CHAPITRE Y
Sculpteurs français des treizième et quatorzième siècles.
Le commencement du treizième siècle nous offre, relativement aux moines artistes, un document bien propre à nous faire juger du défaut d’émulation que devaient éprouver ces hommes voués à l’obéissance. C’est un statut, fait ou peut-être renouvelé en 1 226, pour les monastères de l’ordre de Saint-Benoît de la province narbonaise : « Que les médecins, y est-il dit, que les écrivains et les » autres artistes (appartenant à nos monastères), exercent leur » art en toute révérence et soumission, si leur abbé le leur permet. n Mais si quelqu’un d’entre eux s’enorgueillit à cause de son ha- » bileté, ou bien àcause des profits qu’il aura procurés à la maison, » que l’exercice de son art lui soit interdit, jusqu’à ce qu’on le » voie suffisamment humilié L » Toute réflexion serait inutile. On sent assez quelle dévoie ferveur devait s’associer au génie, pour que celui-ci pût conserver quelque activité dans une semblable servitude.
Heureusement, les arts se répandaient de plus en plus dans la société, et celte disposition des esprits commençait à multiplier les talents hors des monastères. En attendant qu’elle parût honorable, la profession d’artiste redevenait du moins lucrative. De nouvelles institutions rendaient à l’homme sa dignité ; au goût naturel, son empire. J’ai dit combien saint Louis, ce roi si sincèrement religieux, eut de part à cette mémorable révolution. Désormais, nous trouverons les artistes dans le monde, plus fréquemment que dans
‘ Ah artis suæ oflicio, donec lmmiliatus fuerit, evellatur. ( Stat . abbai. ord. S. Bened,, inprov. Narb.} an. 1226, cap. x ; apud d’Achery, Spicil., t. I, p. 700.)
TAÜLliAU 11IST0H1QUIS
les couvents. Les lettres et la philosophie se maintenaient encore, dans le treizième siècle, parmi les moines; mais l’équerre et le ciseau commençaient à leur échapper. Ce changement ne peut être attribué qu’à la multiplicité des travaux exécutés dans les palais des rois et dans les maisons des particuliers.
Le premier sculpteur que nous offre le treizième siècle était cependant un moine; c’est Richer, religieux du monastère de Senones, dans les Vosges. Cet artiste sculpta deux tombeaux • placés dans l’église de son couvent. L’un était celui de l’abbé Antoine, son supérieur, mort en 1236. Sur le sarcophage, élevé au milieu du chœur, reposait la statue de cet abbé, tenant en main le bâton pastoral. L’autre tombeau renfermait les restes du seigneur Henri de Bayon et de sa femme : l’artiste y plaça les statues de ces deux époux, et les entoura de fleurs. Nous avons vu précédemment, que Richer vint visiter Paris sous le règne de saint Louis ; c’est lui qui nous a indiqué la forme du premier tombeau consacré à Charles le Chauve. Son art ne l’occupait pas tout entier: il a écrit une chronique de son monastère, où lui-même il nous donne connaissance de ses ouvrages de sculpture : Ego propria manu sculpsi imagines et flores l. Il écrivait sous le pape Urbain IV, mort en 1264.
Hors des cloîtres se forma un maître, dont la réputation ne s’est point altérée depuis six cents ans : je veux parler de Pierre de Monlereau. Un de nos écrivains l’a confondu avec Eudes de Montreuil : ce qui va suivre démontrera l’inexactitude de cette assertion précipitée.
Pierre, natif de Monlereau, se fit connaître par la construction de la salle qui servait de réfectoire aux religieux de l’abbaye de* Saint-Germain des Prés. Le mérite de cette grande salle, dont il jeta les fondements en 1239, et qui fut terminée en 1244, le fit appeler à la construction delà Sainte-Chapelle du Palais, commencée en 1245, terminée en 1249, laquelle subsiste encore. Montereau
' Chronic. abb. Senon., lib. II, cap. xxii ; lib. IV, cap. xxvii ; apud d’Achcry, Spicil,, t. II, p. G19 etCiO.
lut chargé, en même temps, d’élever la chapelle de la Vierge de Saint-Germain des Prés, petite église à peu près semblable à celle du Palais, et qui a été démolie, ainsi que le réfectoire, à la fin du siècle dernier.
