‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 238 sur 280 · Kliigmann, Die Amazone h, p · texte numérisé non relu

Kliigmann, Die Amazone h, p

SCOLFTtmE GRECQUE. — T. I. 61

Angleterre (fig. 259)'. Ici, on reconnaît sans peine une altération du motif

de l'Amazone blessée, qui respecte les lignes générales, tout en modifiant la donnée première. L'Amazone n'est plus la guerrière défaillante de tout à l'heure ; elle est pleine de force et de vie, et elle se prépare à une action violente qui exige toute la souplesse d'un corps vigoureux et sain. Si elle s'appuie sur sa lance , c'est pour exécuter mie manœuvre familière aux cavaliers grecs; elle y cherche un point d'appui pour s' enlever et sauter sur son che-

1. L'Amazone du Vatican, qui se trouvait autrefois dans la villa Mattei, a été acquise par le pape Clément XIV. Voir Visconti, Museo Pio-Clementino, II, 38;Clarac. V, 811, 2031, et la bibliographie citée par Michaelis, Jahrbuch des arch.

Inst., I, 1886, p. 20. Cf. Helbig, Die affeatlichtn Sammlungen in Rom, I, n" 193, p. 130.

Pour les répliques, voir Michaelis. Jahrbuch, p. 19-21.

L'Amazone de Pehvortk est reproduite pi. 1 et 2.

Fig. 2J9. — Amazone Mattei. (Rome, Musée du Vatican.)

POLYCLÈTB. 507

val '. Une pierre gravée, reproduisant le même type, nous apprend que la restauration du liras droit est manifestement inexacte2. Au lieu d'effleurer du bout des doigts le bois de sa lance, l'Amazone le saisissait à pleine poignée, et un peu plus haut. Et d'ailleurs certains détails du costume et les accessoires attestent qu'elle est équipée pour une chevauchée guerrière; la tunique retroussée et attachée à la ceinture, le carquois suspendu à son flanc gauche, les courroies de l'éperon fixées au pied gauche indiquent la tenue de guerre, et rendent très intelligible l'acte pour lequel l'Amazone rassemble toute sa vigueur.

De ces trois types, lequel nous donne l'idée la plus exacte de l'original de Polyclète?On peut, croyons-nous, écarter toutd'abord le type de l'Amazone Mattei, qui offre le caractère d'une adaptation, beaucoup plus que d'une création originale. L'artiste, sans doute un contemporain plusjeune de Polyclète, a simplement introduit une variante ingénieuse dans im motif imaginé avant lui. Ajoutez que l'élégance des formes, la structure élancée du corps, accusent des principes de style assez différents de ceux que professe le maître d'Argos. En réalité, nous ignorons à quel artiste il convient d'attribuer ce type. Songer à Phradmon, (pii reste pour nous un inconnu, est une pure hypothèse, et d'autre part on ne saurait reconnaître ici, comme l'avait proposé 0. Miiller. une œuvre de Phidias, le maître original et créateur entre tous '.

Restent les deux types d'Amazone blessée. Or, si l'on compare la statue de Berlin à celle du Capitole, toutes les vraisemblances sont en faveur de la première. Les formes du corps plus robustes et plus amples, la structure plus carrée, rappellent les proportions du Doryphore, et en outre vous retrouvez ici le détail caractéristique du pied gauche ramené en arrière. Bien plus, nous possédons pour la tête une excellente copie en bronze découverte àHerculanum, dans le péristyle de la prétendue villa des Pisons ; elle y faisait pendant au buste du Doryphore, en forme d'Hermès, que nous avons reproduit plus haut,

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