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PAR J, DU SEIGNEUR , STATUAIRE

Page 13, entre les lignes 23 et 24, ajou'ez: Fuidsrt mourut \e 10 avril 1029. Le Nécrologe de Notre-Dame de Chartres, a la date des ides d’avril, porte que ce prélat laissa, par son testament, une forte somme en or et en argent, pour la reconstruction de son église, qu'il avait commencé à reedijier . Peu de temps avant sa mort, il écrivait à Guillaume, duc d’Aquitaine, qu’ayant été occupé à la restauration, tant de la ville que de l'église de Chartres , il n’avait pu lui écrire plus tôt, et il ajoutait qu’à l’aide de Dieu, il avait déjà fait les grottes (cryptes) de celte église. (Gilbert, Descript. de la cathédrale de Chartres, page 12.)

Page 16, après la ligne 25, ajoutez : l’Église de Saint-Lazare est la cathédrale d’Aulun. « Sur le tympan de l’entrée principale^ » dit 51. Didron aîné dans ses savantes notes dw Bulletin Archéologique (t. Ier, 2me partie, p. 257), auquel j’emprunte avec plaisir celle consciencieuse description , « est sculpté en détail le Jugement dernier. Au bas, et sur le linteau, les morts, différents d’âge, de sexe et de condition, ressuscitent, au bruit des trompettes, dont quatre anges sonnent aux quatre points cardinaux. Les tombeaux, d’où sortent les morts, sont décorés d’ornements très variés en épis, en arêtes de poisson, en imbrications, en arcalures. Dans l’amortissement, un ange pèse les âmes, à l’aido d’une balance que tient une main mystérieuse, *et qu’un démon cherche à faire pencher de son coté. Ainsi posées, les âmes sont jugées par un grand Christ, qui est inscrit dans une auréole elliptique, sur l’encadrement de laquelle on lit deux vers latins, où Jésus sc déclare le juge des hommes de bien, qu'il couronne,

et des méchants, qu’il punit. Le premier vers est à sa droite et s'applique aux élus qui entrent en paradis ; le second vers est à sa gauche et concerne les damnés, que les démons entraînent en enfer. Le paradis est figuré comme un château-fort très-élevé et dont saint Pierre tient les clefs. L’enfer a la triple forme d’une chaudière, d’une gueule monstrueuse et d’un sépulcre. Les démons y puisent des damnés, qu’ils saisissent avec des fourches et des cordes. La sainte Vierge est assise à la droite du Christ, et saint Jean évangéliste est debout à sa gauche ; tous deux intercèdent pour les accusés. Sur un bandeau, on lit quatre vers latins, dont les deux premiers, relatifs aux élus, annoncent que pour eux va luire une lumière éternelle. Du côté des damnés, on lit ces deux autres vers :

Terreat hic terror quos terrens ail igat error; Nam fore sic verum notai hic horror specierum.

Le sculpteur s‘est attaché, en effet, à montrer les plus horribles formes de démons, et, dans un sujet si fréquemment reproduit, il a eu assez de génie pour trouver des motifs entièrement nouveaux. Sous les pieds du Christ, et entre ces vers, le sculpteur a signé sou œuvre :

GlSLEBERTUS HOC FEClT. »

Page S 3, ligne 23, après : Limoges, ajoutez : M. Lecointre- Dupont a déjà publié un tiers de sol d’or ( Revue numismatique , année 1840) avec la signature d’ABBON. Le poids de cette pièce" est d’un gramme vingt-quatre centigrammes. On ne connaît pai encore d’objets émaillés par lui.

Page 23, entre les lignes 27 et 28, ajoutez : Dans la savante Peser iption de la Collection Debruge-Dumenil, par M. Jules Labarle, page 210, on lit: Dans le Teslamenlum Perpetui Turonis episcopi (apud d’Achery, Spicil ., t. V, p. 106, éd. in-4°) : « A toi, frère etévêque, très-cher Enfronius, je donne et lègue mon reliquaire d’argent. J’entends celui que j’avais coutume de porter sur moi ; car le reliquaire d’or, qui est dans mon trésor, les deux calices d’or et la croix d’or fabriquée par Mabuinüs, je les donne et lègue à mon église. » Perpetuus était évêque de Toifts ; mort vers 4 7 4.

Page 25, ligne 27, après le mot réputation, ajoutez : Thille ou Thillo, vulgairement saint Théaü, était un esclave saxon rendu à la liberté par saint Éloi.

ET OBSERVATIONS. 29î

Page 28, ligne 17, on lit : « Ce régime (M. Éméric-David expose que les moines aspiraient à se passer des artistes étrangers à leur maison) excessivement vicieux quant à V intérêt général de la société , dut contribuer a la dégradation des arts , mais du moins il en perpétua partout les pratiques. » Pour répondre à cette opinion de M. Émérie-David, je transcris un fragment de V Introduction à V Histoire de saint Bernard , par M. le comte de Montalembert, extrait des Annules archéologiques, t VI, p. i25. « Nommons seulement, entre les monastères remarquables par leur beauté architecturale, et dont on peut encore aujourd’hui apprécier les restes : Goéland, Fountains, Tintern, en Angleterre; Walkenried, Heisltrbach, A'tenber^, Paulinzelle, en Allemagne; les chartreuses de Miraflores, de Séville, de Gienade, en Espagne; Alcohaça et Bathala, en Portugal, Souvigny, Yéselay, le Mont-Saint-Michel, Fontevrault, Pontigny, Jumiéges, Saint-Berlin, en France; noms à jamais chers aux véritables architectes et qu’il suffit de prononcer, pour frapper d’une ineffaçable réprobation les barbares auteurs de la ruine et de la profanation de tant de chefs-d’œuvre...

» Ils travaillaient en chantant les psaumes, et ne quittaient leurs outils que pour aller à l’autel ou au chœur. Ils entreprenaient les tâches les plus dures et les plus prolongées, et s’exposaient à toutes les fatigues et à tous les dangers du métier de maçon. Les supérieurs aussi ne se bornaient pas à tracer les plans et à surveiller les travaux; ils donnaient personnellement l’exemple du courage et de l’humilité, et ne reculaient devant aucune corvée. Taudis que de simples moines étaient souvent les architectes en chef des constructions, les abbés se réduisaient volontiers au rôle d’ouvriers...

» Lors de la construction de l’abbaye du Bec, en 1033, le fondateur et le premier abbé, Herluin, tout grand seigneur normand qu’il était, y travailla comme un simple maçon, portant sur le dos la chaux, le sable et la pierre. Un autre Normand, Hugues, abbé de Selby, dans le Yorkshire, en agit de même, lorsqu'on 109G il rebâtit en pierre tous les édifices de son monastère qui était auparavant en bois; revêtu d’une capote d’ouvrier, et mêlé aux autres maçons, il partageait tous leurs labeurs. Les moines, les plus illustres par leur naissance, se signalaient par leur zèle dans ces travaux On voyait Hezelon, chanoine de Liège, du chapitre le plus noble de l’Allemagne, et renommé, en outre, par son érudition et son éloquence, se faire moine à Cluny pour diriger la construction de la grande église fondée par saint Hugues, et échanger ses titres , ses prébendes et sa réputation

mondaine contre le surnom de Cimenleur, emprunté à son oc- \ cupation habituelle. »

Après cette citation, si digne du célèbre auteur de V Histoire de sainte Elisabeth de Hongrie, le lecteur sera juge entre les i deux appréciations.

