XIV
(5) Lun-yu, vn, 15.
SO CHAPITRE PRÉliIHINAIRE.
moyens iniques^ c'est pour moi comme le nuage flottant qui passe. »
Voilà pour la force» d'âme; quant à la vertu de la modération, elle est une des plus recommandées dans l'école de Gonfucius; le principe du juste milieu est un de ses principes favoris; il y revient à plusieurs reprises dans des termes très-précis et très-significatifs ; enfin c'est l'objet d'un livre dont le titre parle assez par lui-même : F invariabilité dans le milieu (4). Voici comment Tauteur, petit-fils de Gonfucius (S) et interprète de sa doctrine, définit le milieu : c Avant que la joie, la satisfaction, la colère, la tristesse se soient produites (avec excès), l'état dans lequel on se trouve s'appelle milieu. » La persévérance dans le milieu, loin de tout extrême, est le signe d'une vertu supérieure (3): Mais il ne faut pas entendre le milieu dans un sens absolu et inflexible, comme s'il était fixé d'avance pour toutes circonstances. Il y a milieu et milieu : la sagesse est de savoir le reconnaître : « L'homme supérieur se conforme aux circonstances pour tenir le milieu... l'homme vulgaire ne craint pas de le suivre témérairement en tout et partout (4). » Tel est l'esprit de modération de ces philosophes, qu'ils vont jusqu'à craindre l'excès de la modération, et qu'ils s'en rapportent plus, pour trouver le vrai milieu, au tact de l'homme supérieur qu'à leurs propres formules.
Enfin, on a souvent signalé dans Gonfucius des élé-
(i) Avertissement du docteur Tching-Tseu. Le docteur Tching-Tseu a dit : « Ce qui ne dévie d'aucun côté est appelé milieu (tchoung)^ ce qui ne change pas est appelé invariable (young).» Tr. fr. p. 32.
(2) Tseu-sse.
(3) Tchoung-young, n, 1, 2; ni, 1 ; vu, 1; vra, 1; ix, 1; x, 5ç XI, 3 ; XIV, 1 , etc.
(4) Ib., II, 2.
l'orient. 51
ments qu'il est permis d'appeler chrétiens, si l'humilité et la charité sont considérées comme les vertus propres au christianisme. N'est-ce pas ui)e noble humilité qui a inspiré ces paroles : «c Fuir le monde, n'être vu ni connu des hommes, et cependant n'en éprouver aucune peine, tout cela n'est possible qu'au saint (1)... » L'homme supérieur s'afflige de son impuissance ; il ne s'afflige pas d'être ignoré et méconnu des hommes (2). » N'est-ce pas la charité qui a inspiré le passage suivant : « Fantchi demanda ce que c'était que la vertu de l'humanité. Le philosophe dit : « Aimer les hommes (3) »... a II doit aimer les hommes de toute la force et l'étendue de son affection (4) »... « L'homme supérieur est celui qui a une bienveillance égale pour tous (5). »
Veut-on des paroles encore plus pénétrantes, où nonseulement l'idée, mais le sentiment de la fraternité s'exprime en termes touchants et passionnés. Le philosophe dit : (i Je voudrais procurer aux vieillards un doux repos, aux amis conserver une fidélité constante, aux femmes et aux enfants doiyier des soins tout maternels (6) »... Sec^Mâ-Nicou, affecté de tristesse, dit : a Tous les honmies ont des frères , moi seul n'en ai point. — Que l'homme supérieur, répond le philosophe, regarde tous les hommes qui habitent dans l'intérieur des quatre mers comme ses frères (7). » Et enfin, pour terminer ces citations par celle qui les résume toutes, quoi de plus merveilleux que cette parole, que
(1) Tch.-young, xi, 3.
(2) Lun-yu, xv, 18.
(3) /6., XH, 22.
(6) Ib., I, V, 25.
(7) 7&.,xii, 5.
Si CHAPITBE PftiUKOUnE.