Montereau mourut le 17 mars 12CG, et fut inhumé dans le chœur de cette chapelle de la Vierge qu'il avait construite, à coté, des abbés Hugues d'Issyet Thomas de Ma uléon, sous le règne desquels cet édifice venait d’être construit. Ces deux abbés eurent pour sépulture des tombes hautes, sur lesquelles étaient couchées leurs statues. Une tombe semblable fut consacrée à l’architecte; il y fut représenté tenant une règle, d’une main, et un compas, de l’autre ; l’inscription suivante, où l’on rendait hommage à ses vertus autant qu’à ses talents, se lisait à côté de la figure :
Flos plenus morum, vivens doctor latomorurn,
Musterolo natus, jacet hic Pelrus tumulalus *.
Ce fut, dans les mœurs du temps, un grand honneur que celui, d’un tombeau tel que celui-là, accordé à un artiste laïque; rien ne saurait mieux prouver l’estime que l’on avait conçue pour le beau talent de ce maître. Nous 11e dirons pas, avec assurance, que Pierre de Montereau cultivait l’art statuaire ; on peut seulement le présumer, quand 011 voit qu’il est appelé magister latomorurn , (maître des tailleurs de pierre), puisque cette désignation s’appliquait généralement aux artistes des deux professions.
Il n’en est pas de même d’Eudes de Montreuil: pour celui-ci, le fait est certain ; ce maître accompagna saint Louis à la Terre- Sainte, en 1248, en qualité d’ingénieur, et construisit, en 1250
ou 1 2 5 1 , les fortifications de Jatfa. Revenu à Paris avec saint Louis, 7 > 7 on 1254, il jeta, dès la même année, les fondations de l’église et
de l’hôpital des Quinze-Vingls, et bâtit ensuite d’autres églises,
notamment, en 1262, celle des Cordeliers, et en 1276, celle des
Chartreux 1 2.
1 «Fleur de bonnes mœurs, guide des architectes... » — Bouillard, de l’abb. de Saint-Germain des Prés, p. 130, 133. Il cite le nécrologe de l’ahbaye.
* Sauvai, t. I, p. 630, etc, — Dubreuî, p. 331, 73 1.
TABLEAU HISTORIQUE
C’est dans la première qu’il lui fut accordé, de son vivant, de placer sa sépulture; et en 1287, il sculpta lui-même, pour la décorer, un bas-relief représentant sa figure, de proportion naturelle et à demi-corps , entre celles de ses deux femmes. De la main gauche, il tenait un équerre ; de la droite, un compas, qu’il paraissait employer à tracer le plan d’une église. Devant lui, était une table où reposait ce plan, et à côté, un ciseau de statuaire. Ce monument fut encastré dans un des murs de la grande nef, et Eudes, après l’avoir terminé, mourut en 1 28 9. L’incendie qui eut lieu en 1580 anéantit ce monument historique. Heureusement, Thévet l’avait dessiné avant l’incendie, et il en a publié une gravure dans son Histoire des hommes illustres. Cet auteur, qui vivait sous Henri II, nous donne, à cette occasion, un témoignage bien affligeant du honteux préjugé qui régnait encore contre les artistes, à celle époque, où llorissaient cependant les Huilant, les Pierre Lescot, les Jean Goujon, et tant d’autres hommes de génie; il s’excuse, fort humblement, de ce qu’il place, auprès des portraits de beaucoup de personnages plus ou moins illustres, celui d’un homme qui professait , dit-il , un art illibéral 1 ; et toutefois, il faut l’ajouter pour sa propre justification, il motive l’honneur qu’il décerne à un artiste, par l’exemple de l’antiquité. Malgré l'accueil fait aux grands maîtres par François Ier et Henri 11, nous voyons, dans les dédains de Thévet à l’égard d’un grand artiste, combien l’opinion des gens titrés était lente à rendre justice aux talents qui embellissaient de plus en plus la France.