Je dois cependant ajouter que le Tableau historique de la sculpture française fut écrit en 1819, et qu’à cette époque, les hommes les plus dévoués aux œuvres de l’Eglise partageaient presque unanimement l’opinion de M. Eméric-David.

Page 29, ligne 27, ajoutez : Il sculpta, pour son abbé, les tablettes d’ivoire destinées à renfermer un évangile écrit en lettres onciales par Sintramne, religieux du même couvent. Tutilon, d’après un document publié par M. Emile Bégin, dans son Hisr toire de la cathédrale de Metz , t. Ier, p. 1 1 1 , serait mort a 28 mars 898 et non vers l’an 908.

Tage 30, entre les lignes 23 et 24 , ajoutez : Ce reliquaire dit Sainte-Châsse, était, en bois de cèdre, revêtu de lames d’or, décoré de ligures, d’ornements , et enrichi d’un grand nombre de cabochons. Dans l’intérieur, on renfermait un coffret en or, contenant la chemise, le voile et la ceinture de la sainte Vierge. La longueur de ce reliquaire était de 0,67 sur 0,27, la hauteur de 0,57, et le poids de 46 kil. 1/2.- (Gilbert, Description de la cathédrale de Chartres , p. 112.)

Page 3 1 , ligne 1 5 : L'architecte dut se croire appelé à prendre part (à la statuaire) :

Oui, parce que la statuaire chrétienne est la compagne inséparable de l’architecture, qui, sans elle, serait un corps sans âme. Les deux tiers des éludes nécessaires à l’architecte étaient aussi indispensables au statuaire. L’art, à cette époque, avait pour but de venir en aide au clergé, dans l’enseignement des vérités de l’Eglise; or, le moyen Je plus simple, pour créer ces belles églises cathédrales et abbatiales, avec leurs sculptures et leurs vitraux, n’élail-ce pas la connaissance approfondie des saintes Ecritures et des œuvres des Pères, la pratique assidue de le. théologie et des légendes des saints?

Page 31, ligne 15 : Soit pour accroître ses émoluments.

Non, mais bien a par zèle pour la maison du Seigneur, » comme le dit Eméric-David. En définitive, tous les artistes, pendant cette période surtout, étaient moines, et, par conséquent, ne recevaient jamais d'émoluments; les règles monastiques s'y opposaient d’une manière absolue. Lorsque ces religieux tra-

vaillaient pour les couvents étrangers à leur ordre ou pour le clergé séculier, c’était leur abbé qui faisait recevoir la somme gagnée par eux, au profit de la communauté tout entière.

Page 31 , ligne 1 7, on lit : Vautre est la facilité de l'instruction.

Oui, l’instruction était facile. Le dévouement des maîtres était sans bornes, comme sans arrière-pensée dans les conseils qu’ils donnaient à leurs disciples ; la crainte des rivaux leur était inconnue.

Au douzième siècle, un moine, humble prêtre , comme il le dit lui-même, écrivait dans la préface de son livre, pour facilf * ter l’élude et la pratique des arts (Théophile, prêtre et moine, £ssai sur divers arts , traduit par M. le comte de l’Escalopier, p. 5) : « Il est donc juste que la pieuse dévotion des fidèles ne laisse point périr dans l’oubli le trésor légué à notre âge par la sage prévoyance de nos prédécesseurs; que l’homme embrasse de toute l’ardeur de ses désirs l’héritage que Dieu lui accorda ; qu’il s’efforce de le posséder. Que celui qui l’aura acquis ne s’en glorifie pas en lui-même, puisque ce n’est point une conquête, mais un don; qu'il s’en félicite, au contraire, humblement dans le Seigneur, de qui et par qui toutes choses viennent, sans lequel il n’y a rien; qu’il n’enveloppe pas ce bienfait, d'un silence jaloux ; qu’il ne le cache pas dans les replis d’un cœur avare; mais, qu écartant toute jactance, il en fasse part, avec une gracieuse simplicité, à ceux qui le cherchent; qu’il craigne le jugement porté dans l’Evangile contre cet intendant, qui, n’ayant pas fait en sorte de rendre avec intérêt la somme à lui confiée, fut privé de tout bénéfice et flétri, par la bouche de son maître, du nom de mauvais serviteur. » La suite a été citée par M. Eméric-David ( Histoire de la Peinture au moyen âge , p. 8 4 de l’édition in- 12). Voici la fin de cette belle préface de Théophile : « Lorsque tu auras souvent relu ces choses et que lu les auras bien gravées dans la mémoire ; toutes les fois que tu te seras utilement servi de mon œuvre, en retour de mes préceptes, je ne le demande que d’adresser pour moi une prière à la miséricorde du Dieu tout-puissant. Il sait que je n’ai écrit mes observations, ni par l’amour d’une louange humaine, ni par le désir d’une récompense temporelle; que je n’ai soustrait rien de précieux ou de rare par une malignité jalouse; que je n’ai rien passé sous silence, me le réservant pour moi seul; mais que, pour l’accroissement de l’honneur et de la gloire de son nom, j’ai voulu subvenir aux besoins et aider aux progrès d’un grand nombre d’hommes. » Nous espérons que le lecteur pensera

comme nous : L’étude des beaux-arts est devenue difficile, seulement depuis que les maîtres, par une malignité jalouse , ne travaillent plus au milieu des élèves.

Page 31, ligne 17 : dttendu , il faut V avouer , que les arts, réduits à de simples routines, n'exigeaient pas un temps bien long, ni pour les éludes préliminaires, ni pour l'exécution .

Nous croyons, au contraire, que les arts n’étaient pas toujours réduits alors à de simples routines. L’instruction y était trop sérieuse, trop loyalement donnée, et donnée même en vue de servir-à la gloire de Dieu, et non, comme aujourd'hui, pour satisfaire des intérêts mercantiles ou jaloux. Dans le moyen âge, plusieurs raisons empêchaient que le temps des éludes ne lut bien long : premièrement, on étudiait avec méthode, avec conscience, et les supérieurs des couvents, d’ailleurs, ne choisissaient que les moines les plus capables, pour les destiner à la pratique des arts. Aujourd’hui , dans les familles , sauf quelques exceptions, on a la déplorable manie de faire artistes les jeunes g<ms qui ne veulent suivre aucune carrière ou bien encore les moins intelligents de tous les enfants. A ces deux causes, ajoutons ce que l’enseignement actuel peut avoir de vicieux, si on le juge d’après ses résultats ordinaires. Due produit-il le plus souvent ? Des génies incompris , des paresseux, quelquefois beaux parleurs, ne sachant jamais faire une médiocre copie d’après les maîtres.

