C.USSEMIÎNT CHRONOl.OGlQtir
Ijns-reliefs les premiers traits de cette grandeur homérique qui distingua Phidias '. Ces ouvrages durent être exécutés durant la vie de Cimon, dans les seize années qui s'écoulèrent depuis que ce général eut apporté de l'ile de Scyros les ossements de Thésée, jusqu'à sa mort, arrivée la quatrième année de la lxxxii c olympiade (quatre cent quarante-huit ans avant lere chrétienne).
Tel était l’art agrandi, ennobli, et successivement rapproché de la vérité dans l’école d’Égine et dans l’ancienne école altique, lorsque Phidias annonça, par ses premiers succès, une ère nouvelle.
Les artistes dont nous venons de parler, en commençant à Canachus, furent contemporains d’Eschyle, de Pindaee, de Sophocle; quelques-uns virent les derniers jours d’Anacréon; les autres furent léntoi ns des premiers succès d’Hérodote et d’Euripide.
Né dans la i.xx e ou la lxxi* olympiade, Phidias fut élève d’Hippias, suivant Dion Chrvsoslôme -, d’Éladas 3 ou de Géladas 4 , suivant d’autres témoignages. Mais les noms d ’Eladas et de Géladas paraissent des corruptions de celui d’ \Agélada$ ; et , si l’on admet cette opinion, il s’ensuit qu’Agéladas eut la
Vfages des premières écoles ; mais il faut remarquer que, dans les basreliefs placés atf grand air et à une hauteur considérable, de fortes saillies contribuent à la fermeté des masses et à l'harmonie de l’effet général.
1 Ces bas-reliefs pourraient être un ouvrage de Mycon, père d'Onatas. Cet artiste était peintre et sculpteur; il avait peint les mêmes sujets, dans l'intérieur du temple (Pausan-, lib. i, cap. xvn). Il ne faut pas les confondre avec ceux du Parthénon. Ceux-ci ont 5 pieds I pouce environ de hauteur dans la' frise, et 3 pieds to pouces dans les métopes. Ceux du temple de Thésée n'ont que 2 pieds 6 pouces et demi de hauteur environ. Ils ont été moulés par M. Fauvel, par les soins de M. Clioiseul-Gouflier. Le gouvernement en possède des plâtres. 11 en paraîtra incessamment des gravures, dans le deuxième volume du Voyage de la Grèce, de cet illustre amateur. Stuart les a donnés dans le troisième volume de scs Anliquüiet of Athens. On peut les voir aussi dans les lluines des Monuments de la Grèce, de M. Le Roy, p. 17, 18, et 12 , pl. xix.
’ Dion. Chrysost., Orat. lv.
' Seliol. Aristopli., Han., vers. 504.
* Tzclres, Chiliad. vii, hist. 151, et Chiliad. vin, hitt. 192. — Suiaas, toc. r«uî«s.
DUS SCULPTEURS GRECS
gloire de contribuer aux progrès des trois p!us grands maîtres de l’âge qui lui succéda : Phidias, Mycon et Polyclète de Sicyone.
La Minerve de Datée, exécutée par Phidias, et consacrée en mémoire de la victoire des Grecs sur Mardonius, doit appartenir à la lxxvi® olympiade '. La Minerve Lemnienne, élevée dans la citadelle d’Athènes par les habitants de Lemnos, dut être postérieure aux victoires par lesquelles Cimon soumit les insulaires à la puissance d’Athènes; elle se classe, par conséquent, à la lxxix 0 olympiade. Pausânias regardait cette statue comme le chef-d'œuvre de Phidias 1 2 ; il dut l’exécuter à l’âge de trentequatre ou trente-six ans. Il est vraisemblable que le Jupiter d’Olympie fut exécuté dans la Lxxxu e olympiade 3 . Les années où ces monuments furent terminés, ont été regardées comme une énoque remarquable dans l'histoire de la Grèce, je pourrais dire même dans l’histoire des progrès de l’esprit humain. Ajoutons que ce grand maître mourut à Elis, comblé d'honneurs, la première année de la i.xxxvn' olympiade, première année de la guerre du Péloponèsc, âgé de soixante-cinq à soixante-sept ans, l’an 431 avant notre ère 4 .
Presque tous les ouvrages de Phidias paraissent avoir été détruits 5 : les sculptures du Parthénon, dont une partie subsiste
1 Pausan., lib. ix, cap. iv.
* Id., lib. i, cap. xxvm.
1 Corsini, qui a soutenu cette opinion ( Fatl. Allie., t. III, p. 318, 230', sc fonde principalement sur ce que Phidias représenta, dans un des basrulicls, le jeune Pantarcès, la tète ornée d’une bandelette, qui paraissait être le signe de la victoire qu’il avait remportée à Olympie (Pausan., lib. v, cap. n). Pantarcès remporta le prix de la lutte des enfants dans la lxxxvi 0 olympiade (Pausan , ibid.). M. Ileyne pense, malgré cela, que cette statue dut être faite dans la txxxi e olympiade ( Des époque» de l’Art, Recueil de pièces intéressantes^publ. par M. Jansen, t. 111, p. 53, 50). Je me fais un devoir de rapporter son opinion, quoique je ne la partage pas.
■* Je suis obligé de supprimer ici les détails, autant qu’il est possible. On peut voir mon article Puidus, dans la Biographie universelle, publiée par M. Micbaud (1830).
* Théodose 1 er avait fait transporter le Jupiter Olympien à Constantinople (Georg. Ccdren., llist. compend., t. 1, p. 322). Un incendie, qui
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
encore, sont h peu près les seuls chefs-d’œuvre où nous puissions reconnaître avec assurance les pensées et le style de ce prince des statuaires Les bas-reliefs de ce temple furent exécutés sous sa direction, et durent être L’ouvrage de ses élèves. Nous pourrions supposer, sans trop d’invraisemblance, qu’ils furent, du moins en partie, l’ouvrage d’Aleamène, attendu que tel artiste sculpta, sous les yeux de son maître, un des frontons qui décoraient le temple de Jupiter, auprès d’Olympie 2 .
Quel artiste grec a reçu plus de louanges que Myron ? Ce ne sont pas seulement quelques poètes du moyen âge, ce sont les écrivains anciens, doués du goût le plus pur, qui ont célébré la
eut lieu vers l'an 475, sous le règne de Zénon l'Isaurien, durant la révolte de Basiliscus, détruisit cette belle statue, ainsi que la Vénus de Cnide, de Praxitèle ; la Junon de Sonios, attribuée à Bupalus ; l'Occasion, de Lysippe ; un grand nombre d'autres statues, et une bibliothèque renfermant vingt mille volumes (Georg. Cedrenus, ibid., p. 531).
1 M. de Choiscul-Gouflier a fait mouler les bas-reliels du Parlhénon, ainsi que ceux du temple de Thésée. Le gouvernement en possède des plâtres. On en voit un fragment original, en marbre, dans la seconde salle du Musée Napoléon, n° 42 (aujourd'hui n» 82, 1830'. Ceux qui étaient placés dans les métopes du Partliénon, ont environ 4 pieds 1 pouce !> lignes de hauteur : ils représentent le combat des Centaures et des Lapithes. Ceux qui ornaient la frise extérieure de la cella, ou du corps du Icmp'c, n'ont que 3 (lieds t pouce C lignes : ils représentent les cérémonies des Panathénées, des jeunes tilles, les unes pot tant des corbeilles, les autres des vases, etc., etc. Ces bas-reliefs ont été publiés successivement par Le Roi ( Ruines des plus beaux monuments de 'a Grèce, deuxième édition, p. 21 et 22) ; par Stuart (t/te Anliquities of Alhens, t. 11, ch. i, pl. ni à xxx) ; par M. Le Grand (Gall. aniiq., chez MM. Treuttcl cl NVurtx, jre et 2‘ livraisons). Lord Elgin, ambassadeur d'Angleterre à Constantinople, a arraché, en dernier lieu, plusieurs fragments de ces bas-reliefs, de la frise où ils étaient encore, ainsi que les sculptures qui restaient dans le fronlon du temple. Le vaisseau sur lequel il faisait transporter ces monuments à Londres, a Tait naufrage sur les côtes de l’ancienne île de Cvtlière. On assure qu’il est parvenu à faire retirer du fond delà mer une partie des caisses où ils étaient renfermés. — Nota. J’écrivais ceci en 180G. Depuis celte époque, ces chefs-d'œuvre, déposés dans le Musée Britannique, et dont nous possédons des plâtres à Paris, ont excité une admiration universelle.
’ Pausan., lib. v, cap. x.
DES SCULPTEURS GRECS
beauté tic scs ouvrages, ei qui en ont principalement admiré la vérité. Ce laborieux «artiste était pleinement contemporain de Phidias. Il était déjà connu, au commencement de la lxxv' olympiade, lorsque le coureur Astylus remporta le prix du stade 1 ; et il mourut vraisemblablement peu après la lxxxvii* où Pline l’a placé 2 . 11 serait inutile de répéter les éloges qui lui ont été donnés mille fois. Son Discobole lançant le disque était un de ses ouvrages les pins célèbres; le temps en a respecté plusieurs belles copies en marbre: nous en possédons une au Musée Napoléon 3 .
