Pausanias, VII
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noms. Mais si le problème a bien souvent exercé la sagacité des érudits, il s'en faut qu'il ait reçu une solution définitive '.
La raison en est que toutes ces statues offrent certains traits communs et différent entre elles par des variantes d'attitude, beaucoup plus que par des caractères de style bien tranchés. Elles représentent en effet une Amazone debout, une jambe fléchie , un bras ramené vers la tête ; le costume est le même : un court chiton serré à la taille par une ceinture, attaché sur une épaule, et laissant à découvert une grande partie de la poitrine ; enfin toutes paraissent être également des copies d'originaux en bronze. Toute-
1. Voir sur cette question. Otto Jahrj Berichte der sdcits. GeseUscliaft der WU* tenchaftentl&50, p. 32, Sclioll, Philologus, XX, 1863, p. 414. Klilgmann, Die Amalonen in attltchen Litteratur und Kunst, Stuttgart, 1875, et. innali dell' Inst.. 186H, p. 272; 1872, p. 103. Kekulé, dans les ( 'ommentationeà philologue in honorem Th. 3£ommsenij p. 481. On consultera surtout avec profit le travail de M. îlichaelis, Die sogenannten Ephesischen Amazoïievstatnen (Jahrbuch des arch. Inst., I, 1886, p. 14 et suivantes) où sont résumées et discutées les recherches antérieures. Cf Banmeister, Denkmader des klass. Altertume, article PolyMàtos, et von Sybel, Weltgetchichte der Kunst, p. 196* et suivantes. Fio. 256. — Amazone blesser. (Musée de Berlin )
fois, iî l'analyse, on reconnaît bien vite que ces répliques dérivent
de trois types distincts , où la donnée commune subit des variantes très notables.
Voici d'abord une première série, à la tête de laquelle prennent place l'Amazone de Berlin, découverte à Rome en 1868 (fig.
256) , celle de la collection Lansdowne à Londres, et celle du Braceio Nuovo, au musée du Vatican'. La jeune guerrière, blessée au flanc droit, a éloigné son bras de la blessure par un mouvement instinctif; elle a ramené sa main vers sa tête où s'appuie légèrement l'extrémité
1. Pour l'Amazone de Berlin, voir Motuimcnti inediti dell' ln*r . , IX, 12. Michaelis,./«/ii'&arf,1886, p. 1*>, c. Betchreibung der antiken Skidpturtnzu Bn-lin.u" 7. — Pour l'Amazone de la collection Lansdowne, voir Spécimens 0/ ancient sculpture, II, 10, Clarac, V, 83'.t B, 2032 C Michaelis, Ancient mariiez in Great Brilain, p. 463, et Jahrbuch, 1886, p. 14. A. —Sur l'Amazone du Vatican, voir Michaelis, Jahrhuch, p. 14, D. Helbig, die œffentlichen Sammlungen, I, FlG. 257. — Amazone blessée. (Rome, Musée du Capitole. ) n" 32, p. 22.
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«les doigts; elle s'accoude sur un pilier carré qui soutient son corps défaillant. L'attitude trahit la douleur physique, la lassitude, sans que l'artiste ait perdu de vue la belle harmonie des formes, sans que la simplicité des lignes soit altérée par des violences de mouvement. Cette recherche d'élégance se poursuit dans l'arrangement des plis du chiton , et, préoccupé avant tout de traiter le sujet dans sa généralité la plus haute, le sculpteur s'est borné à indiquer le caractère guerrier de l'Amazone par un simple détail, en plaçant autour du pied gauche les courroies qui maintiennent l'éperon. Un second type est représenté par une statue du musée du Capitole, placée en évidence dans la salle principale ( fig. 257)', et par ses répliques, au nombre desquelles il faut surtout citer une autre statue du Vatican, et le beau torse de provenance romaine acquis en 176G par le duc d'Anhalt-Dessau et conservé au château de Wcerlitz2. Grâce au témoignage d'une pierre gravée du Cabinet des médailles, dont M. Klùffmann a
" ' ° Amazone blessée.
le premier reconnu l'importance, on n'hésite plus à con- Pierre gravée sidérer comme erronée la restauration de la statue du „ ainet
des médailles.
Capitole. Le mouvement du bras droit ramené vers la tête, avec la main ouverte et les doigts écartés, est une invention moderne. L'attitude de l'Amazone est celle que donne la pierre gravée de Paris (fig. 258) *. De la main droite elle s'appuie sur sa lance ; de la gauche elle éloigne de la blessure les plis de son chiton, mettant à nu son flanc droit percé d'un coup de pointe à la hauteur du sein; la tête s'incline, et le visage est remarquable par son expression douloureuse. Quant au tronc d'arbre qui porte en lettres de l'époque le nom de Sosiklès, l'auteur ou le possesseur de cette copie en marbre, il n'existait évidemment pas dans l'original en bronze.
Voici enfin un troisième type, représenté par l'Amazone Mattei du Vatican, et par d'autres copies du Capitole, de Turin, de Petworth en
1. Bottari, .lfc. Capitol., II, 46, Cf. pour la bibliographie ancienne, Michaelis, Jahriueh, lss<;. p. 17, n» B. Helbig, Die ocffentlichen Sammlungen, I, u"499, p. 3S1.
2. Jahriueh des arck. lus!., 1886, p. 18, i, pi. 4. Pour les autres répliques, voir Michaelis, Mémoire cité. p. 17-19.