanchement de lymphe. L’intumescence est essentielle à toute inflammation ; dans la scarlatine elle manque tout aussi souvent et même plus fréquemment qu’elle n'existe. L’accumulation de la sérosité s'opère autrement dans inflammation que dans la scarlatine: elle ne survient jamais que dans la partie affectée; elle n’occupe jamais l'organisme entier; on la voit toujours se manifester au plus haut période de la maladie, et jamais à son déclin et lorsqu'elle est sur le point de se terminer. Les inflammations sont des opérations locales auxquelles l'organisme entier ne participe que d’une manière sympathique. La scarlatine, au contraire, ne se déclare qu’à la suite de grands mouvements intérieurs dans l'organisme. Une inflammation se laisse abattre par les antiphlogistiques; la scarlatine jamais. Dans la scarlatine, nous avons un contagium fixe et spécial, comme il n’y en a jamais dans les inflammations

franches. La scarlatine préserve d'elle-même par le fait d’une de ses attaques ; les inflammations, au contraire, établissent précisément, par leur existence, une disposition à des phlezmasies répétées. Si la scarlatine était une inflammation de la peau, on ne concevyrait pas pourquoi elle se serait développée seulement dans les temps modernes et aurait été inconnue dans l'antiquité. » Nous ajouterons deux mots aux réflexions de Jahn. En considérant la scarlatine comme une inflammation du système dermoïde , accompagnée d’une fièvre symptomatique, comment concevoir qu’elle puisse exister sans exanthème ? comment expliquer la fièvre d’incubation, qu'on ne peut attribuer à une phlegmasie qui n'existe pas encore ?

L'auteur de la Nosographie philosophique, en plaçant dans une lésion inflammatoire de la peau ‘état morbide primitif et essentiel de la scarlatine, avait donné à l’exanthème une importance exagérée. Broussais rabaissa de nouveau l’éruption au rôle d'accident secondaire. Pour lui, le phénomène principal c’est la gastrite. Le virus va frapper directement la membrane muqueuse stomacale, et il en résulte une gastro-entérite suivie d’une éruption symptomatique. S'il est un point de doctrine sur lequel le chef de école physiologique ait prêté le flanc à l’attaque, c’est certaine-

ment sa théorie des fièvres éruptives. Nous ne répèterons pas tous les arguments dont on s’est servi pour la combattre; nous nous bornerons à en résumer les principaux. La gastrite étant une irritation, et l’irritation étant toujours la même, puisqu'elle n’est autre chose que lexagération des phénomènes vitaux, comment une inflammation de l'estomac pourrait-elle produire tantôt la scarlatine, tantôt la rougeole, ou telle autre fièvre éruptive? Répondra-t-on qu’il y a un degré d’intensité de plus ou de moins? Mais, en exagérant la gastrite de la scarlatine, arrivera-t-on jamais à déterminer la variole? Puisque linflammation est localisée et que la gastrite seule constitue la maladie, c’est la gastrite seule qu'il faut combattre; or, at-on jamais réussi à Juguler cette prétendue gastrite, et, par suite, à arrêter complètement la marche de la fièvre exanthématique ?

On s'accorde aujourd’hui à considérer la scarlatine comme une maladie générale due à une espèce d’empoisonnement miasmatique du système sanguin. [Il ne faut rechercher l'essence de la maladie ni dans l’exanthème cutané, ni dans le mal de gorge, qui ne sont que des accidents secondaires. L'élément primordial de la scarlatine est une altération spéciale du sang par un agent sui generis dont la nature intime s’est dé-

robée jusqu'ici à tous nos moyens d'investigation, mais dont l'existence ne peut être révoquée en doute. C’est cette altération du sang qui constitue le fond de la maladie, et qui est le point de départ de tous les phénomènes morbides; c’est elle qui suscite dans l'organisme ce mouvement réactionnel qui prépare et favorise l'élimination du principe étranger.

Nous nous sommes déjà occupé, au chapitre de létiologie, des causes prochaines de la scarlatine. Nous allons compléter ce qui concerne la pathogénie de cette affection, en faisant connaître succinctement une théorie qui compte trop de partisans en Allemagne pour que nous n’en disions pas quelques mots. Nous voulons parler du rôle que Most" et d’autres auteurs ont attribué à l'électricité dans la production de la scarlatine et des autres fièvres exanthématiques.

Voici les considérations sur lesquelles se fondent principalement ces auteurs : L'influence d’une forte pile détermine un exanthème analogue à celui de la miliaire ou de la scarlatine; chez les sujets irritables, cet effet se produit même dans

() Versuch einer kritischen Bearbeitung der Geschichte des Scharlachfiebers und seiner Epidemien. Leipzig, 1826, t. 11, p. 148 et suiv.

les parties du corps qui n’ont pas été exposées directement au courant galvanique. Toutes les maladies exanthématiques, miasmatiques ou contagieuses, règnent de préférence au printemps ou en automne, saisons où la température est trèsvariable. La plupart des épidémies débutent vers l’'équinoxe , époque de l’année où se remarquent des désordres et de grandes variations dans lPintensité du magnétisme terrestre et de ses forces électro-galvaniques. On remarque, enfin, quetoutes les maladies exanthématiques épidémiques et contagieuses sont fréquemment accompagnées de convulsions, ce qui suppose un dérangement dans l'harmonie de l'électricité galvano-animale du Corps vivant.