Emule de Phidias, de Myron et d’Alcamène, statuaire, architecte, et de plus, judicieux écrivain, Polyclète de Sicyone s’éleva presque, dans la sculpture, suivant le jugement de Cicéron, à la plus haute perfection possible 4 . Antérieur de cent
1 Diodor. Sic., lib. xt, cap. i. — Pausan., lib. vi, cap. xm.
* Plin , lib. xxxtv, cap. xtx. — Il exécuta des slatues de Jupiter, de Minerve et d llcrcul% placées à Sainos (Strab., lib. xiv, p. 657, B) ; un •
Apollon, conservé dans le temple d’Eseulope, à Agrigenle (Cic. , in Verr., iv, ni), et beaucoup d’autres ouvrages.
* (Ceci était exact en 1800.) Il y a heu de croire que l’original du Dis-
cobole était en bronze. Une des copies dont nous parlons avait appartenu au chevalier Hamilton, et se trouve aujourd'hui en Angleterre ; elle était fort mutilée. La tête de celle du Musée Napoléon a été restaurée. Celle de ces statues que l’on voit à Rome, au palais Massimi, est regardée comme la plus belle; elle e«t gravée dans le t. H do la traduction italienne de 'Wïnekelmann, donnée par Fea (pl. n). M. Visconli a parlé de ces •
différentes ligures, dans le Museo Pio-Clem., t. I, tav. A, p. 95, n° 6, et
t. III, tav. xxvi. On peut voir aussi les notes de Fea sur WmcLelmann, t. II, p 211 etsuiv. — La Vache d’airain de Myron, célébrée par tant de poêles, se voyait encore à Rome, dans le Forum de la Paix, au temps de Procopc, vers le milieu du sixième siècle (Pfoeop., Gothir., lib. iv, cap. xxi). Elle a péri vraisemblablement durant les désordres du moyen âge, ainsi qnc le peuple nombreux de statuée, cl l’immense troupeau de à chevaux ae brome qui embellissaient Rome dans le temps de Tliéodoric, cl qui avaient excité I admiration et la sollicitude de ce prince (Procop., ibid. — Casr-iodor. , Far., lib. vil, formul. 15). — (Le Discobole lançant le disque ne se trouve plus au Musée Royal. 1850.) •
4 « Pulcbriora etiam Polycleli (signa), et jam plane pcrfecla, ut mihi quidem videri solet. » (Cic., De clar, oral., cap. xvm. § lxx.)
fi
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
ans à Lysippe qui avait vingt ou vingt-quatre ans au commencement de la ci i e olympiade; père de deux lils qui liaient du même âge que les enfants de l’ériclés 2 , il dut naître vers la première année de la lxxv® olympiade.
« La beauté du Jupiter Olympien et de la Minerve de Phidias, dit Columelle, quoiqu’elle ail étonné les statuaires de l’âge suivant. tels que les Bryaxis, les Lysippe, les Praxitèle, les Polyclèle, ne les a pas empêchés d’aspirer à toute la perfection où ils pourraient atteindre 3 . » Polyciète exécuta, dans la lxxxiii' ou la lxxxiv 0 olympiade, la statue de Callias, qui avait signé la paix avec Artaxercès, la quatrième année de la t.xxxn®, et la célèbre Junon d’Argos, au commencement de la xr.i'L Sa statue appelée le Canon ou la Règle, c’est-à-dire le modèle des proportions, est un des monuments les plus célèbres de l’antiquité 5 . Voulant hâter les progrès de l’art, Polyciète ne se borna point à ce premier ouvrage : il composa un traité, dans lequel il démontra quelles devaient être les proportions de toutes les parties du corps humain, comparées les unes aux autres, 9t dans chacune de leurs subdivisions. Cet écrit fut appelé le Canon, ainsi que la statue dont il expliquait et dont il complétait le système harmonique 6 ; ces deux ouvrages furent désormais, pour les artistes, la règle du goût 7 . Une copie antique du Diadumènc de Polyclèle paraît être le seul ouvrage en ronde-bosse, sur lequel uous
1 Plin., lib. xxxiv, cap. xix.
’ Platon, Protagoras, t. I, Op., p. 358.
1 « fiel pulclirilinline Jovis Olyinpii, .Minervæquc Phidiacæ, sequentis ætatis attonitos piguit esperiri Bryaxim, Lysippuin, Praxilelem, Polyclelum, quid ellicere aut quousque progredi pussent. » (Colum. , De re rust., Prad'.).
‘ L’ancien temple fut incendié la deuxième année de la lxxxix*.
. ‘ Plin., Ii b- xxiiv, cap. xix, § ci, édit, de (lard.
• Galen., De llippocr., et Plat., Vlacit., lib. v, cap. lit.
* Id., ibiJ. — Les canons ou règles de proportions, que s’étaient faits les artistes grecs, et le Canon de Polyciète en particulier, m'ont fourni la matière d'un chapitre dans mon ouvrage intitulé : Uecherches sur l’Art statuaire, considéré chez les anciens et chez tes mo 'cmcs (Paris, veuve Nyon, 1803, in-8"), p. 177 à 500.
I>ES sculpteurs grfxs.
puissions retrouver aujourd'hui l’empreinte de son génie *.
Praxins, disciple de Calamis, qui exécuta en grande partie le fronton du nouveau temple «le Delphes, terminé après sa mort par Androsthène, Athénien, élève d’Encadmus 2 ; Calliléle, fi's et disciple d'Onatas 3 ; Lycius, fils et disciple de Myron, et digne de son maître 4 , florissaient de la lxxxv* à la xcv e olympiade.
Aleamène etAgoracrite furent les élèves les plus illustres de Phidias. Alcamèue conçut le premier l'idée de représenter Hécate sous l’emblème de trois femmes réunies par le dos. Ce groupe se voyait à Athènes auprès du temple de la Victoire sans ailes 5 . Un de nos savants croit en reconnaître une imitation dans l’Ilécate à trois corps, que l’on conserve à Rome au Musée du Capitole 6 .
' Cette statue se voyait autrefois, à Rome, dans le jardin Farnèse, sur le mont Palatin; elle a été transportée à Naples depuis quelques années. Elle représente un jeune athlète, attachant sur son front la bandelette, qui était le. symbole de la victoire, (iiaîîùjuvo;, quasi tœnia revinciens sese.) L’authenticité de cette copie est prouvée par sa conformité avec divers bas-reliefs antiques, où le Diadumène de Polyclète est représenté et accompagné d’inscriptions. Un de ces bas-reliefs' se voit, à Rome, dans le Musée du Vatican (vestibule en rotonde, troisième niche, n° 6). Il est mentionné dans le Catalogue du Musco Pio-Clem., p. 18. On peut consulter Carlo Fea dans ses noies sur Winckelmann (t. II, p. 195). Winckelmann croyait voir une copie des Canéphores de Polyclète, sur un bas-relief qu'il a donné dans ses Monum. in éd. (n° 182, p. 33). M. Visconti pense que son Apoxyomène (ligure d’un homme qui se frottait le corps avec un strigile) représentait Tydée se purifiant du meurtre de son frère, et que cette ligure a été copiée sur un grand nombre de pierres gravées [Mus. Pio-Clem., I. I, p. 23, nol. a\
’ Pausan., lih. x, cap. xix.
1 Id., lib. v, cap. xxyii.
‘ «Dignum præceptore. »(P!in.,l. miv, cap. xix , § xvn, éd.dellard.).
* Pausanias dit que Myron avait représenté Hécate avec un seul visage et un seul corps, avant qu'Alcamène eût conçu l’idée de lui donner trois corps et trois visages (Pausan., lib. h, cap. xxx) ; cela peut donner lieu de croire que Myron était connu avant Aleamène.
* M. Visconti ( Dissert . inéd.). — Cette ligure est en bronze ; elle a un palme romain de hauteur (Winckelmann, ib. vi, é. vu, t. II, p. 302); on la trouve gravée dans le Muséum Homanum de Michel-Ange de la Chausse, 1. 1, sect. ir, pl. xi, xxi et xxu.
CLASSEMENT CI1RONOLOGI0UB
L’école de Polyclète devint célèbre non-seulement par les élèves du chef qui la fonda, niais encore par les élèves de ces artistes, dont on peut suivre la Gliation d’un maître à l’autre, jusqu’à la quatrième génération.
Pliue nomme huit élèves de Polyclète '. Damias et Athénodore, qui étaient de ce nombre, exécutèrent une partie des trentequatre statues, consacrées dans le temple de Delphes, par les Lacédémoniens, après le combat d’Ægos-Potamos, la quatrième année de la xcm® olympiade.
A ces maîtres formés par Polyclète, il faut joindre Périelèle, Gis de Mothon, quoique Pline ne le nomme point parmi les artistes sortis de cette école; car Pausanias, qui le dit élève de Polyclète 1 2 , ne peut avoir voulu parler que (Je Polyclète l’ancien, et non du second qui fut disciple de Naucydès 3 . Ainsi, Périclète a dû fleurir, dans les lxxxviii®, xc°,xcii« olympiades. Il eut pour disciple Naucydès, son frère, et Antiphane 4 , de qui les ouvrages appartiennent à la xciv®, à la eu® et à la cm® olympiade.
Naucydès, frère de Périclète, exécuta, vers la lxxxviii® olympiade, la statue d’ Eudes, vainqueur au pugilat, petit-lils du célèbre Diagoras de Rhodes, que ses deux Gis Acusilaset Damagète, victorieux l’un et l’autre en la lxxxvi®, portèrent en triomphe dans Olympie 5 . La parfaite égalité de trois belles statues antiques, représentant un Discobole qui paraît méditer sur la manière dont il lancera le disque 6 , les a fait regarder comme des
1 Plin., lib. xxxiv, cap. xu.
* Pausan., lib. n, cap. xxn ; lib. v, cap. xvii.
