L*ORIENT
pérerait en opprimant ceux qui dans leur courroux pourraient former d'autres mondes et d'autres régions du monde, et changer les dieux en mortels (1)? »
Telle est la royauté indienne ; environnée d'un prestige religieux pour abattre l'esprit du peuple» elle n'est que l'instrument de la classe sacerdotale, qui s'attribue seule le vrai pouvoir, sinon les tracas et l'odieux du gouvernement. Nous savons le rôle qui appartient aux guerriers dans cette organisation sociale ; ils sont le bras du sacerdoce, et à eux appartient la défense de la société (2). Quant aux deux classes inférieures, elles sont destituées de toute liberté et de toute influence. Le roi doit les forcer à remplir leurs devoirs ; car s'ils s'écartaient un instant de leurs devoirs, ils seraient capables de bouleverser le monde. Ainsi, il ne doit jamais prendre fantaisie à un vaisya de dire : Je ne veux' plus avoir soin des bestiaux (3). Quant au soudra, il doit au brahmane une obéissance aveugle. Celui-ci peut s'approprier le bien de son esclave sans que le roi le punisse; car un esclave n'a rien qui lui soit propre; il ne possède rien dont son maître ne puisse s'emparer (4). Un esclave même affranchi est encore dans l'état de servitude ; car cet état lui étant naturel, qui pourrait l'en exempter (5)?
On comprend que dans un système politique fondé sur le despotisme et la servitude à tous les degrés il n'y ait pas d'autre moyen d'action que le châtiment. Le châtiment est le principe tutélaire d'une telle société ; aussi il est loué et exalté comme un dieu. Que l'on bous