M. Jules Quicherat a fait connaître, par une notice très bien faite, publiée dans la Revue archéologique, VT année, un manuscrit, conservé à la Bibliothèque nationale, provenant de Saint-Germain (S. G. latin, n° 1 104), qui semble avoir été le livre de croquis d’un architecte-sculpteur, probablement du treizième siècle. Sur le 1er feuillet, on lit son nom : Wilars de Honecort vous salue; les quelques lignes suivantes servent d’intro luction au livre. « Voici un fait, » dit M. Jules Quicherat, « à mettre au nombre des plus curieux que recèle le livre de Wilars de Honecourt : cette application de la géométrie au dessin de la figure, tant de fois proposée depuis la renaissance, elle était connue et pratiquée au treizième siècle. J’en demande bien pardon aux hommes d’esprit qui, dans ces derniers temps, ont immolé l’art antique à celui du moyen âge, en prétendant que ce qui se faisait à une époque, avec les entraves de l’imitation matérielle, n’était dans l’autre que le produit de l’inspiration pure. Un bon dessinateur du bon siècle du moyen âge se charge lui même de leur prouver que ses contemporains et lui ne dédaignaient pas de chercher dans les prosaïques combinaisons de la géoiné-

trie les formes de la nature organique. Quatre pages du manuscrit sont remplies de ces combinaisons... » Plusieurs de ces dessins laissent trop sentir les triangulations de sa méthode , mais l’ajustement des draperies est si heureux que ce défaut est souvent effacé. Il paraît que Vilars de Honnecourt dessinait d’après l’antique et d’après nature; plusieurs dessins semblent le prouver d’une manière incontestable.

Page 33, entre les lignes 21 et 22, ajoutez : Adson, sculpteur et architecte, abbé de Montier-en-Der, prédécesseur de l’abbé Hugues.

Page 34, entre les lignes 2 et 3, nous ajouterons les renseignements suivants, récemment découverts, sur ces quatre artistes:

Willelmus, orfévre-émailieur, probablement de l’école de Limoges. Dans son Essai sur les Argentiers et les Emailleurs de Limoges , M. l’abbé Texier dit, page 60, que « le seul nom d’émailleur que les monuments nous révèlent au dixième siècle est celui du frère Guillaume. Sa signature est inscrite, en ces termes, autour de la douille d’une crosse attribuée, par Willemin, à Ragenfroi, évêque de Chartres, qui siégea de 941 à 960 :

f Frater Willelmus. me fecit.

Le pommeau et la plus grande partie de la volute de cette crosse sont décorés d’incrustations émaillées et de ciselures, représentant , avec l’histoire de David , des animaux fantastiques, dans un cadre d’enroulements fleuris et gracieux. » On en voit les gravures dans les Monuments français inédits , pl. xxx. Selon MM. André Pottier, Albert Way et Adrien de Longpérier, celte crosse serait du commencement du douzième siècle. Elle est conservée dans la collection de sir Samuel Meyrich, à Goodrichcourt, en Angleterre.

Etienne, 7e du nom, abbé de Saint-Martial de Limoges, orfévre-émailleur. Il fit, en 910, sur l’autel du Sauveur, une église ou une châsse en forme d’église, enrichie d’or, d’argent et de pierreries. (Essai sur les Argentiers et les Emailleurs , par M. l’abbé Texier, p. 56.) Au temps de l’abbé Wigo (974-982), la crypte d’or de Saint-Martial brûla. Le feu consuma les pierreries et les métaux. Mais, en quinze jours, Josbert, moine gardien du Sépulcre, refit une autre châsse, et l’orna de pierreries. Le même Josbert fil une image d’or représentant saint Martial, apôtre, assis sur un autel, bénissant le peuple de la main droite et tenant un livre de la gauche.

Les historiens Ademar et Itier ne sont pas moins explicites

sur la participation du frère Joffredus ou Josfredus à des travaux semblables. « Joffredus, dit la chronique d’Itier, fît deux croix d’or, et, de l’image qui était sur l’autel du Sépulcre, il fabriqua le reliquaire ( scrinium ) où repose le chef de l’apôtre. » — « Ce Josfredus, dit Adémar, de l’image d’or fit un petit reliquaire (loculum) où fut transporté le corps de saint Martial. Le même fit deux croix d’or et de pierreries. » ( Essai sur les Argentiers et les Emailleurs, par M. l’abbé Texier, p. 56-7.)

Tage 39, ligne 5, après le mot probabilités, ajoutez : Il mourut le 10 avril 1 029.

Page 41, entre les lignes 13 et 14, ajoutez : Etienne Itier, chanoine et cellerier de Saint-Front (Labbe, Bibliot. nov. Mss.), le pourvut de toutes choses nécessaires à son travail. Dans son beau livre sur les argentiers et émailleurs de Limoges, page 63, M. l’abbé Texier donne une citation du livre rouge de la mairie de Périgueux, faisant la description suivante du tombeau que vient de citer le savant Eméric-David , exécuté par Guinamundus :

« Entre les ruines, en fut faicte (par les protestants) une signalée du tabernacle où estoit gardé le chef de saint Front, et plusieurs autres sainetes reliques, lequel estoit édifié en rond, couvert d’une voûte faicte en pyramide, mais tout le dehors estoit entaillé de figures de personnes à l’antiquité, et de monstres, de bêtes sauvages de diverses figures, de sorte qu’il n’y avoit pierre qui ne fust enrichie de quelque taille belle et bien tirée, et plus recommandable pour la façon fort antique, enrichie de pierre de vitre (de verre) de diverses couleurs, et de lames de cuivre dorées et émaillées .» ( Antiquités de Vèsone, par M. de Taillefer.) M. l’abbé Texier a eu le bonheur d’acheter un débris de châsse, orné d’incrustations bleues et de rosaces de plusieurs couleurs. Il en donne, page 62 de son Essai , la description suivante : « Une figure de saint est ménagée sur le plat du cuivre et même niellée ; elle représente un personnage vêtu de la tunique et de la dalmatique. Sa main droite porte un livre ; à sa gauche, dans une ligne perpendiculaire, se lisent ces mots :

Fr. Guinamündus. »

M. l’abbé Texier pense que Guinamundus appartient à l’École de Limoges. L’opinion de ce laborieux savant est une trop grande autorité, pour que nous ne la partagions pas entièrement.

Nous ajouterons, à celle époque, un architecte -sculpteur nommé Vulgrin, probablement évêque d’Angers, auteur des

sculptures de l’église Saint-Serges d’Angers. Il avait aussi travaillé, de 1055 à 1064, à la cathédrale du Mans.

Page 42, après la deuxième ligne, ajoutez, aux artistes que ie savant Emeric-David vient de nous faire connaître, les cinq autres qui suivent: Yitalis (Mathieu), orfèvre de Limoges; Henri le Bon, abbé de Gorze, diocèse de Metz, sculpteur-architecte : après une longue administration , pendant laquelle il exécuta des œuvres considérables, même en Belgique, il mourut à Metz, le 1er mai 1093; l’abbé Warin, probablement abbé de Saint- Arnould, diocèse de Metz, également sculpteur-architecte [Hist, de Metz, t. III, p. 65 etsuiv., par M. Emile Bégin) : il a érigé l’église de Saint-Arnould. M. Bégin a donné, d’après un poème contemporain, une description de cette célèbre basilique de Saint- Martin, qui permet d’apprécier le style des sculpteurs messins. Dans l’église de Saint-Benoît sur-Loire, on lit, sur un des chapiteaux du porche, qui est du onzième siècle :

Umrertus me fecit.