Ton pourrait prendre poar une tradacUon littérale de rETangile, si les liTres de Gonfocias n'étaient pas antérieurs à l'ETangile : « La doctrine de notre maître, dit Méng-tsen, consiste uniquement à a^oir la droiture du cœur et à aima* son prochain comme soi-même i>... — « Agir envers les autres comme nous Youdrions qu'ils agissent envers nou^mêmes, Toilà la doctrine de Thumanité. i» — « La règle de la vie est la récipracité(i). »
On ne peut pas dire que Gonfucius ait eu une doctrine politique. L'Orient n'a guère connu cette science qui s'occupe des éléments constitutifs de l'Etat, discute les principes du gouyememènt, distingue et compare les différentes constitutions, et juge les gouvernements sur le modèle d'un gouyernement partit, dont ridée varie selon le système de chacun. L'immobile Orient a plus de respect pour les principes du pouvoir.
Cependant il faut reconnaître qu'en Chine, où tout se présente sous des proportions plus humaines, la doctrine du droit divin est bien moins exagérée que dans rinde. Le roi est bien appelé le Fils du Ciel, et il est reconnu que c'est du ciel qu'il reçoit son pouvoir (2); mais cette expression vague et mal définie n'cmpôchc pas qu'on ne le considère comme un homme, et que le gouvernement ne soit traité par les philosophes comme un établissement humain, sujet aux imperfections, appelant la critique et susceptible
(1) Ta-hio, IX, 3 (voir le commentaire dans Pauthier, traduction latine, p. 66. Paris, 1837). — Tchoung-young, xiii, 3; Lun-yu, iv, 15; V, 11; VI, 28î xv, 23; Meng-tsou, II, vu, 4.
(2) Chou-King (Livres sacrés de rOrient, 1840). Ch. Taï-chi. a Le ciol, on créant des peuples, leur a préposé des princes pour avoir soin d'eux. »
l'orient, 53
de réformes et de perfectionnement. La souveraineté n'y parait pas absolument inviolable ; en fait, de. nombreuses dynasties se sont succédé les unes aux autres sur le sol de la Chine. Gonfucius parait donner son ap* probation à l'une de ces révolutions (1), et il semble les autoriser en général par ces paroles d'une singulière hardiesse : « Le Khang-kao a dit : Le mandat du Ciel qui donne la souveraineté à un homme ne la lui confère pas pour toujours. » Ce qui signifie qu'en pratiquant le bien et la justice on l'obtient, et qu'en pratiquant le mal ou l'injustice on la perd (2). Ainsi la souveraineté peut se perdre, et la seule garantie que le prince ait de la conserver, c'est l'amour et la volonté du peuple : « Obtiens l'afiTection du peuple, et tu obtiendras l'empire; perds l'affection du peuple, et tu perdras l'empire (3). »
Cependant il ne faut pas prendre Confucius pour un réformateur politique. Il écarte le peuple de la critique du gouvernement (4), et ne reconnaît qu'à l'autorité légitime le pouvoir d'opérer les grandes réformes qu'exige le salut de l'Etat (5). Ce n'est pas non plus un utopiste qui rêve une société idéale pour se donner le ^ droit d'accabler de ses mépris la société réelle ; et, quoiqu'il s'écrie une fois dans un accès d'enthousiasme : « Si je possédais le mandat de la royauté, il ne me faudrait pas plus d'une génération pour faire régner partout la vertu de l'humanité, » ces paroles un peu ambitieuses sont les seules où Confucius semble prendre le rôle de
(1) Lun-yu, xiv, 17, 18.
(2) Ta-hlo, X, 10.
(4) Lun-yu, viii, 14.
