Pausanias, VIII
2. Fougères, Sii«. de corrtsp. hcllé»., XII, 1888, pi. 1,11,111, p. 105-128. Cf. Waldiitein, American Journal of archœfihgy, VIII, 1801, p. 18, pi. I-II. Oveibeck, Griech. Kuml mythologie, III, Apollon, p. 45l-4.'>7. W. Amelung, Die Baai.i des J'raxileles aus Mantinea, Munich. 18i>j.
3. Pausanias, VIII, 9. M. Fougères lit avec raison Moûsai au lieu de Mciùsx.
PlIAXITÈLE.
leurs dimensions (1"', 35 environ sur 0"',98 cent.) ne laissent pas de doutes sur leur destination. La base devant être assez large pour supporter trois ligures, ils occupaient sans doute toute la l'ace antérieure' ; et comme le chiflVe total des Muses était de neuf, (jue les dalles conservées nous en montrent seulement six, il faut supposer l'e.xistence d'un quatrième relief, aujourd'hui perdu. Dans le tableau principal, le sculp-
Fig. K'8. —Apollon, l'esclave Scythe et ilarsyas. Bas-relief troui t- à llautiuee. C Athènes, Musée central.")
teur a groupé les principaux acteurs de la lutte musicale engagée entre Apollon et Marsyas; le dieu, le Silène et l'esclave scytbe chargé de lui infliger, s'il est vaincu, un cruel supplice. ^< La lutte, écrit M. Fougères, touche à sa fin. Apollon a cessé de jouer; sa cithare repose, silencieuse, sur ses genoux. L'esclave se tourne déjà vers le Sat3're, le couteau prêt. Marsyas est vaincu et condamné (fig. 128). » Quant aux Muses, témoins de la scène, elles sont plutôt juxtaposées que groupées. Les attributs ne sont pas répartis entre elles avec la
1. Voir la restauration très plausible proposée par JI. Ch. Waldsteiu, hc. cit., pi. I.
précision qui sera de règle à l'époque hellénistique. L'une déroule un rolumeu, une autre tient les douilles flûtes, une troisième la cithare; celle qiù est assise sur un rocher effleure distraitement du bout des doigts un instrument à long manche, eu forme de mandoline (fig. 120). Toutes portent le môme costume, l'himation et la tunique à manches courtes serrée au-dessous de la gorge par une ceinture; c'est le costume bien connu des figurines tanagréennes. On a discuté la date de ces bas-reliefs'. Faut-il y voir une œuvre contemporaine du groupe de Praxitèle, ou une décoration ajoutée à la base vers le second siècle, par un sculpteur de l'école néo-attique ? A l'appui de cette dernière hypothèse, on peut invoquer certains détails : le Marsyas à l'attitude contournée et déhanchée est une adaptation de la statue de Myron : deux des Muses , celle au rolumen et celle à la cithare, ont pour prototype des personnages de la frise du Parthénon, transformés en figures féminines. Mais savons-nous si ces adaptations n'ont pas commencé dès le quatrième siècle ? M. Fougères a montré que rien, dans les types des figures, ne nous oblige à descendre jusqu'au second siècle, et nous croyons volontiers que les bas-reliefs sont contemporains du groupe. Ce qui paraît probable, toutefois, c'est qu'ils ne sont pas l'œuvre personnelle de Praxitèle. Il y a dans cette composition un peu vide, malgré l'élégance des figures, des sécheresses et des maigreurs d'exécution qui accusent la main d'un praticien, et le maître sest sans doute borné à en fournir l'esquisse. Pour l'étude du style de Praxitèle, les bas -reliefs de Mantinée n'en gardent pas moins leur valeur. Ces figures de Muses nous conservent peut-être le souvenir d'une leuvre perdue de l'artiste, les Thespiades, c'est-à-dire les Muses enlevées à Thespies par Mummius' ; tout au moins par la grâce de leur attitude, par les analogies qu'elles jjréseutent avec les coquettes figurines de Tanagra, elles permettent de mesurer l'influence que le style de Praxitèle exerce sur l'art des coroplastes.
Ses œuvres les plus célèbres sont des statues isolées. Il semble
1. Ovcrbeck, BertchleJer siïchs. Gcselhcli. der Witsentch., 1888, p. 281, et Griech. PlastU-, II, p. Gl, où reven.int sur 6.1 premiire opiniou, il les place au temps de Pnixitùle, comme Jt. Furtwaengler, Meisler- Hvrke, p. 533. M. Hansery roitune œuvre néo-atti(iue. Dieueii-aUhrfien Reliefs, p. 151.
2. Cf. Overbcck, Griech. PlastU; II, p. 02. M. S. Reinacli pense aux Muses de KLi>Ui»odote l'ancien. GazelU Jtl BtaM-Artt, 1889, I, p. 70.
PRAXITELE.
uV,l
doue assez légitimt' d'attrihuer à la période de ses déluits quelquesmis des groupes auxquels les textes anciens u'aecordent qu'uue brève mention. Telles sont les Thcspiades, apportées à liouie en l-iG, et placées devant le temple de la Félicité construit par Lucullus après la prise de Curinthe. C'étaient des statues de Muses en lironze, qui périrent dans l'incendie du temple, sous le règne de Claude'. Si l'on peut établir (pielque relation entre ce groupe et les muses du bas-relief de
Fij;. 129. — Muses. B:i-i-ieliet trouvr k Mantini-e. ( A t hùiic-s , Jluste centi;il.)
Mantinée, il compterait parmi les œuvres de jeunesse de Praxitèle. Pour le temple d'Apollon à Mégare, l'artiste avait exécuté un autre groupe de Latone et de ses enfants ', et l'analogie du sujet avec celui du groupe de Mantinée nous ferait croire qu'il date de la même époque. Il est reproduit d'ailleurs sur une monnaie de IMégare '' : les figures
1. Pline, !\iU. llist., 34^ G9. Ciciiro;!, iii Venriii, IV, 2, 4. JI. Jlayer .1 triia heureusement identifiù les Thesinades avec des statues de Muses. MiUlt.U. Atlieii, XTII, 1892, i). 261.