SUR LES SCULPTURES DU PARTIIÉXON
d'Adrien et de l’impératrice Sabine, sa femme 1 . Chandler avait encore suivi en ceci ces anciens voyageurs ; et Stuart, en n’opposant à cette opinion qu’un doute circonspect, avait cependant fait considérer qu’on pouvait s’ëlre borné, sous le règne d’Adrien, à remplacer les tètes de deux divinités grecques, par celles du prince qui avait comblé Athènes de bienfaits, et de la princesse qui partageait son trône. De la première question dépendait celle de savoir si les sculptures du fronton de l’est, en admettant que l’ancienne entrée fût de ce côté, représentaient la naissance de Minerve, comme l’assure l’ausanias, ou s’il fallait, en supposant que ce fût là le poulie uni, y reconnaître la dispute de Minerve et de Neptune ; fait important pour la reconnaissance des personnages de l'un et de l’autre côté, et, par conséquent, pour l’appréciation du mérite des deux compositions, et mèifie de celui de chaque figure. De la seconde question devait résulter une grande différence dans la valeur pécuniaire des objets qu’il s’agissait d’apprécier ; car, quel que puisse être le mérite intrinsèque d’un objet de sculpture qui appartient au règne d’Adrien, il faut, sans contredit, accorder à un beau monument du temps de Périclès un prix bien plus élevé’, puisqu’il existe entre ces deux époques un intervalle de cinq cent cinquante ans; et, d’ailleurs, un ouvrage, réputé de la main de Phidias, doit avoir une valeur, pour ainsi dire, inappréciable, à cause de l’immense célébrité de ce maître, et de la rareté excessive des ouvrages de sculpture appartenant à des temps que les contemporains des premiers Césars regardaient déjà comme antiques.
Tel est l’état où était parvenue cette intéressante discussion, lorsque M. Viseonti se rendit en Angleterre. Le mémoire qu’il a publié à Londres, en 18 IC, et qui vient d’être réimprimé à Paris, avec des additions et quelques corrections, d’après un. manuscrit autographe de l’auteur®, renferme les opinions de M. Vis-
1 Voyage d'Ualie el de Grèce, t. II, p. 8-2 et 83.
1 Mémoires sur des ouvrages de Sculpture du Parlhénon, et de quelques édifices de l'Acropole à Athènes ; et sur une Epigramme grecque
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conli sur les questions, relatives à l'art, qu*il s’agissait de décider, et, en outre, l’explication archéologique des sculptures du Partliénon et des autres objets d’antiquité de la collection du lord Elgin, qui, d’après son avis et celui des connaisseurs de Londres, ont passé dans le Musée royal d’Angleterre'. Ce qui concerne l'évaluation en argent était étranger à ce travail.
L’illustre antiquaire établit d'abord que les sculptures enlevées par lord Elgin, des deux frontons du Parthénon, sont bien réellement celles que Phidias plaça sur cet édifice pendant l’administration de Périelès, et qui ont fait l'admiration de l’antiquité. Il en trouve la preuve, premièrement, dans un passage de Plutarque, où cet écrivain dit que de son temps ces beaux ouvrages avaient encore toute la fraîcheur et tout l'éclat de la nouveauté : secondement, dans le silence de Pausanias, qui, jaloux de relever la gloire d’Adrien, n’eût pas manqué de rappeler un fait aussi important' que celui du remplacement des chefs-d’œuvre exécutés sous Périelès, par des ouvrages de sculpture consacrés au nouveau bienfaiteur d’Athènes. On pourrait, à ce qu’il nous semble, objecter que Plutarque mourut dix-huit ans avant la mort d’Adrien ; que les bienfaits de ce prince, envers les Athéniens, datent de la seconde époque où il remplit, parmi eux, étant déjà Auguste les fonctions de stratège, et que cette magistrature, qui se rapporte à l'an 13 1 de J. C., est postérieure de quatorze ans à la mort de Plutarque. Mais M. Visconti fait remarquer combien un aussi grand changement que celui qui aurait substitué de nouvelles sculptures aux célèbres productions de Phidias, est en luimême invraisemblable. Il reconnaît Vulcain et Vénus dans les deux figures où Spon a cru voir Adrien et Sabine; et il faut, d’ailleurs, convenir que le silence de Pausanias corrobore ces divers arguments, de manière à ne laisser subsister aucun doute. Il est donc certain que les sculptures du Parthénon, acquises par le gouvernement d’Angleterre, sont bien réellement l’ouvrage de
en l’honneur des Athéniens morts devant Potidée, par le chevalier E. Q. Viscr.nti. Paris, P. Dufort, 1818, in-c».
1 L'édition de Londres était depuis longtemps épuisée.