Voir Helbig, Das homerische Ej>os,2' éd., p
3. Studuiczka, MittTieil. Athen, 1887, p. 23. Cf. Pottier, Monuments grecs de l'Assoc. des Etudes grecques, 1889, p. 2.
4. Aroir 0. Benudorf, Antike Gesichtshelme und Sepulcralmasken, Vienne, 1878.
serves au musée du Polytechneion d'Athènes, forment une collection unique par sa valeur archéologique et par sa richesse en métaux précieux '.
Dans l'étude que nous poursuivons ici, nous ne saurions décrire en détail, tombeau par tombeau, les trouvailles de Mycènes. Les questions de style nous intéressent avant tout, et nous devons considérer la collection dans son ensemble. Or, comme on l'a souvent remarqué 2, le mobilier funéraire des tombes nous montre un art mixte, où les influences orientales se combinent avec un style très particulier, dont l'origine est encore matière à discussion. Nous essayerons donc de faire le départ entre les objets imités de l'Orient, ou même importés, et ceux qui relèvent du style proprement mycénien.
L'Egypte a certainement fourni sa part d'importation. Les objets en terre vernissée, trouvés dans les tombes de l'Acropole, peuvent être de fabrique égyptienne. D'autres sont apparentés, pour le style et pour les motifs de la décoration, à l'art de la vallée du Nil, sans qu'on puisse affirmer qu'ils en procèdent directement. Telles sont, en première ligne, les admirables lames de poignards qui ont passé à peu près inaperçues, jusqu'au jour où les soins patients de M. Athanase Koumanoudis les ont débarrassées de la gangue dont elles étaient recouvertes3. Ces poignards sont des armes de luxe, dont le travail est d'une extrême richesse. Les uns sont décorés de reliefs recouverts de feuilles d'or; ailleurs, la lame est incrustée de plaques d'or, sur lesquelles sont gravées des spirales et des rosaces ; ailleurs encore, l'orfèvre a disposé une véritable incrustation polychrome, et fait jouer les tons de l'or jaune et de l'or pâle , avec les colorations rouges ou grises de l'électron. Sur l'une de ces lames est représentée une chasse au lion (fig. 8) '. Cinq hommes, vêtus seulement d'une sorte de pagne très court, et armés, l'un d'un arc, les quatre autres
1. Un Catalogne sommaire a été rédigé par Schliemann : Catalogue des trésors de Mycènes an Musée d'Athènes, 1882. Cf . Milehhoefer, Mttseen Athens, p. 86 et suivantes, et la description de Ji.Haussonllier dans Athènes (collection des guides Joanne, Hachette, 1888), p. l»7.
2. Voir Newton, Essays on art and Archa ology, \>. 210 et suivantes ; Milehhoefer, Anfânge der Kunst in Griechenland, p. G et suivantes.
3. Voir 'AOiqvaiov, IX, p. 162, et X. p. 309. M. Koehler a publié quelques-uns de ces poignard-, MittheiL Athen, VII, 1882, p. 211-250, pi. VIII. La meilleure reproduction a été publiée, d'après des aquarelles de M. Blavette, dans le Bulletin de corresjHffl lance hellénique, t. X, 1880, pi. I, II, III. Voir p. 341-350 l'article de M. G. Perrot. Cf. Comptes rendus de l'Académie des Inscr., 1884, p. 328-329.