(5) Tchoung-young, xxviii, 2.
réformateur : en général» c'est un sage, un moraliste qui donne des conseils aux rois comme aus autres hommes. La politique n'est pour lui qu'une partie de la morale. Il définit le gouvernement : « Ce qui est juste et droit. » Pour bien gouverner l'Etat, il faut d'abord, suivant lui, mettre Tordre dans sa famille, et surtout se gouverner soi-même (1). « Le prince qui est vertueux possède le cœur de ses sujets; s'il possède le cœur, il possède le territoire. Le principe rationnel et moral est la base fondamentale, les richesses n'en sont que l'accessoire (2). » n recommande au prince de chercher l'amélioration de ses sujets, non par les supplices, mais par le bon exemple. Sur les revenus de TEtat il donne des conseils qui peuvent sembler naïfs, qui sont cependant, quoi qu'on fasse, le dernier mot de la science financière : « Il y a un grand principe, dit-il, pour acxîroltre les revenus de l'Etat ou de la famille. Que ceux qui produisent ces revenus soient nombreux, et ceux qui les dissipent «n petit nombre ; que ceux qui les font croître par leur travail se donnent beaucoup de peine, et que ceux qui les consomment le fassent avec modération. De cette manière, les revenus seront toujours suffisants. » Ce qui est marqué au coin d'une sagesse profonde et hardie, et ce qui est d'une vérité éternelle, c'est cette véhémente apostrophe contre les ministres prévaricateurs : « Si ceux qui gouvernent les Etats ne pensent qu'à amasser des richesses pour leur usage personnel, ils attireront indubitablement auprès d'eux des hommes dépravés : ces hommes leur feront croire qu'ils sont des ministres bons et vertueux, et ces hommes dépravés gouverneront le
(1) Ta-hio, 4.
l'orient. SS
royaume. Mais radministration de ces indignes ministres appellera sur le gouvernement les châtiments divins et les vengeances du peuple. Quand les affaires publiques sont arrivées à ce point, quels ministres, fussent-ils les plus justes et les plus vertueux, détourneraient de tels malheurs? Ce qui veut dire que ceux qui gouvernent un royaume ne doivent pas faire leur richesse privée des revenus publics, mais qu'ils doivent faire de la justice et de l'équité leur seule richesse (1). » Enfin, Gonfucius semble avoir deviné le rôle des ministres constitutionnels, lorsqu'il dit : « Ceux que l'on appelle grands ministres servent leurs princes selon les principes de la droite raison (et non selon les désirs du prince); s'ils ne le peuvent pas, alors ils se retirent (2). »
Après Gonfucius et ses premiers disciples, il arriva ce qui arrive toujours : l'école dégénéra, la doctrine fut négligée et abandonnée ; des sectes nouvelles se formèrent; une réforme devint nécessaire.
Parmi les secte& qui se développèrent à cette époque» en dehors de l'école de Gonfucius, on en cite principalement deux, très-opposées l'une à l'autre et toutes deux éloignées de ce milieu que le philosophe avait regardé comme la base de sa morale : la secte d' Yang et la secte de Mé (3) . La première parait avoir été une sorte d'épicuréisme grossier : en morale, elle n'admettait que l'amour de soi-même ; en politique, elle professait l'anarchie et ne reconnaissait point l'autorité des princes. La secte de Mé professait au contraire un amour sans bornes
(1) Ta-hio, X, 22.
(2) Lnn-yu, xi (i du 2*» livre), 23. La parenthèse est du commentateur chinois.
(3) Meng-tseu, I, vi, 9 ; II, vin, 26.
pour l'humanité ; mais elle méconnaissait les sentiments les plus naturels et s'attaquait à la famille. Ces deux sectes, que l'on pourrait appeler socialistes, se partageaient les lettrés; maison a soin d'ajouter : c les lettrés non employés ; » car ceux qui étaient dans les emplois se seraient bien gardés d'adopter des opinions aussi subversives ; en revanche, il est permis de conjecturer que l'éloignement où étaient quelques-uns des emplois et des positions lucratives les disposait à adopter des principes d'où pouvait résulter quelque renversement.