Nous terminons le onzième siècle par le sculpteur Robertus. M. Thomas Wright, correspondant de l’Institut de France à Londres, un des plus savants archéologues d’Angleterre, a lu sur des chapiteaux de l’égli* abbatiale de Ramsey : Robertus me fecit. — Roberte tute consule . Les caractères paraissent être du dixième ou du onzième siècle. Ces inscriptions en rappellent d’analogues qu’on voit en France.

Dans l’église de Saint-Ré vérin (Nièvre), M. Didron aîné a lu, à la base d’une des colonnes, dont les chapiteaux sont romans et couverts de sujets tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament, le nom dû sculpteur, deux fois répété :

Rotbertus me fecit.

Robertus me fecit.

Page 4 4, après la ligne 4, on lit : nommé Lambert ; ajoutez que le savant abbé Texier, dans son Manuel d'Epigraphie (p. 132), signale ce même nom de Lambert, gravé dans une inscription, en caractères du douzième siècle, placée autour d’une couronne encadrant une croix. Cet objet aurait servi de table d’autel à Saint-Martial de Limoges. Est-ce le même artiste dont il est ici question?

Nous avons dit, dans le chapitre Sculpture, qui fait partie d’une grande publication, le Moyen Age et la Renaissance (t. V) : « Ces moines artistes... ennoblissaient les églises par des sculptures, œdificiis nobilitanl; abbés ou pontifes, ils y travaillaient

de leur propre main, facultatis suœ laboratione et nmnuum operaiione restaurant. On était même allé plus loin : on s’était dit que la Vierge seule pouvait inspirer tant d’admirables œuvres, manum direxisse traditur ; et l’artiste modeste, faisant volontiers abnégation de son mérite personnel, avait, aux voussures de plusieurs églises, inscrit le nom de Marie comme sculpteur, hoc panthema pia cœlaverat ipsa Maria. »

Presque dans le même siècle, en présence de l’iiumililé de ces pieux artistes, nous rencontrons déjà l’orgueil dans un sculpteur laïque : maître Gilabert.

Page 48, ajoutez, à la fin de cette page, le nom de l’orgueilleux Gilabert. Sur une statue de saint Thomas, presque bas-relief, en marbre des Pyrénées, du onzième ou du douzième siècle, provenant de la chapelle du chapitre de Sainl-Eslienne, aujourd’hui placée dans le Musée de Toulouse, sous le n° 4 GO, on lit sur la plinthe: Gilabertus me fecit. Sur une autre statue de la même provenance, représentant saint André, conservée daus le même Musée, sous le même numéro, on lit: Vir non incertus me celavit Gilabertus, selon le Catalogue de ce Musée. M. Didron aîné, dans les Annales archéologiques, tome 1er, page 78, dit avoir lü : Vir nonincei^us Gilabertus me celavit. Le savant directeur des Annales ajoute : « Ce vir non incerlus (un homme que tous connaissent fort bien) me paraît un peu orgueilleux. »

Au revers du sceau de Gérard Adhemar, seigneur de Grignan, qui est, selon M. Félix Bourquelol, de la fin du onzième ou du commencement du douzième siècle, on lit : Matheus me fecit.

M. Didron a lu, au centre du linteau de la porte de Saint-Ursin de Bourges : Girauldus fecit istas portas. ( Annales archéologiques, t. 1, p. 78.)

Dans l’église byzantine de la Cité, à Périgueux, on voit le tombeau d’un évêque, nommé Jean, mort en 1 1 G 9 . Au-dessus de son épitaphe, on lit, en caractères du douzième siècle : Constantinus de Jarnac fecit hoc ofus.

Raimundus, architecte e sculpteur au douzième siècle. Le chapitre de Hugo, en Espagne, passe un contrat avec lui pour l’œuvre de la cathédrale, moyennant 200 solidos de salaire annuel. Après sa mort, ce fut un Espagnol, Montforte de Lemos, qui acheva le travail, en 1 1 7 7 .

Guillaume, prieur de Flavigny, Philippe, abbé d’Elanche, et Garin, désigné dans quelques manuscritssous le nom de Garini; ces trois sculpteurs et architectes appartiennent à l’École messine

et lorraine*. Le premier a travaillé, vers la fin du douzième siècle, à la réédificalion de plusieurs églises dévorées par les incendies. Philippe y prit une part aussi zélée que Guillaume, et Garin les aida dans tous ces grands travaux.

Voici les noms, déjà connus, de quelques orfèvres émailleurs de l’illustre École de Limoges au douzième siècle. Nous puisons les renseignements suivants, dans l 'Essai sur les Aryentiers et les émailleurs de Limoges , du à la science et au zèle de M. l’abbé Texier, qu’on cite toujours avec plaisir.

Isembertou Hysembert, abbé de Saint-Martial, qu’il gouverna de 1174 a 1 178. « Geoffroi nous apprend, dit M. Texier, page 66, qu’il bâtit l'infirmerie des pauvres, à la ressemblance d’un palais royal, et qu’il composa, pour Saint-Alpinien, une châsse, d’un ouvrage admirable: Isemberlus capsam sancti Alpiniani opéré mirabili composuit.

Sur la belle châsse de saint Calminius, exécutée vers 1172, on lit : Petrus abbas mauziacus fecit capsam precio. — Pétris abbas m. « On peut vraduire, dit M. Texier (p. 66), cette phrase, de telle sorte, qu’il ne resterait à l’abbé Pierre, que la gloire d’avoir commandé cette châsse. » M. l’abbé Texier pense qu’on peut attribuer la confection de ce célèbre reliquaire à Pierre II ou à Pierre III. « Celte châsse porte, dans l’ensemble comme dans les moindres détails, l’empreinte du style limousin du dernier tiers du douzième siècle. »

Reginaldus, religieux de l’abbaye de Grandmont ; son nom se lit sur une châsse émaillée de sainte Al bine, compagne de sainte Ursule. Celle châsse, ornée de sujets de la légende de sainte Ursule, appartenait à l’abbaye de Grandmont; elle fut donnée, en 1790, par l’évêque constitutionnel de Limoges, à l’église de Saint-Priesl-Palus, du même diocèse- Elle a été perdue, sinon fondue, pendant la Révolution. (M. Texier, p. 78.)

Pons de Monlpezat, abbé de Saint-Saturnin de Toulouse, mort en 1 183. Dans cette même église, on conserve deux châsses, et sur l’une d’elles, on lit : « Pons, abbé de Saint-Saturnin. «Cette châsse paraît consacrée à sainte Hélène. Les parois de cuivre, recouvertes d’un émail, sont ornées défigurés dorées. Parmi les abbés de Saint-Saturnin, un seul a porté le nom de Pons; c’est Pons de Monlpezat, qui prit possession en 1 176. La châsse dont il s’agit, doit donc être de cette époque. Maintenant, l’abbé Pons était-il orfèvre?

Laconcue (Guillaume), religieux de l’abbave de Saint-Martial de Limoges pendant le douzième siècle. Dans un inventaire de son abbaye, manuscrit n° 1139 de la Bibliothèque nationale de

Paris, on lit ; Duo candelabra deaurata que fVilélmus La coucha fecit... Tria auricularia et unxirn auriculare novum quodfecit fVilélmus Laconcha. (Bull. Archèol ., t. IV, p. loi.)