* Id. , lib. vi, cap. vi. — Heine a brouillé toute la chronologie de cotte époque, en faisant du premier Polyclète un élève de Naucydès, et en donuant pour élèves, à ce même Polyclète, Aristoclès et Canaelius ( Antiq . Artium inter Græc. hist., inter Opusc. Acad., t. V, p. 577, 378).
4 Id., lib. v, cap. xvii.
4 Id., lib. vr, cap. vi et vu. — Doriéus, troisième fils de Diagoras, remporta le prix du pancrace dans la lxxivii® et dans la lxxxviii' olympiade. C’est ce fait qui m’a déterminé à placer la victoire d'Euclès, petitfils de Diagoras par sa mère Callipatrie, vers la lxxxviii'.
4 «Spalium jam immane parahat. » (Stat., Thebaid., lib. vi, vers. 603).
DES SCULPTEURS GRECS
copies d’un de ses ouvrages les plus renommés 1 . Celle du Musée Napoléon, qui ne laisse presque rien à désirer quant à la conservation 2 , doit donner une haute idée des talents de cet artiste : il y a cependant lieu de croire, si l'on considère le choix des formes, que celte statue est une figure iconique, c’est-à-dire un portrait. •
Un second Canachus fut aussi élève du premier Polyclèle. Il exécuta dans la xctv* olympiade, conjointement avec Patrocle, sou frère, huit des statues consacrées h Delphes, après le combat d’Ægos-Potamos 3 .
Alype de Sicyone, élève de N'aucydès, exécuta la statue de Symmaque, qui remporta pour la seconde fois le prix de la course dans la lxxxix® olympiade 4 .
Dédale de Sicyone, fils et disciple de Patrocle, ilorissait dans la xci®, dans la xcvi e et dans la xcvm* olympiade 5 . »
Euphranor, Pantias, natif deChio, et Cléon de Sicyone, furent contemporains. Pantias, fils et disciple de Sosirate, était le
‘ Plin., lib. xxxiv, cap. m, § xix. — M. Visconli, Museo Pio-Clem., t. III, tav. xxvi. — Une de ces statues a été décrite par Cavaceppi { llac • colta di Statue, etc , 1. 1, lig. 42), et par Mercurialis (de Arte Gymnast., lib. il, cap. xii) ; elle est aujourd'hui en Angleterre. Il y en a une à la villa Borghèse, stanz. vu, n® 9.
’ Mus. Nap.,n® 109. Aujourd’hui (1830), au Musée Royal, n® 349.
* Pausan., lib. x, cap. ix. — Ces ligures furent exécutées, à l'occasion du combat d’Ægos-Potamos, et d’une victoire remportée sur les Tégéatcs par les Lacédémoniens (Pausan., lib. x, cap. ix). C’est ce second Canachus qui a induit en erreur Pline et Winckclmann.
4 ld., lib. vi, cap. i.
* Il sculpta, dans la xci* olympiade, le trophée que les Eléens élevèrent dans l'Allis, après avoir vaincu les Lacédémoniens commandés par Agis l*r (Pausan., lib. m, cap. vin; lib. v, cap. iv; lib. vi, cap. u). Celle victoire eut lieu, trois ou quatre ans avant qu'Agis prit le fort de Décélie, dans l’Attique ; et ce fort fut pris la troisième année de la xci* olympiade (Thucyd., lib. vin, cap. xix). Le même Dédale de Sicyone sculpta, dans la xcvt®, la statue de l’athlète Eupolème, qui, lui-même, la lui lit exécuter (Diodor. Sic., lib. xiv, cap. liv. — Pausan., lib. vi, cap. ni, et lib. vii, cap. xi.v) ; et dans la xcvm*, celle de l’athlète Aristodèine (Pausan., lib. vi, cap. m).
48 CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
septième maître sorti de l’école d’ArislocIés * ; ilexécula la statue de l’athlète Arisléc, (ils de Cliimon 2 . Cléoti, disciple d’Autiphaue, sculpta deux statues de Jupiter, dans la xevut 0 olympiade, et celle de l'athlète Dinolochus, dans la en' 3 .
Le second rolyclcte, natif d’Argos, élève de Naucydès, exécuta, dans la xcvin 0 olympiade, la statue d’Antipaler de Mile!, qui remporta, à la même époque, le prix dû pugilat 4 ; celle de Jupiter Philius, à Mégalopolis, dans la cil c 5 ; et dans la ctx% celle de Jupiter Milichius, à Argos».
Seopas 7 , Léocharès, Bryaxis et Timothée travaillèrent ensemble, dans la cvu e , au tombeau de Mausole; chacun de ces artistes orna de bas-reliefs un des côtés de ce célèbre monument»; Pvlliis exécuta le quadrige de marbre qui fut placé au sommet
' Pansait., üb. vi, cap. ni-
, jj ( ta ,,. S i. — Naucydès avait lait deux statues de Glimioii ,quo Pausanias appelle deux cheft-d œuvre, lib. vi, cap. ne.
’ ld., lib. y, cap. xvu ; lib. vi, cap. xxi, et lib. n, cap. i.
4 ld., lib. vi, cap. vi.
1 IJ-, lib. vin, cap. xxxi.
, J,) |j[,. Mj CO p. xx. — La guerre, a la suite de laquelle celte statue
fut élevée, commença la quatrième année de la cvi« olympiade {Diod. Sic lib. xvi, cap. xxxiv). et sé termina dans la cix« iDemostli., orat. n, i 'n PAi/»'pp., ed. Franco!'., p. 65. — Wolf., inVemoslh., ibid.). Cicéron, Vilruve St al.on, Quinlilien, Plutarque, Lucien, n'ont fait mention que d'un seul Polyclète Pline n’en cite qu'un, et il lui attribue des ouvrages, distants l'uu de l'aulie de cent seize aimées. Pausanias en distingue formellement deux ; mais il n’assigne pas nettement à chacun ses ouvrages. Jumus, lioullenger, Winckelraann, se sont conformés au texte de Pline.
[lievn.i est tombé dans d autres erreurs. J ai tûclié de diatinguei ces
deux maîtres, par deux articles insérés dans la biographie de M. Michaud ; l'un, sous le nom de Polyclète, dit de Sicyone, et l'autre, sous
celui de l’utyclèle d'Argos ; 1850). . .
1 L’illustre M. Hcyne a tixé avec précision I époque ou vivait Seopas (des Epoques de CArt; Recueil de pièces intéressantes, publ. par M. Jansen t 111 p 03 et suiv.). J'ai suivi l'opinion de ce savant professeur.
•'pi'iu., lib. xxxvi, cap. iv, § ix. - Vilruve rapporte le doute de quelques écrivains, sur la question (je savoir si le quatrième de ces sculpteurs était Praxitèle ou Timotbée : « Praxiteles, nonnulli etiam putant I iino— theum » (lib. vin, in pruam.). Nous verrons, en recherchant le temps où vivait Praxitèle, qu'il n : pouvait pus avoir travaillé à ce monument.
DES SCUl PTF.UHS CBECS.
de la pyramide i . Scopns, areliilccle el sculpteur, natif de Taros, avait dû commencer à bâtir vingt ans auparavant, dans la ville de Tégéo, le temple de Minerve Aléa 2 . Léocliarès, avait fait, dans la cv e olympiade au plus lard, la statue d’Isocraie 3 . Il exécuta, vers la cxi c , les statues d’or cl d’ivoire d’Amynias, père de Philippe, roi de Macédoine, et d'Alexandre, son fils, celles d’Olympiis et d’Eurydice, et celle de Philippe lui-même, que ce prince consacra dans un temple qu’il lit élever à Olympie, après la bataille de Cltéronée 4 . Les belles statues, parvenu s j squ’à nous, qui représentent la famille de Niobé, sont généralement regardées comme un ouvrage de Scopas, ou du moins comme d’excellentes copi. -s faites d’après ce maître 5 . Deux groupes antiques de marbre, entièrement semblables l'un à l'autre, représentant l’enlèvement de Ganymè le, paraissent être des copies du célèbre Ganymède de Léoclmrès 6 .
Quelque gloire qu’eussent acquise les artistes auxquels nous venons de rendre hommage, Lysippe el Praxitèle les surpassèrent tous. A la beauté des proportions déterminées par Poly-
1 Clin., lib. xxxvi, cap. iv, § ix.
* Nous avons rappelé lïpoqueoùce temple fut bâti, supra, p. 58, nol. 2.
1 Ce fut Timothée, lits de Conon, qui consacra cette statue d'I-ocrale, son ami, dans le temple d’Eleusis. Ce général fut banni d’Athènes, et mourut la quatrième année de la cv° olympiade) (Plutarcb., fit. X Rite!., iu lsocrat. — Corsini, Fait, allie., t. IV, p. 21).
' Cette bataille eut lieu, la lioisième année de la cx« olympiade.
s PI inédit que Ion doutait,, de son temps, si les statues, représentant la famille de Niobé, qui se voyaient, à Itorne, dans un teinpled'Apollon, bâti par Quinlus Sosius. étaient de Scopas ou de Praxitèle (Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § viii). Winclcelmann, en considérant le style des figures de la famille de Niobé, qu’on voit aujourd'hui à Florence, et que l’on regarde comme des copies de celles-là (MalTei, Race, di liât., dat. da Itossi, tav. xxxn), a pensé que les originaux devaient être de Scopas, attendu que cet artiste était plus ancien que Praxitèle (Winck., liv. vi, ch. n, t. III, p. 37). L'auteur du Musée Pio-Clémentin regarde la Muse Èrato, du Vatican, qui tient un^lyre de la main gauche, et la main droite pendante, comme une copie de l’Apollon Citharède de Scopas (Mus. Pio-Clemenl., t. I, tav. xxiii, p. 45).
