‹ Histoire de la sculpture antiqueChapitre 33 sur 36 · DE LA LIGUE ACIIKF.WE · texte numérisé non relu

DE LA LIGUE ACIIKF.WE

attribue ont été fabriquées à Syracuse. M. Cousinéry réfute ce paradoxe, d’abord, en montrant l’insuffisance des motifs sur lesquels il est établi ; ensuite, par un texte de Pollux sur les anciens Pégases de Corinthe, et, entre autres, par la fondation même de Syracuse et celle de son commerce, <jfci ne se sont opérées avec succès qu’à la faveur des monnaies corinthiennes, que les Syracusains répandaient dans la Sicile.

11 range les monnaies autonomes de Corinthe, chronologique* ment, en trois classes. Les plus anciennes montrent l'ail dans son enfance; les autres en offrent les progrès d’àge en âge; toutes annoncent, par la permanence de la lettre coph, la propriété de Corinthe.

L’auteur passe de la ville de Corinthe à ses colonies. Il pense que la métropole investit un grand nombre de ces villes du droit d’imiter sa monnaie, en y apposant des marques par lesquelles chacune d'eiles devait se distinguer. Cette concession eut lieu, suivant son opinion, à diverses époques, et pour un intérêt commun. 11 classe encore ces monnaies, qui sont très-nombreuses, géographiquement et chronologiquement. Cet ordre lui donne la facilité de montrer qu’il n’en existe aucune des temps les plus reculés; quelles appartiennent toutes à la seconde classe, ou à la troisième, fait qui démontre qu'elles n’ont pas été frappées à Syracuse et à une même époque, ainsi qu’on l’avait supposé.

Nous ne saurions analyser cette belle partie du travail de l’auteur. Il faut la voir dans l’original. Elle donnera aux amateurs d’antiquités une méthode pour classer un grand nombre de pièces rejetées jusqu’à présent parmi les incertaines.

Sa dissertation sur Corinthe conduit l’auteur à traiter de Carthage et de Sicyone, qui ont pareillement été dépouillées de la propriété de leurs monnaies. Ii fait voir'que l’une et l’autre en ont fabriqué dans leur propre sein, et il confirme son opinion par un catalogue raisonné des monnaies de Sicyone.

Celles de Corinthe et dè la plupart de ses colonies figurent comme propres à la ligue achéenne. Une observation singulière

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2'?8 • SCR LES MONXAlES DE La LIGUE ACHÉENNR.

el heureuse confirme encore cetle opinion. M. Cousinéry a remarqué, sur sept médailles de Corinthe, différentes entre elles par leurs symboles, les lettres A. P. (a. r.). Il regarde ces lettres comme les initiales du nom d 'Aralus, préteur de la ligue, et devenu citron de Corinthe.

L’ouvrage commence par un tableau rapide des opérations de * la ligue, et se termine par une réimpression des Fastes achécns de Baver, de sorte que le lecteur a sous les yeux l'histoire de celle confédération, el la description de ses monnaies connues jusqu'aujourd'hui. Le texte est accompagné de sept planches, renfermant environ cent soixante-dix médailles gravées avec esprit cl'fidélilé. Ce que dit l’auteur, sur le style des diverses époques, devient ainsi sensible à la vue.

C’est au public à confirmer le jugement que nous osons lui soumettre sur l’importaut travail de M. Cousinéry. Mais nous avons cru y voir un sujet neuf habilement éclairci, des idées lumineuses, des conjectures dignes d'attention, alors même que la justesse n’en serait pas toujours démontrée, et une connaissance profonde des monnaies antiques. 11 uous semble que cet écrit doit se ranger honorablement parmi nos bous ouvrages français sur la numismatique.

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