SUR LA YII.NUS DU MILO
ligure de la Victoire, et de l’antre une liasse, appuyée contre u: c colonne, et ayant auprès d’elle un bouclier, se retrouve sur dis iné.îa lli'S d’Auguste, et plus tard sur cel’es d’Hadrien *.
I lie se reproduit aussi sur une nié laille de Julie, fi le de Titus et sur un beau médaillon d’argent, frappé en l’lio$i\ :r de Domilia, femme de Domitien*. Les légendes de ces médailles donnent aux deux princesses le litre de V en us Auguste; mais cette qualification, qui n’est qu’un moyen d’adulation de plus, ne change rien à l’idée principale, qui est toujours celle d’u ie Vénus guerrière et protectrice des armées.
Ces mêmes ligures de Vénus, le casque en tête, tenant une figure de la Victoire, un casque, une haste, un bouclier, se sont multipliées sur une foule de pierres gravées qu’il serait facile de citer*.
II doit, par tous ces motifs, paraître certain que la figure de Vénus, consacrée par Pompée dans le temple de rénus Fictrix, à Rome, ne représentait point cette déesse groupée avec le dieu Mars, et l’ exhortant à la paix ; et, enfin, que le groupe de Faustine et Marc-Aurèle, gravé sur la médaille qui nous occupe, ne peut pas être, comme le suppose M. Ouatrcmère, une redite d'un simulacre placé dans ce temple 4 . Il y a tout lieu de croire, au contraire, que l’image de Vénus, consa rée dans le temple de Pompée, était une véritable statue, c’est-à-dire une figure isolée, qu’elle tenait d’une main une haste, et qu’elle portail sur l'autre une figure de la Vi. loire. On sait que ce dernier emblème si* retrouve sur une multitude de représentations de Jupiter Nicephorc, de Minerve Nicéphore, ''e Rome Nicèphore.
En ce qui concerne particulièrement la signification de la médaille de Fausiinc, c'est à l’ histoire de Marc Àurèle à nous guider.
Je sais bien que Charles Patin, cité par M. Qualremère, a pré-
1 F.cklw'l, Duel, nnm vet., t. VI, p. 81, *>10, 511.
1 Itl., ibitl., t. VI, p. 5tio, 401.
1 Coii, Mus. Flor., t- I, 11 »» 4, 5, G, p. 149, etc., etc.
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OBSERVATIONS
sumé que Eaustine psi représentée sur cette médaille retenant le Mars Romain, pour mettre obstacle à la guerre l . P. A. Maffei a partagé celle opinion *. Mais ce savant a t;op cédé à une impulsion étrangère. Eikliel , plus réservé , dit seulement :
« Vénusdebout parle affectueusement à Mars dtboni devant elle: Venus, semthtida , stuns, adslanli Marti adblandilur 3 . n
Marc-Aurè'e n’entreprit que des guerres justes et indispensables. Ses campagnes eurent pour objet de n-pous-er les Quadrs, les Sarmates, les Marcomaus, qui envahissaient les terres de l'empire du côté du Nord; les Partîtes, qui les débordaient du côté <!c rOiient. Le péril était si iniiuiueul, que ce prince, au moment de partir pour une de ses campagnes, vendit son mobilier, afin de subvenir promptement aux frais de la guerre. Nulle paix n’était possible. Retenir le dieu Mars en de pareilles circonstances. ce n’eût point été prévenir la guerre, mais en multiplier les horreurs.
Il n’est aucune époque de la vie de Marc-Aurèle où il soit permis de croire qu'il ait dépendu de lui, soit d’éviter une guerre, soit de liait r la paix.
La médaille dont il s’agit a été frappée par l’autorité du sénat. Elle porte les lettres initiales S. C., sen-itus consulto , et le sénat n’a pas pu rendie un hommage public à un aussi grand homme que Marc-Aurèle, pour avoir oublié dans les voluptés le premier de ses devoirs.
Fausline, d’ailleurs, n’était point d’un caractère à retenir son époux, lorsqu’il lénnvgnail le désir de pai tir pour les armées. On sait, au contraire, qu'elle le suivit dans tomes ses campagnes. La première, entre h-s impéralr ces, e le lut honorée du litre de Mère dis camps. Ce litre lui lut défeié par l’armée de Germanie, aupiès de laquelle elle se trouvait après la victoire remportée sur les Quades et d’autres peuples germains, l’an 927 de
1 Marilum retinere videtur . C. Patin, lmp. liom. numism., p. 248. ’ P. A. Malfei, Gemme antiche pgurute, t. 111, p. 0 et 10.
* lîekliel, Vncl mon. cet., t. Vil, p 80.