Most et ceux qui partageaient sa manière de voir n'avaient point spécifié laquelle des deux électricités était en jeu dans la scarlatine. C’est ce que M. Heidenreich"' a cherché à déterminer; et il résulterait de ses expériences que l'électricité est toujours négative dans cette maladie. Pour lui, le système sanguin et le système nerveux sont les deux éléments d’une pile galvanique; le cerveau et les nerfs contiennent du phosphore et du soufre ;

(4) Medicinisches correspondenz-Blatt BayerischersÆrzte , 1841. Gazette médicale, 1841, p.777.

le sang renferme de l’acide phosphorique, des sels et du fer. L’électricité négative engendre dans les maladies des produits basiques, et l'électricité positive des produits acides, comme le pôle cuivre attire l'hydrogène, et le pôle zinc l'oxygène; de même tous les exanthèmes avec électricité négative de la peau, tels que l’érysipèle, l’urticaire, la variole, le zona, etc., développent un produit basique dans leurs taches, papules et pustules, et toutes les maladies avec électricité positive de la peau, telles que le rhumatisme, la rougeole, la miliaire, développent un produit acide.

Nous n’en dirons pas davantage sur cette théorie, qui n’est qu'une hypothèse dans l’état actuel de la science.

Mais ce n’était pas assez pour des cerveaux germaniques d'étudier la scarlatine dans sa nature la plus intime : il fallait rechercher dans quel but la nature avait infligé cette maladie à l’espèce humaine. Or, suivant Kiesser', Pfeufer, Gœden, Steièmmig , ete., les exanthèmes en général, et la scarlatine en particulier, sont des moyens dont se sert la Providence pour perfectionner l’homme et le spiritualiser. « N’y a-t-il pas, disent-ils, quel-

(1) Ueber das Wesen und die Bedeutung der Exantheme , Jena,

que chose de providentiel dans ces maladies exanthématiques auxquelles personne n’échappe, qui n’attaquent qu'une seule fois le mème individu, qui sont propres à cette période de la vie où l’homme est encore susceptible de perfectionnement, et qui sont toujours suivies de l’amélioration physique et intellectuelle des sujets qui en sont atteints? » Cette opinion, professée par des hommes distingués, ne peut soutenir l'examen lorsqu'on la dépouille des couleurs poétiques et des formes abstraites dont Xiesser a su la revêtir. Si la scarlatine était destinée à ennoblir la race humaine, elle ne sévirait pas sur les animaux; or nous savons qu’on l’a observée chez le chien, le chat, etc.

Kiesser assignait pour objet à la scarlatine le perfectionnement de la race humaine. D’après une autre théorie, née également outre Rhin, cette maladie tendrait au contraire à rapprocher l’homme des animaux d'espèce inférieure. Suivant M. Dœhne", la scarlatine ne serait autre chose que l’accomplissement trop précipité d’un acte physiologique analogue à la mue des oiseaux, à la repro-

(1) Einige Beitræge zur Ætiologie und Kur des Scharlach- oder Hæutungs - fiebers, nebst Empfehlung einer neuen Behandlung dess. mit Einreibung von OEl, Leipzig, 1821.

duction du test des écrevisses, au renouvellement de la peau des serpents. Il pense que l’homme change de peau à une certaine époque, et que celte fonction, qui passe inaperçue lorsqu'elle s’opère avec lenteur, comme c’est l’ordinaire , détermine, lorsqu'elle est trop brusque, l’inflammation de l'enveloppe cutanée. Les anciens téguments devenant alors impropres à remplir leurs fonctions avant que les nouveaux puissent les suppléer, il en résulte une perturbation générale de l’économie et des accidents plus ou moins graves. Cette manière de considérer la scarlatine est passible d’un grand nombre d’objections. Si cette maladie était due à la perversion d’une fonction naturelle, comment se ferait-il qu’elle fût contagieuse, épidémique, et qu’elle n'eût apparu que dans les temps modernes? Dœælhne a cherché une explication de cette dernière particularité dans la dégénérescence de notre organisation; mais nous avons vu que les sujets robustes sont précisément ceux qui supportent le moins bien la scarlatine. | Heim, Schæffer, Reich, Jahn, etc., en Allemagne, et MM. Piorry et Lhérilier " en France, ont cherché à réhabiliter lopinion de Horton,

(1) Traité des altérations du sang, Paris, 1840.

