‹ Histoire de la science politiqueChapitre 26 sur 71 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

jamais pour former un programme de droits, sur lequel tous soient d'accord. Il est facile de répondre : Vous admettez sans doute qu'il y a quelque chose qu'on appelle le devoir. Croyez- vous qu'il soit plus facile de définir et de circonscrire les devoirs que les droits ? Sans doute, les devoirs fondamentaux sont évidents et certains; mais quand il s'agit de fixer la limite des devoirs, de les subordonner les uns aux autres, d'en juger les conflits, la tâche est des plus délicates. Ignorez-vous qu'il existe une science appelée la casuistique, qui a pour objet d'appliquer à tous les cas particuliers les principes incontestables de la morale ? Cette science est-elle si facile ? Que de problèmes épineux, délicats et obscurs ! En conclut-on qu'il n'y ait point de devoirs? Non, mais qu'ils ne sont pas toujours faciles à connaître. Il en est de même du droit. Les principes sont certains, les applications très-délicates. En toutes choses, la limite est ce qu'il y a de plus difficile à déterminer. Qui fixera la limite exacte entre la raison et la folie, l'erreur et le crime, la fatalité et la liberté, la probabilité et la certitude ? Il y a certains esprits qui n'ont de curiosité que pour les questions de limite. Ils vont d'emblée aux points les plus obscurs des questions, et si on ne les satisfait pas, ils se jettent dans le scepticisme. C'est là une fausse méthode. Il faut commencer par la clarté, et ne s'avancer que pas à pas et avec précaution per obscura locorum. J'interroge le plue ignorant des hommes, et je lui demande s'il trou-

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