‹ Histoire de la science politiqueChapitre 39 sur 71 · II, IV · texte numérisé non relu

II, IV

l'orient. 64

lieu d'étonner, appliquée à un philosophe chibois.Mais sur l'origine du pouvoir, sur sa fin, sur ses devoirs, il professe des principes fort analogues à ceux de l'Occident. Cornaient explique-t-il le droit de la souveraineté? par une sorte d'accord entre le ciel et le peuple (4). Ce n'est pas l'Empereur lui-même qui le nomme son successeur à l'empire : il ne peut que le présenter à l'acceptation du ciel et du peuple. Or le ciel n'exprime pas sa volonté par des paroles; mais il s'exprime par le consentement du peuple. Mencius cite à l'appui de cette doctrine ces paroles de Chou-King, qui nous prouve qu'elle était la doctrine traditionnelle de l'empire : « Le ciel voit, mais il voit par les yeux du peuple. Le ciel entend; mais il entend par les oreilles de mon peuple (2). > Nous avons vu que Confucius admettait la perte du maïidat souverain par l'indignité. Mencius professe les mêmes principes avec plus d'énergie. Il dit que les empires se fondent par l'humanité et se perdent par l'inhumanité. Il cite l'exemple des derniers princes de la dynastie des Tcheou, que le peuple a désignés sous le nom d'hébétés et de cruels (3). Il montre que la tyrannie finit toujours par entraîner la ruine du royaume et du tyran. Il appelle les tyrans des voleurs de grand chemin^ et les croit dignes de la même justice (4). Le roi de Thsi l'interroge un jour en ces termes: « Est-il vrai que Tching-Tchang (fond, rfe la 2* dynastie) détrôna Rie (dernier roi de la première dynastie) et l'envoya en exil, et que Wou-Wang (fond, de la 3* dynastie) mit à mort Cheou (sin)? — Meng-Tseu répondit avec respect :

(2) Chou-King Taï-schi (Pauthier, Livres sacrés de V Orient, p. 84).

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