Quoi qu'il en soit, le fin et pénétrant Heng-tseu ^ (Mencius), qui renouvela la doctrine de Gonfucius deux cents ans après celui-ci, nous peint de cette manière ces deux sectaires : « Yang-tseu fait son unique étude de l'intérêt personnel, de l'amour de soi. Devrait-il arracher un cheveu de sa tête pour procurer quelque avantage public à l'empire, il ne le ferait pas. Me-tseu aime tant le monde, si en abaissant la tête jusqu'à ses talons il pouvait procurer quelque avantage public à l'empire, il le ferait (1). » Il faut voir sans doute dans ce dernier passage une ironie; car on ne peut croire qu'un disciple de Gonfucius pût condamner ainsi l'amour du bien public ; il veut sans doute dire que Mé-tseu abandonnait toute dignité et toute fierté, sous prétexte d'être utile à l'empire; et tandis que l'un ne voyait rien au delà de sa personne, l'autre sacrifiait cette personne même avec trop de condescendance et un excès d'humilité. Entre ces deux doctrines extrêmes, Mencius vint renouveler et rétablir la doctrine du milieu, doctrine qui recommande
(l) Meng-lseu, II, vu, 26.
l'orient. 5T
le respect de soi-même et Tamour des autres, qui fait de la piété filiale la base de tous les devoirs, qui recorinait Tautorité des princes, sans autoriser leur tyrannie,, et rattache la destination de l'homme à la nature de l'univers. Mencius se sent appelé à continuer la doctrine de Gonfucius et à la défendre contre ceux qu'il appelle des barbares. On l'accuse d'aimer à disputer r mais il ne peut agir autrement. Il est un disciple di» saint homme (i).
Un disciple de Mencius qui parait jouer à peu prè& le rôle des sophistes dans les dialogues de Socrate, Kaotseu prétendait que la nature humaine n'était originairement ni bonne ni mauvaise, mais indifférente av bien et au mal (2). Il la comparait à un saule flexible,, et disait que Téquité et la justice étaient comme unecorbeille faite avec ce saule (3). 11 disait encore que )» nature de l'homme est comme l'eau qui ne distinguepas entre l'Orient et l'Occident, et va du côté où on 1» dirige : de même la nature humaine ne distingue pas* entre le bien et le mal. C'était dire que la vertu n'est que l'effet de l'éducation et qu'il n'y a point naturellement dans l'homme de principe moral. Mencius lui répond que la nature de l'hommeest naturellement bonne comme l'eau coule naturellement en bas. Il est yrat qu'en comprimant l'eau, on peut la faire jaillir en haut; mais ce n'est plus la nature, c'est la contrainte. Il est vrai encore que la nature de l'homme lui permet de faire le mal; mais le mal n'est pas sa nature (4). Tous les hommes ont le sentiment de la miséricorde
(1) Meng-tseu, I, vi, 9.
(2) Ib., II, V, 6. — Ce chapitre est ce qu'il y a de plus remarquable peut-être, au point de vue philosophique, dans les livres chinois.
(4) Jb., ib., 2.
et de la piété, tous les hommes ont le sentiment de la honte et de la haine du vice ; tous les hommes ont le sentiment de la déférence et du respect; tous les hommes ont le sentiment de l'approbation et du blâme (4). Gomme il y a un même goût chez tous les hommes, qui leur fait prendre le même plaisir aux mêmes saveurs, aux mêmes tons et aux mêmes formes, il y a aussi un même cœur chez tous les hommes, et ce qui convient au cœur de tous les hommes, c'est l'équité (2). Il compare admirablement l'âme à une montagne dépouillée de ses arbres par la serpe et la hache : ainsi font les passions dans l'âme humaine; elles la dépouillent des sentiments de l'humanité et de l'équité. Ces efforts que fait l'homme pour retourner au bien sont semblables aux rejetons qui remplacent les grands arbres de la forêt coupée ; mais le mal que l'on fait dans l'intervalle du jour étouffe les germes des vertus qui commençaient à renaître au souffle tranquille et bienfaisant du matin. Il y a dans l'homme des parties grandes et des parties petites , les fonctions de l'intelligence et les désirs des sens. Obéir vraiment à la nature, c^est obéir à la meilleure partie de soimême, c'est-à-dire au principe pensant : notre bien est en nous et n'est pas hors de nous : si on le cherche là, on ne peut manquer de le trouver (3).
