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servations pieuses sont reconnues proTenir de Tespoir d'une récompense (1). > C'est là une morale d'un caractère peu élevé, sans doute; mais rappelons*nous que nous avons affaire ici à un législateur, qui est bien forcé de prendre pour auxiliaire le mobile le plus fréquent des actions humaines. D'ailleurs^ à côté de ces maximes d'un caractère passablement intéressé, s'en rencontrent d'autres sur la conscience morale et sur la sanction, que ne désavouerait pas la morale la plus pure et la plus délicate (3).
Le mysticisme est tellement naturel à l'Inde qu'il est impossible, même à un législateur, à plus forte raison à un législateur religieux, de ne pas lui faire ça part. Aussi Manou recommande-t-il la dévotion, la contemplation, la méditation dans la solitude ; mais, tout en faisant une juste part à la piété, il fait néanmoins ses efforts pour la retenir dans des limites raisonnables. C'est ainsi que Manou ne permet cet abandon des soins de la vie qu'au vieillard qui voit sa peau se rider et ses cheveux blanchir , et qui a sous ses
(2) « L*âme est son propre témoin ; ne méprisez jamais votre âmfS, n le témoin par -excellence des hommes. — Les méchants disent : » Personne ne nous voit ; mais les Dieux les regardent de môme » que TEsprit qui est en eux. — 0 homme ! tandis que tu te dis : Je » suis seul avec moi-même, dans ton cœur réside sans cesse cet Esprit » suprême, observateur attentif et silencieux du hien et du mal. Cet y> esprit qui siège dans ton cœur, c*est un juge sévère, un punisseur » Inflexible : c*est un Dieu.
» Tout acte de la pensée, de la parole ou du corps, selon qu*il est » bon ou mauvais, porte un bon ou un mauvais fruit (xn, 3). En » accomplissant les devoirs prescrits, sans avoir pour mobile Tattente » de la récompense, l'homme parvient à T immortalité (1. Il, 5).
n Qu'il accroisse par degré sa vertu, de même que les fourmis » augmentent leur habitation. — Après avoir abandonné son cadavre
» à la terre, les parents du défunt s'éloignent en détournant la
» tête, mais la vertu accompagne son âme, » (1. IV, 240.)
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yeux le fils de son fils : c'est alors seulement qu'il lui permet de se retirer dans une forêt, pour se livrer à Dieu et préparer son absorption dans l'Être suprême (1). Jusque-là il lui prescrit de remJ3lir les devoirs de son état. Dans d'autres passages, Manou recommande les devoirs moraux de préférence aux devoirs de dévotion, et il combat surtout la fausse piété, la dévotion orgueilleuse et hypocrite. « Que le sage j> observe constamment les devoirs moraux avec plus » d'attention encore que les devoirs pieux. Celui qui » néglige les devoirs moraux déchoit, même lorsqu'il » observe tous les devoirs pieux (2). » Il dit encore :
« Un sacrifice est anéanti par un mensonge ; le mérite » des pratiques austères par la vanité ; le fruit des cha- » rites par l'action de la fraude (3). » — « Celui qui » étale l'étendard de la vertu , qui est toujours avide, » qui emploie la fraude, qui trompe les gens par sa » mauvaise foi , qui est cruel , qui calomnie tout » le monde , est considéré comme ayant les habitudes » du chat (4). » — « Le Dwidja aux regards toujours » baissés, d'un naturel pervers , perfide et affectant » l'apparence de la vertu, est dit avoir les manières » d'an héron (5). » — « Tout acte pieux, fait par hy- * pocrisie, va aux Bàkchasas. » — « Qu'un homme ne » soit pas fier de ses austérités ; après avoir sacrifié,
» qu'il Jie profère pas de mensonge ; après avoir
» fait un don, qu'il n'aille pas le prôner partout (6). »
La morale du code de Manou se distingue par un