• M. Viscouti, Mus. Pio-Clemenl., I. III, tav. xux, p. 65,66.
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
clèle et parPythagore.de llhège, à la fermeté, à l'ampleur, à la majesté du style de Phidias 1 , ces deux maîtres joignirent dans les contours une élégance, dans les chairs une chaleur, un moelleux, qui manquaient encore aux ouvrages les plus admirés 3 . En imitant la nature avec autant de choix et plus de vérité que n’avaient fait leurs prédécesseurs 3 , ils portèrent l’art à un degré de perfection que les anciens eux-mêmes regardaient comme un prodige. Toutefois, ils ne se ressemblaient pas entièrement : Lysippe était plus héroïque; Praxitèle, plus délicat, plus achevé, plus suave.
Lysippe, orfèvre dans sa jeunesse, se forma sans maître, mais ce fut en étudiant principalement le Doryphore (ou porte-lance ) de Polyclète 4 . Il exécuta, dans la cu e olympiade, la statue de Pyrrhus d’Élée, vainqueur à la course des chevaux 5 , et il vivait encore, dans la cxtv f , après la mort d’Alexandre, lors de la bataille de Lamia 6 . Une statue d’ilercule, peu remarquable quant à l’exécution, que l’on voit à Florence au palais Pilti, porte son nom 7 . Cette statue, si l’on excepte la position des jambes, est parfaitement semblable à l’Hercule Farncse. Celte ressemblance donne lieu de croire que la statue du palais Pilti est uuecopied’un des Hercules de Lysippe 8 , et que l’Hercule Farnèse en est une
Dcmetr. Plialer., de Eloc., cap. xiv et xl. — Dionys. Halicarn., de Antiq. oral., in Isocrat.
’ « Non habet lalinum nornen Symmetria, quam diligentissime custodivit (Lvsippus). Propriæ liujus videutur esse arguliæ operuin, custoditæ in niinimis quoque rebus.» (Plinius, lib. xxxiv, cap. xix, § vi, édit, de Hard.)
* « Ad vciitatein Lysippum et Praxitelem optime accessis.se affirmant. »
„ (Quint., de Oral., lib. xu, cap. x.) «Gloria Lysippo est, animosa eflin-
gere signa. » (Propert., lib. ni, eleg. vu.)
* Ciccr., de Ctar. orat., cap. lixxvi.
5 Pausan., lib. vi, cap. i.
• Id., ibid., cap. iv.
’ Walfci, Raccnll. di stat , dat. da Rossi, tav. xlix et l.
• Ce, le opinion est de M. Visconti {Mus. Pio-Ctemenl., t. III, p. 66). On voyait à Rome, il y a quelques années, au palais Farnèse, une autre
lalue d’IIercule semblable à celle du pilais Pilti. Il y en a une troisième, à la cilla Borghèse (stanz. m, n°9). Elles ressemblent toutes à l'Hercule .
UES SCULPTEURS GRECS
imitalion, sur laquelle Glycon a cru pouvoir graver son nom, à cause des changements qu’il y avait faits 1 .
Lysistrale, Slhénis, Euplironide, Silauion, paraissent avoir été contemporains de Lysippe 2 . Silanion fut auteur d’une statue de Sapho, d’une statue de Corinne 3 ; il exécuta aussi une statue de Platon, qu'un Persan, nommé Mithridale, éleva dans l’Académie et consacra aux Muses 4 .
Praxitèle parvint à l'achèvement de tout ce qui constitue le charme le plus accompli d'une statue ; ce doit être, par conséquent, une erreur que de l’avoir placé avant Lysippe ; dans l’ordre naturel des progrès de l’esprit humain, il ne devait fleurir qu’après lui. Suivant Pausanias, en effet, Praxitèle était postérieur à Alcamène, de trois générations 5 . Si, d’après celte donnée, on fixe l’âge moyen d’Alcamène, à la fin de la Lxxxvm e olympiade, ou à l’an 424 avant notre ère, on arrive, pour l’âge moyen de Praxitèle, à la fin de la cxn®. La passion de Praxitèle pour Phryné 6 , qui ne saurait être passée sous silence dans l’histoire de l’art, nous donne un renseignement encore plus positif. De tous les pays du monde, les anciens allaient à Cnide adorer la statue de Vénus, ou plutôt admirer, dans l’image de cette déesse, les charmes de Phryné représentés sur le marbre
gravé sur des médailles de la famille romaine Eppia (Car. Patin., Fam. rom. num., p. 206. — Eckhel, Doctr. nam. vet., part, ii, t. V, p. 206). Il en existe une autre, semblable à l’Hercule Farnèse, et qui porte le nom de Glycon ; elle est gravée dans Ficoroni (Le Vestig. di Rom. ant., p. 193).
1 II existe un grand nombre de statues de Cupidon tenant un arc, entièrement semblables à celle qui se voit au Musée Napoléon (n° 60). Cette conformité a fait présumer que toutes ces figures pourraient être des copies du Cupidon de bronze, que Lysippe avait fait pour les Thespiens (.Vot. du Mus., n° 60). Si les portraits d’Alexandre étaient bien connus, nous pourrions peut-être retrouver la main de Lysippe dans plusieurs bustes, de la plus belle sculpture, qui semblent nous offrir les traits de ce héros.
’ JPiin., lib. xxxiv, cap xix.
Talian., Orat.ad Crœc., p. 132.
* Diog. Laert., lib. ni, segm. xxv, in Plat.
* Pausan., lib. vin, cap. ix.
* Alhen., Deipn., lib. xm, cap. vi, p. sot.
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
parle ciseau de son amanl *. Or, Praxitèle élail jeune sans doule, lorsqu'il brûlait pour celle courtisane, cl elle jouissait d : tout son éclat et de louie sa renommée dans la cxi® olympiade. On voit enfin que Praxiièle vivait encore durant la vieillesse du philosophe Théophraste ; car celui-ci le chargea d’exécuter, après sa mort, un buste de Nicomaque, et il mourut la iroisième année de la Lxxm e olympiade, deux ccnt quatre-vingt -six ans avant l’ère chrétienne. Ces divers faits nous autorisent à placer la jeunesse de Praxitèle vers la ext® olympiade, et ses deruiers jours vers la cxxin®. Entre l’époque de sa mort et la date de celle de Phidias, il y a, par conséquent, un intervalle d’environ cent quarante-cinq ans 2 .
Il nous reste quelques imitations des ouvrages de ce maître. Le Faune en repos, du Musée Napoléon 8 , dont il existe un grand nombre de répétitions, est regardé comme une copie de son Faune ou de son Satyre 4 , surnommée Périboëlos ou le célèbre 5 . Il est vraisemblable que le Cupidon du Vatican, aujour-
1 A t lien., MJ. — Plia., xxxvi, cap. iv, § v, édit, de Hard.
’ Pliryné devait jouir de sa plus grande célébrité, lorsqu’elle offrit de rebâtir, à ses frais, la ville de Thèbes (Athen., toc. cil.). Cette ville fut détruite par Alexandre, la deuxième année de la cxi« olympiade. Théophraste écrivit dans son testament, qui nous a été conservé par Diogène Laërce, qu’il voulait que ses héritiers p'açassent dans son Musée, après sa mort, un poitrait de Nicomaque, et qu’il avait chargé le sculpteur Praxitèle de ce travail (Diog. Laert., in Theophr., lib. v, cap. u, segm. lii). Ce philosophe pouvait avoir fait son testament, quelques années avant sa mort ; mais, au surplus, en supposant que Praxitèle eût vingt-cinq ans lors de la destruction de Thèbes, il n’en avait que soixante-quatorze à la mort de Théophraste.
* N° SO du Catalogue. (Celle statue ne se trouve plus au Musée Royal, en 1830.)
4 Les Grecs ne distinguaient pas, comme nous, les satyres d’avec les faunes ; ils donnaient te nom de satyres à ces deux espèces de divinités. *
* M. Visconti, Mus. Pio-Clement., t. II, lav. xxx. — Winckelmann avait la même opinion; il avait vu plus de trente répétitions de celte ligure (lib. iv, ch. u, t II, p. Sî). Ou peut voir aussi ce que dit à ce sujet M. Ileyne. dans sa dissertation sur les Faunes et les Satyres ( Hec . de pièces inter., publ. par Jatisen, t, I, p. 78).
t>i:s SCULPTEURS GRECS.
d’hui dans le Musée Napoléon, est une copie antique de celui de Thespies Un voit à Rome, dans le Musée du Vatican, et dans divers palais, un grand nombre de statues de Vénus, qui sont évidemment des copies île la Vénus de Cnile*. L'Apollon Sauroclotie, en bronze. île la villa Albani, ne saurait être, comme le supposait Winckelmann, l’original sorti des mains de Praxitèle 3 ; mais il parait certain que ce bronze, et plusieurs marbres faits d’après le même modèle, sont des copies antique- de celte célèbre ligure h
La plupart des chefs-d'œuvre originaux, qui nous restent, pa-
1 M. Visconli, Mus. Pio Clemenl., I. 1, lav. ix — — U , A ’oticr du Musée Map., n» G3. — La multiplicité des répétitions de cette même figure, oui exi-tent dans différents cabinets, parait autoriser celle conjecture. D'Ilancarville cite une de ces copies antiques, qu'il dit la plus belle de toutes celles qu'il avait vues. Elle était, de son temps, en Angleterre, dans la rnllection de M. C. Townley {Recherches sur l'origine des arts de la Grèce, t. I, p. 343).