qui soutenait l’identité de l’affection morbilleuse et de la scarlatine, et regardait cette derniere comme une rougeole confluente. « La distinction qu’on a établie entre ces deux maladies, disent MM. Piorry et Lhéritier, ne repose que sur des inexactitudes et des minuties. Quoi! dans la rougeole, le malade éprouve un enchifrènement incommode, éternue souvent, se plaint d’une toux sèche et rauque, ses yeux sont humides et larmoyants; et l’on prétend qu’il n’en est pas ainsi dans la scarlatine, où les yeux sont ardents, enflammés, où les malades se plaignent de mal de gorge, d'éternuements, etc.! Mais où voit-on donc une différence ? Est-il vrai que dans la scarlatine l’éruption se fasse d’emblée sur toute l'étendue de la peau? Nullement: elle commence d’abord, comme dans la rougeole, par occuper le cou et la face, pour se répandre ensuite sur tout le corps. La forme des taches, leur élévation au-dessus de la peau, la coloration plus ou moins foncée, leur disparition subite, leur réapparition, aucun de ces caractères n’est constant, aucun d'eux n’est exclusivement réservé à lune ou l’autre de ces maladies. Il n’est pas exact non plus de dire que dans la scarlatine, à la période de desquamation, la peau paraît farimeuse, tandis que dans la rougeole l’épiderme tombe par grandes écailles. Jai

vu des lambeaux d’épiderme de 2 pouces d’étendue recueillis sur des sujets atteints de scarlatine. Peut-on dire, enfin, que la rougeole seule laisse à sa suite des ophtalmies, des bronchites, etc. ? Tant s’en faut. La scarlatine jouit aussi de cette triste prérogative. Est-1l vrai que la tuméfaction leuco-phlegmatique soit particulière à cette dernière ? Pas davantage. Tout est de même dans les deux affections. Les seules différences qu’on observe ne tiennent qu'au degré plus ou moins intense de la maladie et à la manière plus ou moins active dont les divers systèmes organiques réagissent contre la cause spécifique qui la caractérise. »

L'opinion dont il s’agit ne peut soutenir un examen sérieux ; et il est impossible, dans l’état actuel de la science, de mettre en doute l’individualité des deux fièvres éruptives que l’on voudrait identifier. Indépendamment des caractères diftérentiels que nous avons indiqués au chapitre du diagnostic, nous invoquerons deux circonstances péremptoires : c’est que l’une de ces pyrexies n’est pas préservatrice de l’autre, et que l’action du virus scarlatineux ne produit jamais la rougeole, ni réciproquement.

Nous nous bornerons à mentionner quelques opinions plus ou moins bizarres émises par des auteurs allemands sur la nature de Ja maladie

dont nous nous occupons. Ainsi, Bauer! a cherché à établir laffinité des scrofules et de la scarlatine, qui ne serait, suivant lui, qu’une affection scrofuleuse à l’état suraigu. D’autres ont cru trouver de l’analogie entre la scarlatine maligne et le choléra asiatique, et pensent que ce dernier n’est autre chose qu’une scarlatine pernicieuse fixée sur la muqueuse du tube digestif”. Kirkland, Elsner”, et Kopp”, regardent la scarlatine comme une variété de l’érysipèle. Sundelin la rattache à une lésion du système nerveux. Enfin, ÆEtimuller, Schænlein, et en général l’école de Würzbourg, la considèrent comme le résultat de l'acidité de la lymphe, et admettent que le caractère essentiel de la maladie consiste en ce que les humeurs donnent lieu à l’excrétion d’une grande quantité de matière acide. Les médecins de Breslau avaient déjà émis une opinion analogue à la fin du xvrr° siècle : car ils considéraient la scarlatine et toutes les affections contagieuses en général comme des maladies de la Iymphe.

J. Frank se demande si le charbon de la bouche des troupeaux ne serait pas une espèce de

(4) Dissertatio de febre scarlatinà , observationes et meletemata quædam, Viteb., 1796, p.13. — (2) Dissertatio de rubeoläà. Rostock.— (3) Beytræge für Fieberlehre, etc.—(4) Salzb. med. chirurg. Zeitung, 1821, t. Ir, p. 394.

scarlatine maligne. Nous avons déjà dit, au chapitre de l’étiologie, qu’il n’était pas rare de voir coïncider avec des épidémies de scarlatine des épizooties meurtrières caractérisées par des symptômes analogues à ceux que présente cette fièvre éruptive chez l’homme.

Le caractère essentiel de la scarlatine est-il inflammatoire, ou putride? Stieglitz et son école pensent que cette maladie est constamment inflammatoire dès le début. Nous verrons que l’expérience a démenti cette assertion, et qu’on a observé des épidémies dans lesquelles des symptômes typhoïdes se manifestaient dès la période d’invasion. Vavier pense néanmoins que la scarlatine est d’une nature encore plus inflammatoire que la variole.

Terminons en appelant l’attention sur un caractère particulier à la scarlatine, et qui distingue cette pyrexie de toutes les autres fièvres éruptives: c’est la variabilité, si l’on peut s'exprimer ainsi. Il n’y a pas, en effet, de maladie moins semblable à elle-même, plus sujette aux anomalies, et dont les symptômes, la marche et les accidents secondaires présentent plus de diversité. Elle mérite à plus juste titre que la variole cette qualification que Stoll appliquait à cette dernière : ingenio planè proteiformi. Le propre de la scarlatine

anormale, disait 4libert!, c’est de marcher par saccades et par bonds irréguliers, de n’avoir au-

cune règle constante, d’être essentiellement différente d'elle-même.

(4) Monographie des dermatoses, t. 1, p. 381.

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