Page 54, ligne 28, on lit : Le grand portail de Notre-Damede-Paris fut commencé vers Van 1180, et terminé vers 1208.

M. Emeric-David emprunte cesdates à Félibien ( Hist.dela mile de Paris, 1. 1, p. 200). MM. Lassus et Viollet-le-Duc, dans le mémoire qui accompagnait leur projet de restauration (p. 13), disent : « Lebeuf nous apprend que c’est en 1218 que l’on abattit la vieille église Saint-Etienne, qui gênait la construction de la partie méridionale de la nouvelle basilique , et que le bas-relief du tympan de la porte Sainte-Anne, sur la façade de Notre- Dame, provient de cette vieille église, ainsi que les statues qui décoraient le parvis de celte porte, avant 1793. »

Page 109, ligne 27. Nous ajouterons ici, pour mémoire, le nom de Vilars de Honnecotjrt, que nous avons déjà cité (p. 294). Cet architecte-sculpteur était né à Honnecourt, à trois lieues de Cambrai. M. Jules Quicherat, dans sa Notice sur Vilars, dit : « Qu’il partit pour la Hongrie vers 1244. » De retour en France vers 1247, il est présumable, et toujours d'après les dessins de l’album de Vilars, qu’il travailla à la cathédrale de Cambrai jusqu’en 1251, où l’on suspendit les travaux. M. Louis Dussieux pourrait recueillir ce nom et l’ajouter à la longue nomenclature qu’il a publiée dans un livre (Les Artistes français à V Etranger, in- 12 de 160 pages) plein de recherches consciencieuses qui le rendent très-utile à l’histoire de l’art moderne.

Page 111, ligne 1 3 , on lit : En 1318, mourut Jean de Sieinbach. So i nom est Erwix de Sleinbach, originaire de celte ville, dans le duché de Bade. Si j’insiste sur le nom d’Erwin, c’est que l’un de ses fils se nommait Jean, et qu’il remplaça son père comme architecte de la cathédrale de Strasbourg. Il fit aussi la charmante église de Thann. Erwin mourut à Strasbourg, le 16 février 1318, et fut enterré dans le cloitre de la cathédrale, à côté de Ilusa, sa femme, morte le 21 juillet 1316. Sa fille Sabine, outre la statue de son père qu’elle sculpta, fit, pour le portail du midi, sur le trumeau, la statue de Notre-Seigneur, entre les douze apôtres. La statue de saint Jean tenait à la main ces deux vers, pour prouver que cette statue avait été sculptée par Sabine :

Gralia divinx pietalis ailcsto Savinae.

De pelra dura, per quam sum facla figura.

Ici, nous ajouterons plusieurs noms, connus depuis quelques années seulement :

Giraudus de Cornossa, magister simulacrorum. C’est dans f le grand Carlulaire de Sainl-Eiienne de Bourges (vol. I. fol. 65 (

verso), que M. Louis Raynal a lu : Petitus de f oille Charrier et f rater ejus Giraudus de Cornossa magister simulacre rumf dans un acte de 1 224, contenant remise de la morlaille, faite par le chapitre de Bourges à cet artiste demeurant dans cette ville. Suivant M. de Girardot, Cornossa signifie Cornuse , aujourd'hui commune du canton de Nérondes, arrondissement de Saint-Amand, département du Cher. Magister simulacrorum, maître des figures, des statues, des images, est, selon M. Didron aîné, une qualification encore unique jusqu’à présent. {Bull, Arehèol. , t. Il, p. 337). Dans le même Cartulaire de Saint-Etienne, à Fa même page, contenant aussi remise de la morlaille pour les deux artistes qui suivent, le premier est qualifié de magister de capsa , maître des châsses à Bourges : Li Flàmans; l’autre se nommait Martinus: il est qualifié de lap tomus pour lalhomus.

Wolbero ou Volbert, sculpteur-architecte de l’Ecole lorraine, a travaillé à la construction de l’église des Saints-Apotres, à Cologne, depuis 1219 jusqu’en 1548. Gérard, sculpteur-architecle de la même école, succéda à Volbert et continua cette construction jusqu’à la fin du siècle.

Langlois (Jean), probablement né à Troyes; il y était domicilié, maître de l’œuvre de Saint-Urbain. Son nom se lit dans une bulle du pape Urbain IV, datée de 1567. Sur les dix mille marcs d’argent qu’avait envoyés Urbain IV, il reçut, comme maître de l’œuvre , deux mille cinq cents livres. Mais il abandonna ce travail, pour aller à la croisade.

M. Didron aîné, dans un remarquable Rapport adressé à M. le comte de Salvandy, signale, page 14, le nom de Robin, sculpté en caractères du treizième siècle sur le porche nord de la cathédrale de Chartres.

A Rouen, dans la cathédrale, à la clef de voûte de la dernière travée de la nef, représentant l’Agneau de Dieu, on lit : Durandus me fecit, en caractères du treizième siècle gravés dans la pierre. »

Jean Davi, de Rouen, sculpteur et architecte de la cathédrale.

Il a élevé le portail nord et sculpté le bas-relief du tympan de la porte, représentant les bons et les méchants. En 1278, vers la fin de décembre, il visitait, en sa qualité de maître de l’œuvre, le réservoir de la fontaine de la cathédrale.

Dans une charte donnée à Etretat, et conservée dans les Archives de la Seine-Inférieure, on lit qu'entre les années 1218 et 1238, Garnier de Fecamp et Anquetil de Petitville, sculpteurs, travaillaient à Notre-Dame d’Etretat.

Terminons cette liste de sculpteurs-architectes du treizième siècle, par trois sculpteurs-orfèvres et un sculpteur-forgeron.

Chatard, orfèvre de l’École de Limoges, promit, en 1209, de donner une coupe d’argent émaillé, à l’abbaye de Saint-Martial, pour conserver le corps du Sauveur. M. l’abbé Texier ( Essai sur les Argentiers , p. 82) dit qu’il « accomplit sa promesse, le jour des Rameaux; et ce don lit substituer l’usage d’un ciboire à celui de la colombe, pour la conservation de la réserve de l’Eucharistie, destinée aux malades. »

Dans la collection des émaux, au Louvre, n° 31, on lit: Magi. ter : g : alpais : me fecit : LEMOviCARUM , dans une banderolle circulaire, entourant une figure d’ange gravée dans l’intérieur de la coupe d’un ciboire (provenant de la collection Révoil, n° 98), avec couvercle, en cuivre doré, ciselé, émaillé et enrichi de pierres fines. MM. du Sommerard ( Atlas des Arts, pl. III, cliap. xiv), l’abbé Texier et le conservateur de cette collection du Musée supposent qu’il appartenait à l’abbaye de Montmajour, près d’Arles. ( Notice des émaux exposés dans les galeries du Musée du Louvre . p. 4 7.)

M. Labarte, Description de la collection Debruge-Dumenil , page 147, dit: « M. Albert Way cite, dans the Ar cheological journal , n° de juin 1 84 5, un manuscrit de la bibliothèque d’Antony Wood, où l'on apprend qu’en 1267 un artiste de Limoges, maître Johannes Limovicensis, fut chargé d’exécuter le tombeau et l’effigie couchée de Walter Merton, évêque de Rochester.