* On en voit une dans te Musée Pio-Climenlin (t. I, la», xi, p. 18). Elle a été gravée avec une draperie, qui n’est qu'une pièce de rapport. Nous possédons à Paris, dans le jardin des Tuileries, sur la terrasse du midi, une copie, en bror.ze, de cette statue du Vatican : elle n'a point de draperie ; mais l'artiste qui l'a moulée a supprimé le vase, au-dessus duquel la Vénus de Cnid» soutenait son vêtement. L'aulbcniicilé de toutes ces copies est prouvée par leur ressemblance avec la figure de Vénus, représentée sur plusieurs inédail'es de la ville de Cnide (Spaulieim, de Prcest. et Usu numism., t. II, p. 290 ; Mus. Pin-Clement., t. I, lav. A, n° 2 — Par* lliélcmy, Anach., pl. xxvi. — Ilavm, Tesor. Drit., t. II, part, i, p. 343. — Pierres grav. du Cah. d'Orléans, par La Cliau et Le blond, t. I, pl. wxi, p. 133 et suiv. — M. Ileyne, des Différentes manières de représenter Vénus ; Recueil de pièces intéressantes, publ. par M. Jansen, t. I, p. H et 15). — (On peut voir des observations intéressantes de M de Mon abert, au sujet de la copie en bronze de la Vénus de Cnide, du jardin des Tuileries, dans son ouvrage intitulé : Traité complet de la peinture, t. II, p. 420 à 424.— 18.10).
* 1 Winckelmann, lib. vi, cap. n, t. III, p. 58 et GO.
* On conserve une copie, en marbre, de l’Apollon Sauroctone (tuant ou paraissant tuer un lézard ) à la villa Uorghèse (slanz. il, n° 5). — Winckelni., Mimum. ined., n° 40. — (Cette statue est celle qu’on Voit aujourd'hui à nuire Musée Royal, n» 49. — 1830.) II y en a une au Vatican (Mus. Pto-Clemenl., t. 1, tav. xm). Il en existe plusieurs autres.
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
raissent avoir été exécutés dans les quatre siècles qui suivirent la mort de Praxitèle, ou du moins celle d’Alexandre. Malgré notre respect pour les opinions de l'illustre antiquaire, qui ne voyait, après la mort de ce prince, que le règne d' S imitateurs l , nous osons croire qu’en marchant sur les traces des grands maîtres, l’art, non-seulement se soutint dans son état de perfection, mais qu’il lit encore, en de certaines parties, quelques nouveaux progrès. On ne voit pas qu’il eût exprimé jusqu’alors des passions violentes, et il y parvint.
Ces temps peuvent être divisés eu deux périodes. La première renferme les cent vingt années des règnes successifs dePtolémée Philadelphe, roi d'Égypte, et de Ptolémée Évergète, son fils, d’Attale I", roi de Pergame, et de son fils Euinènes II, depuis la cxxiv® olympiade jusqu’à la clv«. La seconde commence à la destruction de Corinthe par Mummius, c’est-à-dire à la CLViii 0 olympiade (cent quarante-six ans avant notre ère) ; elle s’étend jusqu’au règne d’Antonin , et même jusqu’à celui de Marc- Aurèle.
Dans la première de ces deux périodes, vécurent Damêas, Phoenix, Eulychide, Charès, auteur du colosse de lthodes 2 , tous élèves de Lysippe 3 -, Eulhycrate, Dahippe cl Béda, ses lils ; Xénocrate, son petit-fils, qui composa un traité sur la sculpture 4 ; Céphisodole 5 et Euhulus, fils de Praxitèle 0 ; Pamphile, son élève ; Cantharus, élève d’Eulychidc; Tisicrate, élève d’Euthy-
‘ Winck., lib. iv, cap. vi, t. H, p. 255 et suiv.
’ Plin. , lib. xxxiv, cap. xviii,§ i, édit, de liai <i.
’ Id., ibid., cap. xix, § vii et xx.
4 Id., ibid., § xxiii.
1 Pline fait distinguer deux sculpteurs de ce nom (lib. xxxiv, cap. xix,
§ xxvii). Le premier virait dans la c«i e olympiade ; Pliocion avait épousé sa sœur. (Plutarch., in Phon'on., t. 1, p. 750). Le second était lils de . Praxitèle ; il parait avoir travaillé, à la cour des rois de Pergame. Ce Céphisodole est celui que l’line place, avec raison, à la cxx« olympiade (Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § vi).
4 Le nom d Eubulus, lils de Praxitèle, se voit sur uir hermès, placé autrefois à la villa Negroni (Mut. Pio-Clement., t. VI, tav. xxi, p. 30.
— Cavlus, Mém. de l’Acad. des Dettes- Lettres, t. XXV, p. 333).
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UES SCULPTEURS GRECS
craie, et de qui les ouvrages étaient quelquefois confondus avec ceux de Lysippe lui-même 1 ; Agasias d’Éphèse, fils de Dosilhce; Polyeucte, Harmalius; Héranlide, fils d’Agasias; Hennoclès de Rhodes, qui travaillait à la cour des premiers Séleucides; Isigone, Pyromaque, Siralon, qui représentèrent dans leurs ouvrages les victoires d’Attaleet d'Eumènes*; Timoelès, Archésitas, Timarchide ; Anligone, qui écrivit un traité sur son art 3 ; et l'illustre Cléomènes, à qui nous devons un des chefs-d’œuvre les plus accomplis de tous ceùx que le temps a respectés.
Ces artistes furent contemporains d’Euclide, du poète Aratus, de Bion, dé Moschus, de ïhéocrite, de Callimaque, d’Apolloftius leRhodien, dusage Polybe. Tandis que quelques écrivains grecs commençaient à perdre de vue les grands modèles, le goût des statuaires se conservait dans toute sa pureté. Il semble même que l’amour des arts acquît de jour en jour une nouvelle éner- . gie. Ce fut dans ce temps, que les Cnidiens, accablés par les malheurs des guerres et par le fardeau des contributions, refusèrent de vendre la Vénus de Praxitèle pour une somme égale à toutes leurs dettes *, et que le peintre Nicias, après avoir refusé soixante talents altiques (ou environ trois cent vingt-quatre mille francs) d’un de ses tableaux, en fit présent à la ville d’Athènes sa patrie 5 .
Polyeucte exécuta la statue que les Athéniens élevèrent à Démoslhène après sa mort, la première année de la cxxv® olympiade : celle statue était en bronze ; il en existe plusieurs belles copies antiques 6 .
1 « Lysippi seetæ propior , ut vix discemanlur com[ lura signa. » (Plin. , lib. xxxiv, cap. xix, §vm.)
* Plin., lib. xxxiv, cap. xix, § xxiv.
1 ld., ibid. — Diog. Laert., lib. vi, cap. vu, srgm. clxxxviii, in Chrysipp.
' « Omnia pcrpeti maluere, nec immerito ; illo enim signo Praxiteles nobilitavit Cnidum. » (Plin., lib. xxxvi, cap. îv, § v, édit, de Ilard.)
* Plin., lib. xxxv, cap. xl, § xxvm.
* Plutarch., Vit. decem oral., p. Ki7. — On en voit une très-belle en Angleterre ; elle est en marbre ; elle appartenait, il y a quelques années,
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
La vérité, l'énergie, la légèreté, la souplesse, qu’on admirait dans les ouvrages de Lysippe, se retrouvent dans la statue d’Agasias, faussement appelée le Gladiateur combattant ; le style de cette belle statue et la forme des lettres employées dans l'inscription semblent nous autoriser également à p'acer Agasias parmi les élèves de Lysippe, ou du moins parmi les artistes qui lui succédèrent immédiatement , et qui adoptèrent ses principes
Céphisodote, fils de Praxitèle, hérita des talents * et même des inclinations de son père. Il exécuta des statues des courtisanes Anyte et Myro 3 ; il modela aussi une Vénus que l’on voyait à Kome, dans le Musée d’Asinius Pollion et un groupe de lutteurs, dont Pline loue principalement la vérité 5 .
Minerve, les Grâces et Vénus elle-même semblaient avoir comblé de leurs faveurs l'heureux Cléomènes, sculpteur athénien. Les statues des Muses, appelées les Thespiades, que ce digne successeur de Praxitèle avait sculptées pour la ville de Thespies 6 , et qui furent apportées à Rome par Mummius 7 , offraient des formes si élégantes, tant de vérité, tant de charmes, que l’une d’elles inspira une passion insensée au chevalier ro-
au duc de Dovset ; elle est gravée dans le Winckelmann de I'éa (t. II, tav. u). Le Musée Napoléon possède une belle statue, dont la tète est évidemment une copie antique d’une tète, de Démosthène. L’authenticité des portraits de cet orateur est complètement prouvée. On peut consulter, h ce sujet, le Musée Pio-Clémentin, t. 111, tav. xiv, et les Antiquités d'Hercutanum, Rronzi, t- 1, tav. xi, xn, xm et xiv. (Aujourd'hui, au Musée Royal, n° 92. — 1830.)
