‹ Histoire de la scarlatineChapitre 8 sur 72 · CLIMATS · texte numérisé non relu

CLIMATS

Cirmars.—La scarlatine sévit-elle sous toutes les latitudes et dans tous les climats? Nous possédons encore trop peu de données pour résoudre cette question de géographie médicale. Nous savons seulement qu’elle a été observée et décrite dans toutes les régions de l’Europe, même en Islande’, et qu’elle n’a pas épargné le Nouveau Monde, où, suivant Fuchs ?, elle a commencé à paraître vers 1760. Au dire de M. Rochoux”, elle serait inconnue aux Antilles : chose remarquable, les habitants de cette contrée seraient susceptibles de contracter cette maladie en France ; mais ils n’en seraient jamais atteints avant dixhuit mois ou deux ans de séjour, c’est-à-dire avant que leur constitution, modifiée par le climat, les eüt rendus aptes à gagner une maladie pour laquelle ils n’avaient Jusque là aucune disposition.

Suivant cet auteur, 1l en serait de même de la rougeole, qu’un auteur anglais nous représente cependant comme très-meurtrière à la Jamaïque ”.

(4) Swendson. In Tode’s med. Journ., t. v, cah. 16, p.16. — (2) Histor. Untersuchung über Angina maligna, und ihr Verhælt. zu Seharlach., ete. Würzbourg, 1828. — (3) Dictionnaire de médecine, 2€ édit., t. VIII, p. 505. — (4) Letters and Essays by diff. pract. of the West-Indies, p. 115.

4S ÉTIOLOGIE.

TEMPÉRATURE. — Cette proposition de Sydenham, que le froid suffit à lui seul pour produire des épidémies, ne nous semble applicable qu'au froid humide et aux maladies épidémiques non contagieuses : car le froid sec est, suivant l’expression de Host, lanticontagieux par excellence. Les modifications qu'il imprime à la marche et aux progrès des épidémies de scarlatine avaient déjà été signalées à la fin du siècle dernier par JPithering, Bicker et Joerdens, qui avaient vu l'arrivée du froid suspendre ou arrèter le cours d’épidémies meurtrières, dont les ravages désolent Birmingham, Rotterdam et Hof. Mais son action n’a peut-être Jamais été aussi évidente qu'à Werthheim en 1829 : il ne survenait pas un seul cas nouveau de scarlatine dans cette localité les jours où le vent d'ouest ou de nord-ouest amenait une température froide et sèche, et il s’en déclarait de suite un grand nombre lorsque cet état de l'atmosphère venait à changer. À ces faits et à beaucoup d’autres que nous pourrions citer, on objectera que J. Frank a vu la scarlatine continuer ses ravages à Wilna par un froid de 25 à 30° centigrades. Mais nous croyons pouvoir donner à cet égard une explication satisfaisante. Nous avons remarqué que les épidémies qui s'étaient amendées de la manière la plus notable sous l’influence du

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