Nous avons, du reste, dans le tombeau d'Eudes de Montreuil, la preuve complète que ce maître était à la fois architecte et sculpteur, et cette preuve donne une grande force à notre présomption, au sujet de Fierre de Monlereau.
Cette réunion des deux arts n’est pas moins certaine en ce qui concerne Jean de Chelles. L’inscription, gravée de son vivant et qui se lit encore sur la plinthe du portail méridional de Notre-Dame de Paris, est conçue en ces termes : Anno D. M. C. C. LVJJ ..,
* Thévet, Ilist. des hommes illustres t. H, foh
hoc opus fuit incœptum , Christi Qenitricis honore , Iialensi latomo vivente, Johanne magistro. Les mots hoc opus ne permettent pas de douter qu’il ne s’agisse du monument tout entier, et, par conséquent, que l’auteur n’en ait exécuté la sculpture, comme il en a composé l’architecture. La qualification de latomus , tailleur de pierre , est employée, comme nous l’avons vu dans l'inscription de Jean Ravy, pour désigner les deux qualités d’architecte et de sculpteur.
A l’abbaye de Kaulecombe, diocèse de Genève, fut placé, en 1270, le tombeau de Boniface de Savoie, archevêque de Cantorbéry. Le sarcophage était en bronze. Martène, qui en parle, ne nous dit pas s’il était surmonté d’une statue 1 ; nouvel exemple de la négligence de nos écrivains ; mais on n’en peut guère douter, attendu qu’un sarcophage élevé comme l’était celui-là, ne manquait jamais de ce genre d’ornement. L’architecte était maître Henri de Colonia, peut-être natif de Cologne : c’est ce que nous ignorons. La maison de Hautecombe avait été richement décorée par tous les arts : le rigoriste saint Bernard, en la voyant, s’écria : Tu es trop belle , Hautecombe , ma mignonne ! tu ne pourras pas subsister 2.
Raoul, orfèvre ou argentier du roi, sous saint Louis, ne fut pas fait évêque , comme saint Ëloi ; les mœurs étaient changées ; Philippe le Hardi honora son talent par des lettres de noblesse, en date de 1 270 3 ; « premier exemple, dit le président Hénault, de ce genre d’anoblissement. »
Les pays étrangers continuaient à demander à la France des architectes. En 1287, des lettres patentes de Philippe le Bel accordèrent à un artiste français, nommé maître Pierre de Bonneuil , tailleur de pierres , d’aller bâtir l’église d’Upsal, en Suède. Il lui est permis, portent les lettres, d'aler en ladite terre, er, Suèse , et de mener et conduire , au couz de ladite église ■ aveques lui , tex compaignons et tex bachelers , comme il
1 Martenne, Voy. lût., t. I, p. 240.
* Ibid,
1 Brequigny.
TABLEAU HISTORIQUE
verra que il sera mestier et profit à ladite église L C’est principalement comme architecte, que maître de Bonneuil fut appelé, et c’est apparemment son habileté dans l’architecture à ogives qui lui valut cet honneur; mais le mot de tailleur de pierre, latomos , nous montre qu’il professait aussi la sculpture; et comme en construisant l’édifice il fallait le décorer, il est fort à croire que la plupart des compaignons et bachelers qui suivirent ce maître, étaient, ainsi que lui, des statuaires.
Ce qui n’est pas moins important dans l’histoire de ce siècle, c’est que la confrérie de Saint-Luc, qui réunissait les peintres, les architectes, les sculpteurs, les doreurs, les enlumineurs, prit naissance sous saint Louis. On peut le conclure de ce qu’en 1391, cette confrérie ne fut point instituée ; mais, suivant les termes des lettres patentes, confirmée, approuvée et ampliée : il y est dit que les ordonnances faites sur ledit mestier étoient contenues et escrites es registres du Chaslelet de Paris . Ces ordonnances ou statuts étaient en huit articles. Déjà les maîtres ( tailleurs d'images ) devaient ouvrer aux us et coustumes et pou-
vaient ouvrer de toute manière de feust, de pierre, d'os, et de cor d'yvoire. Il fut seulement ajouté, à ces statuts, de nouvelles ordonnances 2.