' Les caractères de l'inscription gravée sur le tronc de l'arbre placé auprès de cette statue indiquent, par leur forme, qu'elle est une des plus anciennes parmi celles qui portent des inscriptions
’ « Praiitelislilius... artis bæresfuit. » (l'bn., lib. xxxvi, cap. iv, § vi.)
* Tatian., Oral, ad G r<zc., p. 114. (Oxon., 1100.)
* Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § vi.
» « Hujus laudatum est Pergami Symplcgma, signum nolabile. digitis corpori verius, quant marmori iinpressis. » (Plin., toc. cil )
* Plin., lib. xxxvi, cap. îv, § x, édit, de Ilaid.
’ Cic., in Verrem, lib. îv, cap. ii.
tvF.S SCUt.PtF.UHS GRECS.
main Junius Pisciculus '. Esl-ce à Cléomènes que nous devons l’admirable statue qui est pour nous le modèle accompli de la beauté? Cet artiste est-il le même que Cléomènes l’Aibénien, fils d’Apollodore, auteur de la Vénus de Médicis ? c’est ce que M. Visconti, à l’aide des rapprochements les plus heureux, semble avoir prouvé jusqu’à l’évidence 2 .
La période suivante ne nous présente ni des noms moins célèbres, ni des ouvrages moins dignes d’admiration.
Les plus habiles artistes grecs, appelés à Rome, enrichirent cette ville, devenue la capitale du monde, d’une quantité de statues qui nous parait aujourd’hui prodigieuse.
Polyclès, tils de Timarchide, sculpta un hermaphrodite en bronze, qui obtint une grande célébrité 3 . Quatre belles statues antiques de marbre, entièrement semblables l’une à l’autre, dont une se voit au Musée Napoléon, peuvent en être des copies ou des répétitions 4 .
Antée, Caliistrate, Cléon, Calliclès, Céphis, Daïphron, Démocrite le Sicyonien, Apollodoreet une foule d’autres artistes exécutèrent pour les grands de Rome^ dans les derniers temps de la république, des bustes en bronze, représentant des philosophes 5 ; la plupart des marbres antiques qui nous restent, en sont vraisemblablement des répétitions ou des copies. Ces inarbres nous offrent, dans de simples portraits, tous les grands priu- ' cipes de la sculpture grecque.
Studieux imitateur de la nature 6 , Pasitèle répétait souvent ce
1 «Quarum unam adnmavit eques romanus, Junius Pisciculus, ut Iradit Varro. » (Plin., lib. xxxvt, cap. iv, § xn.)
’ M. Visconti a développé cette opinion dans un mémoire intitulé : Note critique sur les sculpteurs grecs qui ont porté le nom de Cléomènes, imprimé à Paris dans le journal de la Décade littéraire, anX ( 1803). Ce savant nous fait espérer une nouvelle dissertation sur le même sujet. (Il ne l'a jamais publiée. — 1830.)
1 « ilermaphroditum nobilem fecit. » (Plin., lib. xxxvi, cap. xix,§ xx.)
* Deux de ces ligures sont à Rome, au palais Iiorghèse; la quatrième est dans le Musée de Florence.
‘ Plin., lib. xxxiv, cap. xix, § xxvi, xxvii, xxviii, et al. loc.
• Un jour, qu’il modelait uu lion d'r.près nature, une panthère, renier-
88 classement chronologique
principe conforme aux opinions de Lysippe, que la plastiqueest la mère de l'art statuaire ; que le sculpteur et même le ciseleur ne doivent exécuter aycun ouvrage, sans avoir fait auparavant un modèle en cire ou en argile '. Cet artiste, né dans la Grande Grèce, vivait à Rome vers l’an 0C5 de la fondation de celle ville, dans la 0Lxxii e olympiade s .
Apollonius d’Athènes, fils de Ne>lor, dut travailler à Rome dans le temps de Pompée. 11 est vraisemblable que son Hercule en repos, dont il nous reste un fragment admirable, appelé le Torse, décorait le porlique élevé par cet illustre Romain 3 ; et la forme des lettres gravées sur ce précieux fragment ne permet pas de croire qu’il ait été fait avant le septième siècle de Rome 4 .
Glycon d'Athènes parait avoir vécu dans le même temps. L'Hercule Farnèse, qui porte son nom, est regardé comme un
mée dans le voisinage, rompit sa loge, et il se trouva dans le plus grauii péril. « Non levi periculo diligentissimi artificis. » (Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § xii.)
1 Plin., lib. xxxv, cap. xlv.
1 Pasilèle devint citoyen romain, lorsque le droit de cité fut accordé à toutes les villes de la Grande Grèce (Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § xii). Ce . droit leur fut donné par la loi Plotia, en l'an GG» ou G66 de Rome. (Heinccc., Antiq. rom. jur. illuslr., Append., ad lib. i, cap. I, § ix). Le même artiste composa un ouvrage en cinq volumes, renfermant la description des monuments les plus célèbres de tout l’univers (Plin., ibid.).
1 11 a été découvert dans les ruines île ce portique, auprès du théètro de Pompée. Nous voyons dans Ovide, d.rns Properte et dans Martial, que ce porlique, journellement fréquenté par la jeune noblesse de Rome, était décoré avec la plus grande magnificence. Il entourait un terrain, orné de platanes, qui est aujourd'hui appelé Campo di finre.
' L'oméga y est écrit ainsi <» , au lieu de u. Suivant le témoignage de Eiklicl l Doctrin . ntim. vet. proleg. gen., cap. xvil, t. I, p. 104), la lettre u est peu ancienne, l'n des premiers exemples est un cistopbore de Pergame, dont ce savant fait mention, et dont il fixe l’époque aux années G99 ou 700 de Rome (t. IV, part, i, p. 334, n° 1*2, et p. 3Go). Cette médaille est gravée dans le Tesoro Britannica de Haym, 1. 1, p. 139, édit, de 1719. Winckelmaun cite un exemple, du temps de Mitiiridalu (liv. vi, cap. îv, t. III, p. 122).
DF.S SCUI.PTEüRS GRECS.
ouvrage original. La forme des lettres gravées sur cette figure prouve que Glyron n’était pas plus ancien qu’Apollonius *.
Cléomènes d'Athènes, fils de Cléomèncs, auteur de la statue connue sous le nom de Germanicus, ne saurait avoir vécu avant ces deux grands maîtres *. Quel que soit le personnage romain dont cette statue nous offre l’image, l'artiste l’ayant représenté nu, elle ne peut avoir été faite, avant le temps où les Grecs, forcés de flatter leurs maîtres, apprirent aux grands de Rome qu’ils pouvaient, dès leur vivant, être mis au rang des dieux, et ce temps ne remonte point au delà du siècle de Cicéron et de Pompée.
Diogène orna de diverses sculptures le Panthéon de Rome, bâti par Agrippa 8 .
Philiscus de Rhodes sculpta des statues de Lalone, de Diane, de Vénus, des neuf Muses, qui furent placées dans le portique d’Oclavie, auprès des ouvrages de Scopas, de Praxitèle et de Timarchide, qu’on y avait rassemblés. Il fil deux statues d’Apollon ; l’une, où le dieu é.ait représenté nu, se voyait dans ce même portique; l'aulre lut élevée dans un temple bâti vraisemblablement pour honorer ce chef-d’œuvre i . Il est possible que les Muses Clio, Euterpe, Melpomène et Terpsichore, que l'on
1 Le silence de Fausanias sur ces deux grands artistes prouve qu'ils avaient élevé peu de monuments dans la Grèce. Il est vraisemblab'e, d'après cela, qu'ils furent emmenés à Rome par Pompée, après la guerre des pirates. Ce général ayant visité la ville d Athènes après sa victoire, les Athéniens gravèrent, en son honneur, des inscriptions, dans lesquelles ils le plaçaient au rang des dieux. Ce fut alors qu'il dui concevoir le projet d'élevi r, à Rome, des monuments dignes d’être comparés aux chefsd'œuvre de la Grèce.
* Cette statue se voit au Musée Napoléon. La tète paraît être .un portrait. M. Visconti pense qu'elle représente un orateur romain, auquel l'artiste a donné les attributs de Mercure, dieu de l’éloquence. Sut. du Musée tiap , n° 80. (Aujourd'hui, au Musée Royal, n° 712. — 1830.)
‘ Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § xi, édit, de Ilard.
* « Ad Oclaviæ vero porticum, Apollo Philisci Rhodii in delubro suo. » (Plin., lib. xxxvi, cap. tv, § x.)
CLASSEMENT ciinnxoi.of.ii.il' P.
fio
voit au Musée Napoléon , et dont il existe plusieurs répétitions, soient des imitations des Muses de cet artiste
Lysias, Crilon, Nieolaüs, exécutèrent de grands ouvrages, à Rome, dans le même temps. Une cariatide, découverte auprès du lombt au de Céciüa Métella, porte les noms de Criton et de Nicolaüs *.
Sléphanus, élève de Fasilèle, et Ménélas, élève de Sléplianus, contemporains de ces mêmes artistes, conservèrent fidèlement les principes que Pasitèle leur avait transmis. Une statue que l’on voit à la villa Albani, représentant, suivant toute apparence, . un athlète victorieux, est un ouvrage de Sléplianus 3 ; le beau groupe de la villa Ludovisi, où Wiuckelmann a cru voir Electre et Oreste, porte le nom de Ménélas 4 .
Ce lut, suivant toute apparence, sous le règne d’Auguste, que Ménopliantc fil une copie en marbre d’une statue célèbre de Vénus, que l’on conservait à Alexandrie Troas. Ce marbre sur lequel il grava son nom, subsiste encore 5 . Nous possédons au . Musée Napoléon une copie antique ou de la Vénus de Troas, ou de l’ouvrage de Ménophante.
