‹ Histoire de la science politiqueChapitre 15 sur 71 · XVI' INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI' INTRODUCTION

certain qu'il n'est point chargé de nous procurer la seconde. Le salut est une affaire entre Dieu et l'homine, par l'intermédiaire ou avec le secours du sacerdoce; mais le magistrat n'y est pour rien. C'est moi seul qui puis faire mon salut, et par mes œuvres propres. L'État ne peut se substituer à moi, sans détruire dans sa racine même le principe de la religion. De son côté, le pouvoir spirituel, en usurpant le pouvoir politique, ou en l'asservissant, tend par là à se détruire soi-même comme pouvoir religieux. En effet, le pouvoir religieux est essentiellement un empire moral : emprunte-t-il l'arme de la loi et le secours du bras séculier, il donne à entendre par là que cet empire moral est insuffisant ; et plus il gagne d'un côté, plus il perd de l'autre. Ce n'est pas tout. S'il n'y avait qu'une seule manière, unanimement reconnue, de faire son salut, on pourrait comprendre que l'État et l'Église, suivant une même route et cherchant une même fin, le bonheur des citoyens, se rencontrassent dans la pratique. Mais, comme en fait, il y a un trèsgrand nombre de voies différentes vers le salut, l'État en choisissant une d'elles et .en l'imposant à ses membres, tranche par là même la question de sa. voir quelle est la plus sûre ; or il n'a pas autorité pour cela. Si l'on dit que ce n'est pas l'État qui fait ce choix, mais l'Église, l'Église qui a dû nécessairement le faire d'abord pour elle-même, qui est persuadée a priori de la vérité de son symbole et qui ne peut pas admettre deux vérités, l'une terrestre et

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