La confrérie, ou en autre terme la corporation, n’ayant pu se constituer et se donner des règlements de sa propre autorité, on est obligé de remonter à saint Louis pour en découvrir l’origine, et l’on arrive aux ordonnances de police d’Estienne Boileau , qui organisa les corporations et les classa sous des enseignes religieuses. C’est, par conséquent, suos saint Louis, que la confrérie des statuaires, dits alors tailleurs d’images, fut organisée, ou peutêtre même dès ce moment, reformée sur un système nouveau.
Le quatorzième siècle présente, ainsi que le treizième, plus d’artistes laïques que de religieux
Monumenta Uplandica, p. n, p. 19. — D'Agincourt, Hist. de l'Art, Archit., pl. xliu, not. 75.
* Statuts des maîtres de l'art de peinture et sculpture; Pari-;, 167:2, in -4°, p. 4 et S.
Nous avons parlé des statues que la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, fit élever sur le portail du collège de Navarre, qu’elle fonda en 1304 , et dans la chapelle de cette maison, fondée en 1300. Plusieurs artistes furent employés à ces travaux ; le chef était maître Pierre de Val, qualifié lalomus, tailleur de pierre. L’inscription rappela son nom, honneur singulier, puisque l’objet principal était d’y célébrer le bienfait de la reine1.
En 1312, deux frères, J** et P**, natifs de Limoges, qui se qualifient Lemovici, fratres , exécutèrent le tombeau de cuivre doré et émaillé, qui fut élevé au cardinal Pierre Taillefer, à La Chapelle près de Guéret (ancienne province de la Marche 2).
En 1318, mourut Jean de Steinbach, architecte de l’église de Strasbourg. Sabine de Steinbach, sa fille, exécuta, de ses propres mains, la statue qui lui fut érigée dans cette église, dont la magnificence devait immortaliser la fille et le père 3.
En 1326, maître Guérin de Lorignes construisait et ornait de sculptures le portail de l’église du Saint-Sépulcre, à Paris. Il y plaçait les statues de Jésus-Christ et des douze apôtres, avec des bas-reliefs représentant la mise au sépulcre et la résurrection 4.
J’ai déjà parlé de maître Jean Roux ou Jean Ravy, principal auteur des sculptures qui forment la ceinture extérieure du chœur de l’église de Notre-Dame de Paris, et j’ai ajouté qu’elles furent terminées par maître Jean le Bouteiller, son neveu, lequel grava l’inscription où il consacra le nom de son oncle et le sien, sous la date de 1 351 *
On pense bien que Charles V, qui accomplit de si grands Ira* Vaux, dut employer un grand nombre d’artistes. En effet, indé-
1 Dubreul, p. 498. — M. D’Agincourt a publié une gravure de la sla-* tue de Jeanne de Navarre, Sculpt., pl. xxix, n° 40; elle se trouve aussi dans Montfaucon, t. II, pl. xxxvn, p. 212.
* Dulaure, Description des principaux lieux de France , t. IV,
5 Grandidier, Histoire de la cathédrale de Strasbourg.
4 Millin, Antiq. nat., t. III, Saint Sépulcre, p. 7 et 8, p!. i.
TABLEAU HISTORIQUE
pendamment de Raymond du Temple, son principal architecte, il s’attacha Jean de Saint-Romain, réputé le plus fameux sculpteur de son temps *. A ce maître furent encore adjoints Jean de Liège, Jean de Launay, Jacques de Chartres, Gui de Dammartin 2. Le nom de Jacques de Chartres nous montre l’école de cette ville, se soutenant toujours avec honneur. Il serait inutile de dire comment les travaux furent répartis entre ces maîtres. Sauvai, qui avait puisé ces notions dans les archives de la chambre des Comptes, nous en a instruits avec beaucoup de soins, et il nous a prouvé, par l’étendue de ses recherches, que ses assertions méritent, en général, une pleine confiance ; mais de semblables détails seraient superflus dans une histoire abrégée telle que celle-ci.