1 M. Visconti, Mutée l’io-Clémentin, t. I, lav. uni, xvm, xx et xxi, p. 35, 36, 37, 42, 48.
’ Plin., lib. xxxvi, cap. iv, §x. — Winckelmann, lib. vi, cap. v, t. III, p. 152.
1 Gaet. Marini, Inscrisioni anlic. délia villa Albani, class. v, n° 157, p. 173, 174.
4 On voit une copie de ce groupe, aux Tuileries, dans l’allée des orangers. (Elle ne s’y trouve plus : elle a été remplacée par un Hercule, en bronze, de M. Bosio. — 1830.)
* Elle appartient au prince Cliigi. On en voit une gravure dans le quatrième volume du Muséum Capitolinum, p. 352. L’inscription porte ces mots : AI10 Tito EN TPÛAAI A'PPOAITIIC MIINO*ANTOC E1I01EI. (,1/énopliante la faisait d'après la Vénus de Troas.) La ville d'Alexandrie Troas, appelée d'abord Antigonie, devint colonie romaine sous Auguste,
. et commença, sous ce prince, à jouir dos mêmes droits que les villes d'Italie (Cellarius, Aot. orb. antiq., lib. m, cap. m, sect. n, § v). Par un ellel de ces droits, la statue originale ne dut pas lui être enlevée. Ce fut vraisemblablement cette difliculté, qui détermina Auguste, ou quelque grand de Rome, à en faire faire une copie.
t>ES SCULPTEURS r.REca.
(il
Sous le régne de Néron, Zénodore exécuta, dans l'Auvergne, un colosse en bronzé, représentant Mercure *. Appelé ensuite à Rome, il fil une statue colossale de l’empereur. Cette statue était en bronze; elle avait 1 10 pieds de haut*. Zénodore était-il né dans l’Auvergne ? Pline ne le dit point, mais il donne lieu de le présumer 3 .
L’admirable ouvrage d’Agésander, de Polydore et d’Alhénodore, le Laocoon existait-il déjà dans le temps de Virgile, comme l’ont présumé quelques écrivains modernes? Le silence de tous les auteurs antérieurs 5 Pline nous empêche d'adopter celte opinion 4 . On pourrait supposer que ce groupe, ouvrage de trois artistes Kbodiens, lut fait à Rhodes, entre le règne d'Auguste et celui de Yespasien, et que ce dernier empereur le lit transporter à Rome, lorsqu’il réduisit l'iie de Rhodis à l’état de province romaine 5 . Il est cependant plus vraisemblable qu’il fut exécuté à Rome même, et terminé sous le règne heureux de Titus, qui le plaça dans son palais 6 .
1 Cette statue coûta 40,000,000 de sesterces, qui, suivant les calculs de l’abbé Uarthélemy, représenteraient aujourd'hui environ 9,000,000 de fr. Zénodore y travailla pendant dix ans (Plin., ltb. xxxiv, cap. xvm, § i.)
* Suétone dit qu'elle en avait 120 (in Ser., cap. xxxi). Après la mort de Néron, ce colosse fut consacré au Soleil. (Plin., loc. cil., et lib. v, cap. v.)
1 11 dit (rositivement^ que c'était dans l’Auvergne que Zénodore avait acquis sa réputation : « Postquam satis ibi artem approbaverat, Romam accitus est a Nerone. » (Plin., lib. xxxiv, cap. xvm, § i.)
* Leasing parait avoir très-bien prouvé que Virgile n’a point eu l'intention d'imiter ce groupe, dans la description qu’il a fuite de la moit de Laucoon, et même qu'il ne le connaissait pas. (üu Laoc., ch. vi, p. 01 à 70 de la traduction française.)
, * L'an 74 de notre ère (Suet., in Vesp., cap. ix).
* Plin., lib. xxxvi, cap. iv, § xi. — Je supprime les preuves qui pourraient consolider cette opinion. Quelques-unes ont déjà été données sommairement par SL Visconti, dans le Mutée Pio-CUmentin, t. 11, pl. xxxix. Je ne dois point chercher à prévenir ce que cet illustre antiquaire doit dire à ce sujet, dans la notice relative au Laocoon, qui sera publiée dans le Mutée français. Le groupe do Zéllius, Amphion et Dircé, ou le Taureau parnèse , ouvrage d'Apollonius et de Tauriscus de Thralles, se voyait, à
r.I.HSSCMK'NT CHRONOlOGIQUE
Aucun auteur, aucune inscription ne nous a transmis les noms des sculpteurs qui exécutèrent les bas-reliefs de la colonne Trajane. Si l’on considère le six le de ce monument, on se persuadera peut-être que ces habiles artistes avaient hérité des principes de Lysippe, d'Eulhycrate et d’Agasias.
Une foule d’ouvrages de sculpture, que l’on peut croire ap partenir au règne d’Adrien, enrichissent les plus belles collections de l’Europe. Nous rappellerons de préférence les deux centaures, de marbre noir, trouvés à la villa Adriani , parla raison qu’ils portent l'un et l’autre les noms d'Arisléas et de Pnpias, sculpteurs natifs d’Aplirodisias, ville de Carie *. La beauté des images d’Antinoüs sufiirait pour prouver d’une manière évidente que les Grecs, rappelés au bonheur par Adrien, possédaient, à cette époque, des artistes aussi habiles que les plus grands maîtres des siècles précédents.
Les monuments de Septime Sévère sont les premiers où se manifestent des signes de décadence ; quelques bustes de Caracalla rappellent même encore les jours brillants d’Auguste et de Périclès.
Celte décadence devint sensible de plus en plus sous les règnes suivants; le goût se corrompit chaque jour davantage, après la division de l’empire romain ; cependant l’art ne s’anéantit point. Dioclétien, Constantin, Théodose, construisirent des édifices, dignes, du moins par leur immensité, de la grandeur romaine, et de nombreuses sculptures ne cessèrent point d’enrichir ces vastes monuments.
Rome, dans le Musée d'Asinius Pollion, au temps d'Auguste (Plin., lit), xxxvi, cap. iv). NVinckcImann ne l’a cru postéiieur au Luocoon, que parce qu'il a pensé que le Laocoon avait été fait dans le temps d' Alexandre.
1 Mua. Capit., t. IV, pi. xxxn et xxxm, p. ICS. — On voit une répétition antique d’un de ces centaures, dans le palais Boruhèse ; il porte un amour-enfant qui lui a lié les mains derrière le dos ( Scult . délia villa Vinciana, stanz. ix, n° 1). Il y a une copie de cette ligure, à Paris, dans le. jardin des Tuileries. (Celui du palais Borglièse se trouve aujourd’hui à notre 5hi s ée Royal, n° tôt. — 1830.)
DES SCULPTEURS GRECS
Dans les premières années du cinquième siècle de l'ère chrétienne, le sénat de Rome vota une statue au poète Claudien, et la fit élever dans le Forum de Trajan *. En l’an 453, le pnpe saint Léon, après avoir délivré l’Italie des fureurs d’Attila, lit exécuter la statue de bronze de saint Pierre, qu’on voit encore dans l'église du Vatican 2 . Vers l’an 4 33, Zénon l'Isaurieu honora Théodoric d’une statue équestre qu’il lit placer à Constantinople devant son palais 3 . Les ouvrages de sculpture en marbre et en bronze, faits dms le sixième siècle, sous le règne de Jusliuien, sont innombrables. Ce prince éleva, dans le Forum appelé Augusteum, une colonne revêtue de bas-reliefs de bronze, sur laquelle il plaça sa propre statue équestre, colossale, de même métal 4 . Presque tous les empereurs, leurs femmes et leurs ministres avaient des statues. Léon l'Isaurieu, célèbre par sou attachement fanatique pour les opinions des Iconoclastes, s’en fil élever à lui-même un grand nombre 5 .
1 Gland., in PræL Bell. Gel. — L’inscription de e tte statue se voit dans Gruter., t. I, p. 301, n° 5. Cinquante ans plus laid, le sénat fit ' lever une statue di bronze àSidonius Apollinaris, cl la lit placer pareillement dans le Forum de Trajan (Sidon. A poil., lib. ix. ep. xvi, p. 38i ; etcarni. vin, vers. 8. p. 550).
’ Marangoni, delle Cose gentilesehe trasporlale ail' usa delle chitse, cap. xx, p. 68. — Fr. Caucellarius, de Secr. nov. Basilic. Val., t. III, p. 1504 ad loto.
1 Jornand., de Heb. Golh., cap. lu. — Tillemout, Histoire des empereurs, t. VI, p. 500.
* Procop., de Ædif., lib. i, cap. vin. — Les Turcs ont fondu celte statue pour en Taire des canons. Gjllius, qui écrivait au commencement du seizième siècle, dit l'avoir vue. Il assure que la jambe était plus haute qu'un homme (GjUius, Constantinup. Topograph., lib. n, cap. xvu, apud Gron., t. VI).
