SCH LES MONNAIES
faveur de sa proposition principale ; car il juge avec raison que si la province d’Achaïe eût frappé toutes les monnaies de la ligue en son nom collectif, il n’aurail pas dù en être fabriqué dans les villes qui faisaient partie du même État.
La ville de Corinthe exigeait une attention particulière. L’auteur a été frappé de ne rencontrer qu'une très-petite quantité de monnaies de cette ville, portant le chiffre acliéen, tandis que sa richesse dut la soumettre à une cotisation considérable. Il explique celle singularité en supposant que les Etais achéens, ayant à porter la guerre au nord de la Grèce, préférèrent les monnaies propres de Corinthe, depuis longtemps accréditées dans ces provinces, à celles de la ligue, bien moins anciennes et moins connues, et que la ville de Corinthe fut autorisée par exception à verser au trésor commun ses monnaies ordinaires. « Cette cause, dit-il, deviul encore plus puissante quand Philippe V, roi de Macédoine, fut le chef de la ligue. » Il présume, de plus, que le despotisme de Philippe s’étendit à cet égard sur divers États voisins de Corinthe, tels que la ville d’Ambracie, celles de Dyrrachium, d’Auaclorium, d’Hermione, et qu’il obligea ces villes à lui donner des monnaies corinthiennes, ou imitant les coins de Corinthe. Il trouve dans celte idée un moyeu de classer plusieurs monnaies dont l’exécution annonce l’époque de la ligue, qui toutes offrent une tête de femme d’un côté, le Pégase de l’autre, sans qu’on y voie jamais la lettre cnph, signe propre de Corinthe, et qui portent toujours, au contraire, les initiales des villes aux*quelles elles appartiennent. Ce n'est Jà qu’une conjecture,- mais elle est assez heureuse, et elle do. me du moins une règle pour classer ces monnaies géographiquement, en attendant que quelque nouvelle découverte amène des lumières plus propres à fixer l'opinion.
La ville de Corinthe présentait une question encore plus intéressante. Le prince de Torremusa, le père Pédrusi, Eckhel, Neumann, ont pensé que cette ville, si commerçante et si riche, n’avait frappé aucune monnaie, avant l’époque où elle fut réduite au rang de colonie romaine, et que toutes celles qu'on lui