Le statuaire qui, en 1375, sculpta le mausolée de Thévenin, se nommait Hennequin de la Croix 3.
Les pièces d’argenterie à figures, présentées au nom du roi à l’empereur Charles IV, en 1378, étaient l’ouvrage d’un orfèvre nommé aussi Hennequin 4. Ce nom désigne-t-il deux fois le même artiste ? Il n’existe là-dessus aucun renseignement.
L’Angleterre et la Suède avaient déjà emprunté, comme nous l’avons vu, des architectes à la France ; l’Italie vint, à son tour, nous en demander ; et peut-être ignorerions-nous ce fait, si un écrivain italien, savant et de bonne foi, ne nous l’eût appris. En 1388, Nicolas Bonaventure fut appelé de Paris pour la direction des travaux de la cathédrale de Milan ; la permission de sortir de France, pour cet objet, lui fut accordée, le 8 juin 1 389 : c’est Giulini qui nous en instruit dans ses Mémoires sur la ville de Milan 5. Un autre écrivain italien (M. Cicognara) veut qu’il ait été ensuite renvoyé en France comme étranger 6, ce qui serait assez
' Sauvai, t. II, p. 281.
* Sauvai, t. II, p 23, 24.
1 Sauvai, t. I, p. 331.
* Christ, de Pisan, Livre des faits de Charles V ; loc. cit.
' Giulini, Memorie speltanti alla storia,etc. , di Milano, t. XI, p. 4S8(
* M. Cicognara, Stor, délia scult., in-fol., 1. 1, p. 241.
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contradictoire ; mais une particularité montre clairement l’invraisemblance de celte supposition, et elle nous fait connaître encore deux nouveaux artistes, c’est qu’en 1 399, Jean de Champmousseux et Jean Mignot, son élève, tous deux Normands, furent encore appelés à Milan pour le même objet, suivant l’assertion du même Giulini Nous n’avons pas la pensée de nous enorgueillir de cet emprunt que l’Italie fit alors à la France; mais il doit, comme tout autre événement de ce genre, trouver sa place dans l’histoire de l’art.
Nous venons de dire que, le 1 2 août 1 391 , le roi confirma , approuva et amplia les anciens statuts de la confrérie de Saint- Luc. Ces nouveaux règlements, publiés en présence de vingt-cinq peintres, qui étaient Jean d’Orléans, Colart de Laon, Jean de Saint-Romain, et autres, dont il serait inutile de donner ici les noms, mais, de plus, devant cinq sculpteurs ou tailleurs d'images , savoir: Jean Petit, Philippe Cochon, Gilbert du Perier, Hulot le Rentier, Guillaume de Saint-Lucien. Le nombre des sculpteurs était plus grand que de cinq, mais ces derniers artistes étaient, suivant l’énoncé des lettres patentes, ceux qui faisaient la plus grande et saine partie des ouvrages dudit mestier 2. On remarque, parmi les peintres, Jean de Saint-Romain : nous venons de voir un statuaire du même nom, employé au Louvre sous Charles Y, en 1365 et 1 370, et réputé le plus habile de son temps. Il faut donc croire, ou que la même personne cultivait les deux arts, ou que le peintre était le fils du statuaire, ce qui nous montre les arts se perpétuant dans les familles, fait dont il est, d’ailleurs, impossible de douter.
Plusieurs architectes célèbres appartiennent aussi à cette époque, tel est notamment Ginet d’Arche, qui, en 1 395 et 1 400, faisait placer tant de statues sur le portail de l’église de Saint- Maurice de Vienne en Dauphiné 3.
* M. Cicognara, Stor. delta scult ., in-t'ol., t. 1, p, 241.
1 Statuts des maîtres de l'art de peinture et sculpture , loc. cil. J Chorrier, Rech. des anliq. de Vienne , p. 237, 238.