Les célèbres pentures des portes de Notre-Dame de Paris passent pour avoir été faites vers 1534 ; celte attribution au seizième siècle est fausse, car elles sont du treizième siècle, et forgées, dit-on, par Biscornette.

Page 112, ligne 13, on lit; « Le statuaire qui, en 1375, sculpta le mausolée de Thévenin, se nommait Hennequin de la Croix. Les pièces d’argenterie à figures, présentées au nom du roi (Charles vj à l’empereur Charles IV, en 1 378, étaient l’ouvrage d’un orfèvre nommé aussi Ileunequin. Ce nom désigne-t-il deux fois le même artiste? Il n’existe là-dessus aucun renseignement. » Nous pensons que ce nom ne désigne qu’un seul artiste. Voici nos motifs; Dans le mois de décembre 1368,

Charles V ordonnançait, au profit d’un sculpteur nommé Henné quin de Liège , auquel il avait confié l’exécution de son tombeau, un à-compte « de trois cenz franz, en rabat de la somme de mil franz d’or, en laquelle nous sommes tenuz à lui à cause d’une tumbe d’albastre et de marbre que nous lui faisons faire pour nous. » Citation empruntée au savant directeur du Musée des Antiquités de Rouen, M. A. Deville (Tombeaux de la cathédrale de Rouen, p. 175). Ce monument, destiné à la cathédrale de Rouen, y fut placé, mais il avait été détruit, longtemps avant la Révolution, car, en 1710, la statue était déjà déposée dans la chapelle de la Sainte-Vierge.

Nous pensons que ces mots : « Hennequin de Liège , » signifient simplement que Hennequin était né à Liège. Quant à son nom de famille ou à son surnom d’artiste, c’était sans doute de la Croix. Il n'y a donc ici qu’un seul sculpteurorfèvre sous deux dénominations différentes : Hennequin de la Croix.

Page 114, à la fin de la page, ajoutez : Mathias d’Arras, sculpteur - architecte, né à Arras, mort à Prague en 1 352. En 1343, il commença les travaux de la cathédrale de Prague, et en suivit les développements jusqu’en 1352 , époque de sa

mort.

Pierre de Boulogne, né à Boulogne, sculpteur-architecte, élève de son père, Henry Arter, de Boulogne, achève, en 1386, la cathédrale de Prague.

Le chanoine Polet, sculpteur-architecte, mort le 23 septembre 1363, lequel, « pour ses mérités d'artiste , » reçut dans la cathédrale de Metz une sépulture somptueuse. (Voir mon chapitre Sculpture, fol. 15, dans le Moyen âge et la Renaissance.)

Perat (Pierre), architecte, ingénieur civil et sculpteur, mort en 1 400 , dont l’effigie fut dressée dans la cathédrale de Metz. Il avait construit trois cathédrales. Ce fut un des plus grands artistes dont la France doive s’honorer. (Voir la savante Histoire de Metz, par M. Emile Bégin.)

Alaman (Jehan et Henri), sculpteurs à Montpellier, entre les années 1331 et 1360.

Aguillon de Droues. On lit ce nom au bas de l’histoire de Noé, sculptée au portail principal de la cathédrale, de Bourges.

Walch, sculpteur alsacien, enrichissait sa province de remarquables sculptures.

Denizot et Drouin de Mantes, sculpteurs, ont travaillé au jubé, aujourd’hui détruit, de la cathédrale de Troyes. Le marché, passé avec le chapitre, est daté du 2S octobre 1382.

Jacques des Stalles, sculpteur en bois, sculptait, en 1 370, les stalles de la chapelle Saint-Laurent, dans le palais archiépiscopal de Sens.

Lebraellier (Jean), sculpteur de Charles V. Dans l’Inventaire de Charles V (Bibliolh. nation., Ms. n° 8756, fol. 232), il est nommé comme ayant sculpté «deux grands beaulx tableaulx d’yvoire des Trois Maries. » Citation empruntée à M. Jules Labarle. (Descript. de la coll. Debruge-Dumenil , p. 28.)

A Orléans, Girard sculptait, pour leroy , ung tableaulx de boys , de quatre pièces.

Nous ajouterons aussi, à cette liste de sculpteurs, quelques orfèvres de différentes Écoles.

Piguigny (Jean de), orfèvre du duc de Normandie, qui devint roi sous le nom de Jean II, dit le Bon; Piguigny lui fit, vers 1350, son diadème royal.

Claux de Fribourg, orfèvre, fit, pour le meme prince, une statuette d'or représentant saint Jean-Baptiste et une superbe ‘croix également en or.

Henry, orfèvre du duc d’Anjou, frère de Charles V. Dans l’Inventaire du duc d’Anjou (Bibliolh. nation., Ms. Supplèm. français. u° 1278), daté du commencement de l’année 1360, on lit : « De l’or que Ilenry, nostre orfèvre, a pour la grant nef que il fait, compte avec lui, au mois de mars l’an M. CCC. LXVIII. fu trouvé que il avoit CCC. XLV11I. (marcs) au M (marc) de Troyes. » Une nef était un coffre, en forme de vaisseau, fermant à clef, qui se plaçait sur la table d’un roi ou d’un prince, et qui servait à renfermer le gobelet et les divers ustensiles à son usage particulier. Voir la savante Description de la Collection Debruge-Dumenil, p. 231, par M. Jules Labarte.

Le frère Marc de Bridier, orfévre-émailleur, de l’École de Limoges, gardien du trésor de l’abbaye de Saint-Martial. Dans un inventaire de Saint-Martial, fait en 1 4 94, on lit ; « Item, dans la chapelle de Saincte-Valérie, la chapse de monsieur sainct Nice, de lélon doré et esmaglié , avecque tigures anchienues, et d’un coslé sont les vers :

Me rubrefcc.it iïater Marcus de Briderio Anno milleno, bis centum, bis ocluageno. »

( Essai sur les Argentiers, par M. l’abbé Tcxicr, p. 84.)

B. Vidal, orfévre-émailleur* de l’École de Limoges, demeu-

rant à Avignon. En 1378 , le pape Grégoire XI, né près de Limoges, envoyait à l’abbaye de Saint-Martial, par le cardinal de Croso, une coupe d’or émaillée à ses armes, formées d’une boule accompagnée de six roses en orle. Au-dessous, se lisait l’inscription, que M. l’abbé Texier rétablit d’après Legros :

PP. GREGORI DONET AQUESTAS COPPAS L’AN M. CGC. iïfl. B VIDAL MA F.

Le 20 février 1389, on rencontre un nommé Barth. Vidal; estce le même artiste? Nous ne savons; mais cela paraît probable. Il aurait quitté Avignon, après le départ de la cour pontificale, le 17 janvier 1377, pour retournera Limoges. Baithélemi Vidal était membre de la confrérie de Saint-Eloi et un des rédacteurs des ordonnances relatives à sa profession. Grégoire XI était son compatriote et pouvait être son protecteur : ce pape mourut à Rome le 28 mars 1378.

Hance Crest ou Croist, orfèvre et valet de chambre du duc d’Orléans. Il lit, pour ce prince, de 1394 à 1397, des ouvrages d’or et d’argent.

Nous terminons cette liste des sculpteurs du quatorzième siècle, par un graveur nommé Pierre Hure. Il fit le sceau et le contre-sceau du bailliage de Champagne, en 1393.

