Annalidtll'Inst., 1869, p. 253, pi. JK
•pus inscr. atticarum, I, n° 392. Cf. Loewv. Inschr. r/rieclt. Bildh., n° 41ô. KaÀ/.ia; 'IrcicovCxo'J ivé6i]X :]v Cf. Pausanias,!, 23, 2.
a trouvé son explication la plus naturelle '. C'était un sobriquet, parodiant l'épithète religieuse de Soteira (la secourable); la malignité publique en avait fait une épigramme à l'adresse de Rallias et de Cimon. On racontait que pour obtenir la main d'Elpiniké, le Lakkoploutos avait dû payer l'amende de 50 talents infligée à Miltiade, et dont Cimon restait redevable. La belle Athénienne avait sauvé son frère de l'atimie ; aussi, poulies railleurs, la véritable Sosandra n'était-elle pas l'Aphrodite de marbre sculptée par Calainis; le surnom visait plus loin. De cette (l 'livre si vantée, nous savons seulement ce que nous en apprend Lucien ~. On a souvent cité le passage où l'écrivain grec, composant avec des statues célèbres le portrait de la Smyrniote Pantliéa, emprunte ù la Sosandra «. son sourire auguste et discret, l'arrangement léger et gracieux de ses vêtements », en négligeant toutefois le voile qui couvre sa tête. Ailleurs il admire le rythme élégant de l'attitude, qu'il compare à un léger mouvement de danse. Certes, il serait chimérique de songer à restituer une œuvre perdue. Nous ne signalerons que sous toutes réserves l'hypothèse de M. Furtwaengler, qui rapproche du texte de Lucien une Aphrodite sculptée en bas-relief sur la base du candélabre Barberini 3. C'est une pure conjecture que d'identifier avec la Sosandra cette figure féminine , animée d'un mouve-
1. Voir la bibliographie citée par Bliimner, ArcJi. Studien su Lucian . 1867, p. 7. Cf. Benndorf, Das Cultusbildder Athena Nike , p. 45 et suivantes.
2. Dialogue des portraits, >i ; Dialogue des courtisanes, lit . 8, -'.
3. Lexikon.de Roscher, p. 412. Le relief est reproduit dans Braira, Vorschule der Kunstmythologie . pi. 7'.'.
SCULPTURE GRECQUE. — T. t. ,"i 1
Fin. 207. — Hermès criophore. Bas-relief d'un autel de marbre. (Athènes, Musée central.)
ment rythmé, et reproduisant avec plus de grâce et de souplesse l'attitude des statues trouvées à l'Acropole. Il nous paraît cependant assez juste d'admettre que l'art archaïsant a fait plus d'un emprunt au style de Calamis et que ses œuvres, encore relevées d'une légère pointe d'archaïsme , ont pu servir de modèles aux pastiches si goûtés des contemporains de César'.
Au nombre des mérites de Calamis, les critiques anciens comptaient celui d'avoir excellé dans les figures d'animaux. On admirait fort l'exécution précise et poussée de ses chevaux de bronze2. Le groupe de Hiéron n'était pas la seule œuvre où il eût déployé son talent d'animalier. Pline lui attribue un quadrige auquel Praxitèle avait ajouté un cocher, afin que l'auteur des chevaux ne parût pas inférieur dans le rendu de la figure humaine 3. Réduite à sa juste valeur, cette anecdote signifie simplement que Calamis avait exécuté un quadrige de bronze en collaboration, suivant un usage dont nous avons relevé maint exemple. Et dans ce collaborateur, que Pline prend pour le grand maître du quatrième siècle , nous reconnaîtrons plus volontiers Praxitèle l'ancien, un contemporain de Calamis '.
En résumé, quelques textes, quelques jugements sommaires, épars çà et là dans les écrivains anciens, voilà tout ce qui nous renseigne sur un des maîtres les plus brillants de l'Athènes de Cimon. Essayons cependant de réunir les traits les plus saillants fournis par les sources littéraires. Calamis a des aptitudes très multiples, et l'étendue de ses connaissances techniques n'est pas un de ses moindres mérites. En vrai précurseur de Phidias, il pratique à la fois l'art du bronze, la sculpture sur marbre, et la statuaire chryséléphantine. La variété des sujets qu'il aborde, groupes votifs, statues de
1. Voir, sur cette question, A. Hauser, Die neu-attischen Reliefs, Stuttgart, 1889, p. 169.
' " Exactis Calamis se rnihi jactat equis. » Properce, III, 9, 10. Cf. Ovide, Politiques, IV, 1, 33.