A côté de ces grandes pensées dignes de Marc-Aurèle, il s'en trouve d'autres, comme dans Gonfucius, d'une simplicité exquise, telles que celle-ci : « Le grand homme est celui qui n'a pas perdu l'innocence et la candeur de son enfance (4). »
(i) Meng-tseu, II, v, 6.
(3)/&., i&.,6, 15; vn, 1, 3.
l'obient. S9
Mais quoique Mencius ait soutenu avec éloquence et développé quelquefois avec profondeur la morale de Gonfucius^ ce n'est pas dans la morale qu'éclate toute sa supériorité ; sa vraie originalité est dans la philosophie politique; là, il surpas^<;e son maître en hardiesse et en précision. Gonfucius, nous l'avons dit, n'a eu sur la poh'tique que des vues très-générales ; il ne s'adresse jamais aux rois directement et ne leur Eût entendre qu'un langage très-mesuré. Mencius, au contraire, semble avoir pris pour rôle de censurer et de réprimander les princes : il leur parlait un langage ferme» noble^ et quelquefois singulièrement hardi. Celte opposition était acceptée, et ses conseils demandés,, sinon suivis. Il ne donnait pas seulement, comme Confucius, des conseils de vertu, mais des avis sur l'administration et le gouvernement. Sa manière de raisonner était insinuante, spirituelle, embarrassante, et on y a trouvé, non sans raison, quelque analogie avec l'ironie de Socrate. Voici quelques exemples de cette ingénieuse dialectique. Un premier ministre lui exprimait Fintention de décharger le peuple ; et il promettait de diminuer chaque année les impôts, sans les supprimer d'abord entièrement; Meng-tseu ne fut pas de cet avis, et lui répondit par cette parabole spirituelle, sinon concluante : « Il y a maintenant un homme qui chaque jour prend les poules de ses voisins. Quelqu'un lui dit : ce que vous faites n'est pas conforme à la conduite d^un honnête homme. Mais il répondit : je voudrais bien me corriger peu à peu de ce vice ; chaque mois, jusqu'à l'année prochaine, je ne prendrai plus qu'une poule, et ensuite je m'abstiendrai complètement de voler. (1. 1, c. vi, 8.) » Dans une autre occasion, Mencius, discutant avec le roi de Ti, lui demande ce qu'il faut faire d'un ami qui
a mal administré les affaires dont on l'avait chargé. — Rompre avec lui, dit le roi. —Et d'un magistrat qui ne fait pas bien 'ses fonctions ? — Le destituer, dit le Roi. — Et si les provinces sont mal gouvernées, que faudra-t-îl faire? — Le roi (feignant de ne pas comprendre) regarda à droite et à gauche et parla d'autre chose (4). • Ainsi font la plupart des gouvernements, lorsqu'on leur dit leurs vérités.
C'était, à ce qu'il semble, une tradition dans l'école de Confiicius de parler aux princes un langage fier et hardi quoique respectueux. Mou-koung demandait à Tseus-se, petit-fils de Confucius, comment un prince devait contracter amitié avec un lettré? En le servant et l'honorant dit le philosophe (II, iv, 7). Thseng-tseu disait aux ministres : « Prenez garde, prenez garde, ce qui sort de vous retourne à vous. » Ce que Mencius interprète de cette manière : le peuple rend ce qu'il a reçu. (I, ii, 12.) Il ne craignait pas davantage de faire entendre au roi des vérités désagréables. Celui-ci rinterrogeait sur les premiers ministres. « Si le roi a commis une faute, dit-il, ils lui font des remontrances : s'il retombe dans cette faute, ils lui ôtent son pouvoir. « Il paraît qu'à cette parole, le roi changea de couleur, et se repentit sans doute de sa question.» Mencius ajouta ; Que le roi ne trouve pas mes paroles extraordinaires. Le roi a interrogé un sujet : le sujet n'a pas osé lui répondre contrairement à la droiture et à la vérité (3). »
Les doctrines politiques de Mencius sont, si j'ose dire libérales, quoiqu'une semblable expression ait