Page 120, après la ligne 20, ajoutez : Le Musée de Dijou conserve le tombeau de Philippe le Hardi, exposé sous le n° 64 0. La destruction des tombeaux des ducs de Bourgogne avait été résolue parla Commune, le 23 frimaire an II (l 3 décembre 1793); l’arrêté ordonnait la mise en blocs des monuments, ainsi que la conservation de ces mêmes blocs. Quelques années plus tard , l’administration prit le parti de remettre tous ces fragments à M. Saint-Père, professeur d’architecture à Dijon. Enfin, en 1818, après plusieurs demandes, M. Saint-Père obtint du conseil-général la somme de 25,000 francs pour restaurer ce beau tombeau , auquel il ne manque que les deux statuettes en marbre blanc, qui étaient dans le cabinet de Vivant-Denon , n° 704 : l’une représente un moine couvert de son capuchon, et l’autre est vêtue d’une tunique et d’un manteau. Cette restauration fut terminée en décembre 1827, ce qui explique pourquoi M. Eméric- David croyait ce monument entièrement détruit.

Dans le même M usée de Dijon, nos 831 et 832 (Livret de 1834), on voit les .bustes de Philippe le Hardi et de Margue-

rite de Flandre, moulés sur les figures du portail de la Chartreuse de Dijon, sculptées par Claux Sluter. A Dijon, on voit encore, au Puits de Moïse, les six statues qu'il y sculpta. Les registres de l’ancienne Chartreuse de Dijon semblent indiquer que les statues de la sainte Vierge, celle de saint Jean et celle de sainte Catherine étaient sorties de son ciseau. M. deSainl-Mesmin, savant archéologue , est tenté de penser que Claux Sluter en a seulement dirigé l’exécution. Dans les travaux du portail, il fut aidé par Claes Vandeverbe (attire neveu', Hennequin Prindale, Wuillequin Smont et Hennequin Vascoquien.

Le troisième associé à l’exécution du beau monument de Philippe le Hardi, était, comme le dit M. Eméric-David, Jacques de la Barse, dont le vrai nom est Baerz; il était chargé de lu sculpture d’ornements. Le Musée de Dijon conserve deux de ses ouvrages, numéros G50 et 651 : ce sont deux retables en bois, ou chapelles portatives des ducs de Bourgogne, faits, en 1391, par ordre de Philippe le Hardi, pour la décoration de l’église de la Chartreuse qu'il avait fondée, huit ans auparavant, à Champmollès-Dijon. Leur hauteur est d’environ 1,65; ouverts, ils ont environ 3 mètres de développement. L'un des deux est orné de peintures attribuées à Melchior Brœderlam, peintre de Philippe le Hardi : les sculptures en bois représentent LAdoration des Mages (9 figures), le Calvaire (20 figures) et l'Ensevelissement (8 ligures). L’autre retable offre pour sujets la décollation de saint Jean-Baptiste, une scène de martyre et la Tentation de saint Antoine ; dans ces trois sujets, on compte 17 figures.

Page 125, après la ligne 18, ajoutez : Pour bien caractériser le rapport et la différence des tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean Sans-peur, je transcris un titre de la Chambre des Comptes, imprimé dans le Livret (p. 129) du musée de Dijon :

« Du compte de Jehan Visen, pour l’année finie en 1 444. — Transcript du marché faict par Jehan de la Verta, dit d’ Aroca, du pays d’Aragon, tadleur d’ymaiges, demeurant à Dijon, avec monseigneur le duc (s’adressant à la personne de messieurs les gens de ses comptes), etc., etc.

» Pour la sépulture de monseigneur le duc Jehan et de madame Margueriie de Bavière, sa femme, moyennant le prix et somme de 4 000 livres, qui seront payés en quatre ans ; le marbre noir et six pierres d'albàtre des perrières de Salins (fournis); laquelle sépulture serait de telle longueur et hauteur, et d’aussi bonne pierre et matière qu'estoit celle du duc Philippe ( le Hardi), ayeul dudit duc (Philippe le Bon): et seront mises sur

lesdictes sépultures, les ymaiges et représentations des personnes dudict duc et de la duchesse, sa femme, selon le pourtraict qui lui en sera baillé. Plus, à la teste d’une chacune desdicies ymaiges, y auroit deux anges qui tiendront, savoir : ceux qui seront audessus de la teste dudict duc, un heaume, et les autres qui seront à la teste de ladicie duchesse, un escu armoirié de ses armes. Plus, feroit, autour de ladicte sépulture, ymaiges tant pleurans que angelois; sur lesquels angelots (petits anges) il ferait des tabernacles (des dais), ce qui n’estoit en la sépulture du duc Philippe (le Hardi). »

Page 136, ligne 5. Il s’agit de la construction du château de Gaillon. M. Eméric-David dit : « Puisque l’édifice fut commencé en 1505, et que Giocondo, appelé par Louis XII en 1499, repartit pour P lia lie au commencement de l’année 1506. » Nous venons confirmer l’opinion de ce savant et faire connaître le nom du principal architecte, par des extraits de pièces authentiques, nouvellement publiées par M. A. Deville, conservateur du Musée des Antiquités à Rouen. « Le nom de Pierre Pain, qui tient une si large et si brillante place dans la construction du château de Gaillon, était resté jusqu'à ce jour complètement inconnu. » (Comptes des dépenses du château de Gaillon, p. xcix.) Pierre Pain, « maistre maçon demourant à Rouen, » est l’auteur de la belle façade, provenant du château de Gaillon, placée dans la grande cour de l’Ecole des Beaux-Arts, à Paris : celte façade donnait passage, de l’avant-cour du château, à la cour principale. Pierre Fain entreprit ce travail pour la somme de 650 livres (p. 431). Les derniers payements datent du 29 septembre 1509. Le premier à-compte est ainsi écrit dans le registre des dépenses : « Audit Fain et ses compagnons, la somme de six-vingts-six livres XVS sur ce qui leur peut eu pourra estre deu sur le portail qui clost la court, par quictance et mandement du IXe décembre Ve huit, VIXX VI1 XV8. »

De tous les marchés faits pour le château de Gaillon, le plus considérable est celui qui fut fait le 4 décembre 1507, par Pierre Fain « et ses compagnons, à présent besongnans au chasteau de Gaillon : » il se. monte à la somme de 18,000 livres, pouvant représenter de nos jours, environ 350,000 francs. Ce marché n’est pas encore retrouvé; mais, par les dépenses inscrites dans le registre des Comptes, on sait qu’il s’agissait de la construction de la chapelle et du grand escalier qui y conduisait. Le 29 septembre 1509, Pierre Fain touchait le solde (1 8,000 livres) de son marché. A peine deux années pour élever et sculpter ces grands

et riches travaux , avec le concours de « ses compagnons ! » M. Deville suppose, et cela paraît probable, que les « consignons » de Pierre Fain étaient Guillaume Senault et Jehan Fouquet, qui, du reste, sont nommés tous deux, à la page 319. Ces trois artistes étaient architectes et sculpteurs ; les Comptes prouvent qu’ils ont fait, sinon des statues de grande dimension, du moins toutes les arabesques avec les figures humaines et les médaillons : le fragment, placé à l’Ecole des Beaux-Arts, peut donner une grande idée de leur belle exécution.

