‹ Histoire de la science politiqueChapitre 17 sur 71 · I. L'État, nous l'avons dit, n'est pas institué pour · texte numérisé non relu

I. L'État, nous l'avons dit, n'est pas institué pour

TOH. ^I. - ^

XYiii INTRODUCTION. •

faire régner la vertu, mais il ne peut pas se passer d'elle. Supprimez un instant par hypothèse la bonne foi, le courage, l'équité, l'amour de la patrie, et voyez ce que deviendrait un État, privé de toute force morale. Chez les magistrats, rien ne peut suppléer à l'intégrité, à l'amour des fonctions, au zèle du bien public. Créerez-vous des inspecteurs pour les surveiller ? Ces inspecteurs eux-mèngies auront besoin de vertu, pour ne pas devenir complices de leurs subordonnés. Donnez-vous à un seul le souverain pouvoir, il lui faudra une vertu sans bornes, pour suppléer à toutes celles qui font défaut. Imaginez-vous des constitutions pour enchaîner tous les pouvoirs publics les uns par les autres, elles auront assez de mailles, pour laisser passer les trahi-^ sons, si l'amour de la justice et du droit ne comble pas les vides. Les lois et les mécanismes politiques ne sont que des points d'appui pour la faiblesse des hommes : le principal ressort est toujours dans le cœur. Dans une armée, la discipline soutient le courage, mais elle ne le remplace pas. Chez les citoyens, il ne faut pas moins de vertu que chez les magistrats. Sans courage, l'État est asservi ; sans amour du bien public, TÊtat est languissant ; sans amitié et sans concorde, l'État est déchiré ; sans travail, l'État est affamé ; sans économie il est ruiné ; sans dignité et sans fierté, il est opprimé.

Il semble que l'on revienne d'un pays inconnu en affirmant aujourd'hui que la vertu est nécessaire au maintien des États. Ce sont là des maximes di-

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