SUR LES SCULPTURES DU PARTI! É
ques, de culonues sépulcrales, et d'autres monuments votifs ou funéraires,
Les antiquaires les plus savants et les artistes les plus habiles de Londres avaient déjà donné leur avis sur ces monuments. U avait été fait, sur la demande de la chambre des Communes, une sorte d’enquête, tendant à en constater le mérite sous le rapport de l’art, et, par suite, à en établir la Valeur pécuniaire. Tous les juges avaient déclaré que les sculptures du Parlhénon étaient des chefs-d’œuvre d’une haute beauté ; mais on remarquait des variations singulières, soit dans l'appréciation du degré de perfection de chaque monument en particulier, soit dans les aperçus et les motifs qui avaient porté chacun des juges à placer tel morceau de la collection au-dessus de tel ou tel autre, ou à le regarder comme plus ou moins accompli que tel ou tel des chefs-d’œuvre de l'antiquité qui ornent nos Musées. Le recueil de ces différentes opinions, imprimé sous le titre de Report f rom the fclect commiltee on the earl of Elgin’s collection of sculptured marbles, etc. (Londres, 1 s t G; une édition in-8° et une in-folio), est un des ouvrages les plus dignes d’attention et les plus piquants que l’on puisse lire, en ce qui appartient à l’art d'apprécier les productions de la sculpture. D’une part, ou voit des hommes lrèséclairés, non-seulement assimiler la généralité des marbres du Parlhénon à tout ce qui existe de plus accompli parmi les chefsd’œuvre antiques, mais placer même quelques-unes de ces figures fort au-dessus de l’Apollon, du Torse et du Laocoon. De l’autre, on voit des juges non moins habiles, en rendant hommage à la beauté de ces statues^ déclarer cependant que l’Apollon, le Laocoon, et même le Taureau Farnèse, les surpassent. Les uns estiment que toutes les figures des frontons sont du temps de Phidias ; les autres croient reconnaître, à la différence du style, qu’il y en a quelques-unes du temps d’Adrien. Ici, c’est la figure représentant le fleuve Ilissus qui est la plus belle de la collection ; là, celte figure n’est qu’au second rang, et on la regarde comme très-inférieure à celle qu'on appelle le Thésée. Tantôt les figures des métopes sont supérieures aux bas-reliefs de la frise ; tantôt
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ces bas-reliefs sont, au contraire, fort au-dessus des sculptures des métopes. Les motifs de ces jugements ne sont pas moins dignçs de remarque que les décisions elles-mêmes. Suivant un des illustres appréciateurs, le Thésée r.e saurait être assimilé à l’Apollon, car, dit-il, l’Apollon est, quant à l’idéal, la plus belle statue qui existe; suivant un autre, le Thésée surpasse l'Apollon, par cette raison même que l’Apollon est une ligure idéale, et que le Thésée est une imitation de la vraie nature. Le célèbre M. West, enfin, opinant dans ce dernier sens, pense que l’Apollon, le Laocoon et le Torse, présentent des caractères systématiques et appartiennent à un art systématique ; que le Thésée et l’Hissus, au contraire, renferment des vérités certaines, et sont le suprême de l'art.
Dans ces opinions contradictoires, on remarqua des idées bien dignes d’être méditées par les artistes et les antiquaires, quel que puisse être le mérite de l’application ; mais on sentit aussi combien la décision demandée à M. Visconti était difficile, et de combien d’éléments différents elle devait se composer.
Des questions de fait avaient donné lieu précédemment à des opinions non moins opposées entre elles que celles des artistes anglais, et ces questions pouvaient encore diviser les esprits. Spon et Wheler avaient cru reconnaître que l’entrée du Parthénou se trouvait, dans l’antiquité, du côté de l’ouest, et Chandler avait pareillement suivi à cet égard la vieille tradition '. Stuart, au contraire, avait placé l'entrée, et par conséquent le Pronaos du temple, à l’est, et le poslii uni ou l’opisthodome à l’ouest*. Parmi nous, deux de nos académiciens avaient embrassé, l'un l'opinion de Chandler ; l’autre, celle de l’auteur des Antiquités <f Athènes. D’un autre côté, Spon et Wheler s’étaient persuadé que les sculptures des deux frontons de ce temple, dataient d’une époque beaucoup moins reculée que l’édifice lui-même, et ils donnaient en preuve deux figures qui leur avaient paru les portraits
1 Trarels in Greece. Osfnrit, 1776, p. 49 et 50.
* Sltiari, les Antiquités d'Athènes, ouvrage traduit de l’anglais, par M. L. T. F., t. II, p. 17 28 et 29.