*tn La vols iu utt.o.
ii S
Home et ie sénat ne tarda pas à le lyi confirmer 2 . Elle mourm auprès du mont Taurns, pendant la campagne de Syrie, et Marc- Anrèle, qui voulut lui faire obtenir les honneurs divins après sa mort, embarrassé, sans doute, pour trouver quelque litre plausib'e, lui en lit un île cette ardeur qu’el'e n’avait cessé de montrer pour l’accompagner dans les combats 3 .
Le sénat, lorsqu’il lui confirma le titre de Mère des camps, vou'ant perpétuer le souvenir de cette divinisation et de 4 a cause, fil frapper une seconde médaille, sur laquelle se voient la tête de cette impératrice, les mots de iu consécration. Malri ca'tmrilm, et les lettres initiales S. C., senains consulte) V C’était bien là honorer celte princesse, à cause de ses dispositions martiales.
Diverses monnaies, frappées dans le même esprit, suivirent bientôt celles que le sénat lui avait décernées. L’exemple, donné parce corps, devint pour les villes autonomes un nouveau moyen d’adulation. Faustine, sous le litre de Vénus victorieuse, fut honorée dans plusieurs villes comme le génie protecteur îles armées. Les peuples lui firent honneur des victoires remportées par les deux Césars. C’est ce que nous attestent des monnaies citées par Vaillant, Ecklieî, et d’autres antiquaires, et dont quelques unes existent dans notre Cabinet Itoyal. Ces pièces intéressantes pour l’histoire des impératrices, noua blfrcnt, d’uu côté, la tête de Mare-Anrèle ou celle de Faustine; de l’autre, Vénus debout, vêtue de la slola, tenant de la main droite une pomme et de la gauche la hasie. La légende porte ces mots : YUEP NIKHC t>£ÎM\m\ ou bien Vit Kl» NIKHC PtïMEftN, ou bien vil fi» iSiKitc TftN: cEB/kCtuN s , à cause de la victoire
• Dion., Hist. rom., lih. i.xxxt, p. 1181 , t IR"
’ Jul. C.apilo ill.. flisl. anliq. script, (édit, de 1620, fol.), p.33. — Plusirur-i de ces médatl es portent la légende :)Jatr 1 castrorum. Voy. Eckltel, ». Vil, p. 79, 81.
’ Jul Capitolin., ibid.
Eckliel, t. VU, p. 79.-
* Vaillant, Xumistn. lmp. Hoir,, prœstant., t- 11 , p. 173 — M. Mionnet, Vescript. de Médailles nntiryies, t. V, p. 638, 039.
DRSlItVATION'S
des Romains, à cause de la victoire des Empereurs. Faustinc est encore ici la divinité qui a vaincu ou qui a fait vaincre.
On peut ranger dans la même catégorie d’autres monnaies de différentes villes autonomes, telles que Byzance de Tltrace, Julia de Phrygie, Kéocésarée de l’ont, et d'auires encore qui portent toutes la tête de Fausline , et au revers, tantôt Apollon ou Jupiter, tenant une patère ou une liaste, d’une main; une brandie de laurier ou une ligure de la Victoire, de l’autre; tantôt un foudre ou la figure de la Victoire*.
Ces différentes monnaies et les événements politiques auxquels elles se rapportent, nous donnent, à ce qu’il me semble, bien clairement la signification de celle que nous devons expliquer. C’est au génie mil. taire de Fausline que le sénat a voulu rendre hommage. Cette dernière médaille ne représente point Vénus ou l’impératrice Fausline retenant Marc.-Aurèle, et l’empêchant de se porter auprès de ses armées, Vénus y est, au contraire, représentée accueillant avec affection le Mars Romain, et le félicitant de ses succès après la victoire à laquelle elle a ellemême contribué.
C’estcequ’indique, d’ailleurs, l’attitude de la princesse qui ne se penche point vers son époux, comme dans le groupe en marbre de Florence, mais que l’artiste a placée, au contraire, dans la position droite d’une personne qui en accueille noblement une autre. La légende à Vénal victorieuse ue signifie point autre chose. Fausline représente ici le génie de l’armée, dont elle a été déclarée la mère. Le sénat honore dans celte impératrice la divinité qui, par sa présence aux camps, a enilammé le courage des troupes et éclairé peut-être les mâles pensées du prince son époux.
Celte médaille se rapporte très-vraisemblablement ü la victoire remportée sur les Quades, et elle doit appartenir à la même année que celle où Fausline a reçu le titre de Mère des camps.
1 Pèlerin, Mélanges de diverses Médailles, 1. 1, p. 9i, 95, 90.