Historié nova, V, G
chargé de recouvrir le bouclier de reliefs en bronze, dessinés par le peintre Parrhasios, et représentant une Centauromachie'. Mais on ne saurait invoquer ce fait pour ranger la Promachos parmi les dernière œuvres du maître. Tout semble indiquer au contraire qu'elle date de l'époque de Cimon, et qu'elle est antérieure à la mort du grand homme d'État, survenue en 449. C'est le butin de Marathon qui en fait les frais2 ; c'est l'Athènes de Cimon qu'elle protège du haut de son piédestal, en attendant que Périclès lui donne, par la main du même artiste, une glorieuse rivale, l'Athéna Parthénos.
L'année 448, que Pline signale comme le moment où Phidias est à l'apogée de sa réputation3, marque dans sa carrière par l'achèvement d'une oeuvre importante. Mais laquelle? On ne peut songer aux travaux entrepris sous le gouvernement de Périclès. Reste donc la statue qui compte avec la Parthénos parmi les chefs-d'œuvre du maître, c'est-àdire le Zeus d'or et d'ivoire exécuté pour le grand temple d'Olympie. Le placer à cette date, c'est se prononcer d'avance sur une question très obscure et très controversée, celle de l'époque de la mort de Phidias ; c'est faire son choix entre deux traditions absolument contradictoires, dont l'une fait mourir Phidias vers 438, après la dédicace de l'Athéna Parthénos, et au cours du procès qui la suit de près, tandis que l'autre le montre se réfugiant en Elide après 438, pour y faire la statue commandée par les Eléens. Nous examinerons plus loin la valeur de ces deux traditions ; mais dès à présent, nous croyons pouvoir souscrire aux arguments développés par M. G. Loeschcke ', et placer en 448 la dédicace du Zeus d'Olympie. Reportons-nous d'ailleurs à la date de 457 que nous avons acceptée pour l'achèvement du gros œuvre du temple. L'hypothèse la plus plausible n'estelle pas celle qui laisse le moins d'intervalle entre ce moment et la consécration de la statue? Ajoutez que les fêtes de la 83(' olympiade
1. Pausanias, I, 28, 2. M. Wernicke a proposé d'attribuer ces reliefs non pas au toreuticieu célèbre qui vivait au commencement du quatrième siècle, mais a un artiste du même nom, peut-être le grand'père de edui-ci, Sitzungsb. der arch. Gesellschaft, Jdhrbuch. des arch. Inst., 1890, p. 59.
2. Elle est appelée to àvai^a *è Map»0uvô6ev. Aristide, Omt-, éd. Dindorf, II, p. 288. Cf. E. Curtius, Die Stadtgeschichtc von .!(/-.«. Berlin, 1891., p. 133.
3. Pline, Xal. Biit., 34. 49. a Floruit autem (Phidias) olympiade LXXXI11. circiter CCC nostrae urbis anno. »