‹ Histoire de la science politiqueChapitre 18 sur 71 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

gnes du bon RoUîn, des réimniscences de la république de Salente. On n'entend parler quç de lois économiques, sociales, politiques ; et bien peu s'avisent de penser à cette vieille maxime : La vertu sauve les États, etJa corruption les perd. Je n'estime pas peu les garanties légales de la liberté publique ; je suis plein de déférence pour les axiomes de l'économie politique; mais si j'avais quelque autorité pour parler courageusement aux hommes de ce temps, je leur dirais : c Aimez-vous la justice ? savez-vous respecter les lois même défectueuses, et les magistrats même imparfaits ? savez-vous aimer le droit du voisin autant que le vôtre propre ? ne vous sentez-vous ni envie pour ceux qui ont plus que vous, ni mépris pour ceux qui ont moins ? aimez-vous mieux l'honneur que la richesse, et la médiocrité honnête que la grandeur mal acquise ? êtes-vous capable de parler librement sans insulter, sans mentir, et sans mettra le feu à l'État ? savezvous ne rien céder de votre pensée et de votre conscience sans faire violence à celle des autres? savezvous enfin aimer la liberté, sans vouloir la domination ? Si vous savez ces choses, vous méritez d'être citoyens ; si vous ne les savez pas, votre science politique et économique pèche par la base, et toutes les révolutions du monde ne vous donneront pas ce que vous désirez. «

Montesquieu a démêlé avec profondeur cette force morale qui soutient les États dignes de ce nom, lorsqu'il a dit que sans vertu, les peuples ne peu-

Page 1