Pierre Fain recevait, le 25 septembre 1509 , 3241 10" pour « deux demyes croisées et une lucarne au grant corps d’oslel. » Celte somme fait supposer qu’il y avait beaucoup de sculpture et de statuaire, car elle représenterait environ 6,000 francs, d’après le prix des choses nécessaires à la vie et d’une consommation quotidienne.

Page 136, ajoutez après la 16e ligne : Cette fois encore Eméric-David affirmait que Paul-Ponce Trébatli n’était pas l’auteur du bas-relief en marbre provenant de la chapelle du château de Gaillon , représentant saint Georges terrassant le dragon. Aujourd’hui, ce bas-relief est placé au Louvre dans le Musée de la Sculpture du seizième siècle. Nous venons appuyer l’affirmation de l’illustre savant, par un document qu’a publié M. Deville dans les Comptes des dépenses du château de Gaillon (p. 419). « La table d’ostel de marbre ou sera le saint Georges. A Michault Coulombe, sur le marché à lui fait pour la façon de faire le saint Georges, tailler et graver sur led. marbre, par certification de Patris Binet, du XXVe jour de février Ve huit pour ce, cy, IIIe1. » Ce bas-relief fut sculpté à Tours, où demeurait Michel Coulombe ; ce fait est prouvé par « la somme de 17 livres 7 solz et 6 deniers de reste de LV111 VIIS VId, pour avoir mené de Gaillon à Tours la tumbe ou table de marbre où sera le saint George en la chapelle, » à Géraulme Pacherot, architecte-sculpteur italien, établi à Amboise.

A Gaillon, ce bas-relief était encadré de pilastres et d’une corniche en marbre, qui sont restés dans la galerie d’Angoulême, au Louvre, où M. Fontaine s’en est servi pour décorer la cheminée.

Nous reviendrons sur Michel Coulombe, à propos des statues des tombeaux de l’église de Brou.

Page 150, après le 6e ligne, ajoutez : Simon Lerov, imagier, avait exécuté, pour la même église, six anges destinés à la décoration du jubé, qui fut démoli depuis pour la construction de celui de Pierre Lescot.

Page 150, après la 15e ligne, ajoutez : Richard Taurigny, que Cicognara (Hist. de la Sculpt., t. V, p. 530) nomme Taurini, fit les belles stalles de la cathédrale de Milan, et à Padoue les stalles de l’église de Sainte-Justine. Un auteur italien, dans Y Histoire de Padoue, dit que Taurigny est un nouveau Cellini, pour son talent et pour son humeur ( humore ).

Page 151, après la 24e ligne, ajoutez, aux artistes déjà cités, ceux dont les noms suivent, pour terminer le quinzième siècle.

A Rouen, en 1 407, l’architecte Jensen Salvart reconstruisait le grand portail de la cathédrale et faisait exécuter les statues par les « imaginiers » Le Maire, Uehan Lescot et Jehan Leiiün. Je suppose que ce dernier est cité, par notre savant historien (p. 1 53), sous le nom de Jean de Loijen.

Arnaud, sculpteur à Perpignan, y passe un marché, le 10 avril 1414 , pour la construction d’un retable destiné à l’église de Bayes (canton de Thuir, arrond. de Perpignan, départ, des Pyrénées-Orientales).

A Metz : Rogier, sculpteur et architecte, mort le 1 1 février 1 4 4 G , avait travaillé aux cathédrales de Metz et de Toul ; Grant-Jeiian, autre « tailleur d’imaiges, » que la chronique qualifie : « grant ovrier. «

Dotzinger (Josse), né à Worms , architecte et sculpteur, succéda à Jean Hüllz, mort en 1449 , comme architecte de la cathédrale de Strasbourg. Dotzinger fut reconnu architecte de la cathédrale, dans une assemblée tenue à Ratisbonne, le 25 avril 1459. 11 avait exécuté, en 1443 , les fonts baptismaux (gravés dans l’Atlas de M. de Caumont, pl. 90).

M. Langlois, de Pont-de-l’Arche , dans son livre sur les Stalles de la cathédrale de Rouen, nous fait connaître Philippot Viart, maislre huchier de Rouen. Il avait fait le plan et les dessins des stalles de la cathédrale de cette ville, et il avait été chargé, le 30 septembre 1 457, d’en diriger l’exécution. Il faut cependant en excepter la chaire archiépiscopale.: elle avait été faite par Laurens Adam. Philippot Yiart, ainsi que les huchiers placés sous ses ordres, était payé à tant par jour; il recevait

5 sols 1 0 deniers, et son aide, qu’on appelait son varlet , 2 sols

6 deniers. Les ouvriers recevaient, depuis 4 sols 6 deniers par jour, jusqu’à 5 sols. — On visite, dans son atelier, le 9 février 1458 , une stalle qu’il avait» terminée pour servir de modèle à l’exécution des autres. — Le chapitre de la cathédrale nomme, le 2 juin 1466, une commission pour l’obliger à placer la plate-forme des stalles; et huit jours après, le même chapitre

le menace de toute sa sévérité, s’il ne presse plus activement son travail. Enfin, le 6 avril 1467, il fait placer les premières stalles. Le 3 septembre 1 467, Philippot Viart comparaît devant le chapitre assemblé, dont la décision est la menace du bras séculier, s’il ne met pas plus d’activité dans ses travaux, et le 24 novembre suivant, encore de nouvelles menaces. Le chapitre décide, le 1 9 janvier 1468, le renvoi de Viart, et son expulsion, avec sa famille et ses meubles, de l’atelier qu’il occupait ; il décidé, en même temps, qu'il sera exigé de lui caution pour la communication de ses pians et dessins, et qu’on demandera sa mise en prison et la saisie de tous ses biens. La plus grande partie de celte décision ne fut point exécutée, jl resta libre ; mais on doit croire qu’il fut chassé de son atelier. Ce chef-d’œuvre de la sculpture en bois fut entièrement terminé l’année suivante; les comptes de la fabrique mentionnent la dernière quittance, s’élevant à la somme de 980 livres 8 sols 1 1 deniers, sous la date de 1469. Le total de la dépense, pendant ces douze années, fait la somme, énorme pour le temps, de 696 11 12s 5d, qui vaudrait, aujourd’hui, au moins 130,000 francs.

Langlois, de Pont-de-1’ Arche , cite encore dans son livre sur les Stalles de la cathédrale de Rouen , trois autres sculpteurs en bois. Le 30 septembre 1457, Laurens Ysbre recevait « xxxv solz, » pour des façons « de feuilles de choux et de chardons. Paoul Mosselmen avait sculpté, aux stalles, soixante-quatorze statuettes, au prix de 20 solz la pièce, du 2 août 1458 à 1466 (beaucoup de ces statuettes sont détruites). François Tkubërt, commence à y travailler en 1461, et l’année suivante, il avait fail 36 statuettes, dont le prix était fixé à 25 sols chacune ; mais, en avril 1 462, on lui paye un saint Georges : 37 sous 6 deniers.

A Saint-Claude (Jura), dans l’église Saint-Pierre, on voit encore les stalles, sculptées, en 1465, par Jehan de Vitry. Voici l’inscription gravée sur une de ces stalles : mil lxv quatre cens

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