‘ Il en avait plusieurs à Rome, vers l’an 739. Elles furent détruites, à celte époque, par le peuple, lors des différends du pape Grégoire II avec cet empereur. M. Ilcyne a donné une énumération Irès-détailb e des statues et des édifices élevés par les empereurs grecs, depuis Constantin jusqu'à Manuel Comnfcne, dans plusieurs dissertations intitulées : Serions ariis Opéra quœ sub imperatoribus Bysantinis facla memoraniur (Comment. Societ tteg. scient. Go'.ting., t. IX, p. 36 et seq.); I*e inle-
CLASSE1II NT CHRONOLOGIQUE
Parvenue au douzième siècle de notre ère, la sculpture grecque n’offrait plus qu’une pure routine ; mais étonnante dans ses vieux jours, celte routine n’avait point entièrement oublié la savante théorie dont elle avait reçu l’héritage. Le portail de l’église de Sainl-Trophimc d'Arles, terminé en 1152 ', dernier soupir du ciseau grec, reporte l'imagination vers les plus belles époques de l’art -.on y retrouve encore, dans les attitudes, du naturel ; dans les draperies, de la simplicité; dans les tètes, de la vérité, de la dignité, de l’énergie, et quelquefois, sur les bas reliefs, d’heureuses réminiscences des compositions antiques.
Des chefs-d’œuvre d'une haute antiquité, un Hercule de Lysippc, une Junon plus ancienne, honorée autrefois à Samos, des statues d’athlètes, des chars et des chevaux de bronze, apportés d’OIympie, conservés avec respect, embellissaient encore Constantinople dans le commencement du treizième siècle ; et les v Grecs gémirent sur la barbarie des Latins qui, dans le pillage de cette capitale, détruisirent sans pitié tant de vénérables monuments *.
Enfin, vers ce même temps et pendant les deux cents années qui avaient précédé, les derniers artistes qu’ait produits la Grèce opprimée, appelés en Italie par de sages magistrats, y apportèrent la dernière étincelle du feu qu’ils n’avaient pas laissé périr 3 . Pise, Sienne, Florence, recueillirent ce dépôt précieux;
ri ta operum quurn antigua, lum serioris arlis, guœ Constantinopoli fuisse memorantur, ejusgue causis ac temporibus, Comment, prier (ibid., t. XII, p. 273 et seq. ); Comment, altéra (ibid., p. 202 etseq.); Arles e Constantinopoli nunquamprorsus exsulantes, etc. (ibid., t. XIII, p. 3 etseq.). Le lecteur pourra consulter ces savantes dissertations.
' Gallia Christ., t. I, col. 361, C. D. — On trouve une gravure de ce monument dans le Voyage au midi de la France, de M. Millin, pi; ixx ; mais elle n’est pas très-exacte.
1 Nicetas, l)e statuis œn. ign., Irad., apud Fabric. Bibl. gratc., t. VI, p. 403 et seq., édit, de 1708.
* Buschetlo, architecte et statuaire, un des artistes grecs les plus renommés des derniers temps, fut appelé à Pise, en 1016, et bâtit la célèbre cathédrale qui fait encore l’ornement de cette ville. On peut regarde
Digil
DES SCULPTEURS GRECS
bientôt la flamme se ralluma ; la Grèce, qui avait perfectionné les arts, eut, avant de tomber dans une entière servitude, le mérite de nous transmettre les restes de L’antique héritage. L’art n’avait pas péri dans l’Occident, mais, ranimé par les productions des Grecs, il y puisa une sorte de grandeur, une âme, une expression, que depuis longtemps il ne connaissait plus.
Revenons maintenant sur nos pas, et considérons l’ensemble de notre travail. Quelle route immense nous venons de parcourir ! quel nombre prodigieux d'hommes illustres et de beaux ouvrages nous a présenté l’histoire d’un seul peuple! Pendant les dix siècles écoulés depuis Dédale jusqu’à Phidias, nous avons vu s’élever, de toutes parts, de grands, de riches monuments, qui attestaient, à chaque génération, des efforts soutenus et des conquêtes successives. Chez le plus léger, chez le plus inconstant de tous les peuples, au milieu des révolutions et des guerres les plus sanglantes, nous avons vu l'art, dirigé dès son enfance par de sages principes, repousser toutes les erreurs, marcher avec constance vers le but auquel il devait atteindre, jamais ne rétrograder, ne s'arrêter jamais. Nous l’avons vu, parvenu au plus haut degré de perfection, se soutenir dans cet état glorieux pendant six cents années. Dix siècles avaient instruit sa jeunesse ; après la longue durée de sa vigueur et de sa gloire, dix siècles se sont écoulés durant son déclin ! Quelle différence entre cette marche ferme, soutenue, toujours progressive, et les nombreuses révolutions que l’art, naissant à peine, a déjà éprouvées parmi nous !
Antique patrie d’Homère, de Déinoslhène, de Lysippe, de Phidias, mère infortunée des lettres, des sciences et des arts, jamais nous ne l’aurons assez accordé de louanges et d’actions de grâces 1 Chaque jour nos vains efforts attestent la divinité de ton génie. Tous les hommes éclairés s’inclinent devant les dieux
cet artiste, et les sculpteurs qu'il amena de la Grèce, comme les fonda teurs de l'École moderne de sculpture. Les magistrats de Pise lui firent élever un tombeau (Vasari , Proem. dclle Vile, p. 76, 77, édit, de 1750).
CLASSEMENT CHRONOLOGIQUE
(|iie formèrent tes enfants. Toi seule as montré l’art, rival de la nature, luttant avec elle dans la formation de la beauté. Tes" exemples et tes préceptes doivent être nos guides; si nous parvenons à égaler les cbefs-d’œuvre, ce ne sera qu’à force de les étudier : mais nous aurions en vain reconnu tes sages principes, en vain nous posséderions tes ouvrages les plus admirables: nous n’obtiendrons jamais une gloire égale à la tienne, si nous n’apprenons encore, en imitant ta conduite, à vaincre l’incoustance de nos goûts.
P. S. Cet écrit ayant été publié en 1806, époque où il n’avait paru que très-peu de traités méthodiques sur la même matière, j’ai cru devoir le réimprimer tel à peu près qu’il était d’abord, sauf de nombreuses additions. Depuis sa publication, plusieurs illustres archéologues ont composé des ouvrages où les mêmes questions ont été discutées avec plus ou moins d’étendue. Je dois citer MM. Frédéric Thierseh, Ueber die Epochen der bildenden Kunsl unter den Griechen, Munich, 1826; Jacobs, Ueber den Reichlhum der Grieelien an plastischen Kunsl werken, Munich, 18 tO;Ollfried. Millier, dans ses deux ouvrages intitulés Orchomène, et les Doriens ; Bottiger, Archéologie de la peinture; Sillig, Calalogus artificum græcorum et romanorum, Drcsdæ, 18 2 7 ; les savants auteurs des Mémoires qui forment le Recueil publié par M. Bbtligersous le litre d ’Amalthea ou Musée de l'antiquité figurée, Dresde, 1824 ; Quatremère de Quincy, le Jupiter Olympien, 1811. Mais les époques où j’avais placé les principaux chefs d’école, u’ont point été changées. Ces maîtres sont Diptenus et Scyllis, Callon d Égiuc, Canachus l’ancien, natif de Sicyone, Glaucias d’Egine, Calamis, Ouatas, Phidias, Polyclèle, dit de Sicyone, Nnucydès, Lysippe, Praxitèle, Agasias, Pasilèle, Apollonius, mais principalement Callon, Canachus, Lysippe et Praxitèle, qui élevèrent l'art gra-
des scn.PTr.uns cnrcs.
dnellomenl, depuis l'ancien style éginétiquc, jusqu'à sa plus haute perfection.
MM. Boitiger, Thicrsch et Oltfried Müller pensent qu’il faut d'stinguer deux Tliéodore de Sainos, l’un (ils de Ithœtus, qui florissail vers le commencement des olympiades ; ce serait celui dont parlent Diogène Laërcc, liv. Il, segm. 1 03, et Diodore de Sicile, liv. I, ch. xcvm; l’autre, fils de Téléclès, et petil-lils du même Rhoccus, serait celui dont Hérodote fait mention, liv. t,
- ch. li ; liv. III, ch. xu. Je suis d’autant plus disposé à me ranger à celle opinion, quelle est partagée par mon honorable confrère, M. Hase. Elle ne change rien à la marche que j’ai tracée des progrès de l’art.
On pourrait objecter contre mon sentiment au sujet de Canachus, que Xerxès enleva de Milel sa statue colossale d’Apollon Didyméen, la deuxième année de la lxxv 6 olympiade (Puusonias, I, xvt ; VIII, xlvi), pour la placer à Ecbalane; et que la ville de Milel ayant été saccagée par Darius la troisième année de la i.xxi e olympiade (Hérodote, VI, xvm), il est à croire que celte statue n’y avait été consacrée qu’après ce dernier événement. Je répondrais que le pillage eL la destruction même d’une ville ne supposent pas l’anéantissement des statues des dieux, témoin la ville de Corinthe, où furent conservées tant de statues anciennes. Mais il y avait ici un motif particulier pour faire respecter l’Apollon de Canachus, c’est le culte que les Perses rendaient au soleil. Nous voyons, dans Hérodote, qu’après la bataille de Marathon, Datis, général de Darius, ayant appris qu’un de ses soldats avait enlevé une statue d'Apollon de la ville de Délium, la transporta lui-même à Délos, comme un objet que sa propre religion lui enseignait à révérer (Hérodote, VI, cxvm). C'est ce sentimeut qui porta Xerxès à placer la statue de Canachus à Ecbalane.
Heyne et d’autres critiques voudraient supprimer le nom de Périclèle du texte de Pausanias, tant dans le chapitre xxn du livre II, que dans le chapitre xvtt du livre V, et le remplacer par ce'ui de Polyclclc d'Argos, ou I’olyclète le jeune, d’où il