‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 138 sur 380 · Pline, Nat. Ilist · texte numérisé non relu

Pline, Nat. Ilist

2. Ces trois répliques sont étudiées en détail par Rayet, Mon. Je l'art anfùjue, II, notice des pi. 4.ï. 4ii, -17. Overheck (Cried. Kimslmi/llioloffie, Y. p. 295), a dressé une liste des répliques qui peut être complétée. Nous citerons un torse du Musce Calvet à Avignon, et une copie restaurée au musée Fol, à Genèye.

que de Rayet, Praxitèle .1 jui omprniiter à un inodMo li'niiiiin quelques éléments de ces Ibrines un peu ambiguës, « où les beautés propres à chaque sexe sont habilement fondues ' >>. A ce poiut de vue, la tête mérite attention. Les bandeaux de la chevelure, serrée par une bandelette

au-dessus de Laquelle se détachent deux coques saillantes, encadrent un visage aux traits fins et presque féminins ; et l'on s'explique facilement qu'une réplique de la tête , conservée au Louvre, ait été restaurée par erreur sur un buste déjeune tille ■. Mais surtout l'attitude et le mouvement nous révèlent une conception fort originale. Faire simplement porter sur une jambe le poids du corps, comme l'avait fait Pol^xlète, c'était là une donnée déjà ancienne, dont Praxitèle avait, dans ses œuvres de jeunesse, épuisé toutes les ressources. Cela ne suffit plus.

L'Apollon Sauroctone s'appuie contre un tronc d'arbre, et ce support permet de mettre la tigure hors d'aplomb, de donner au torse desJignesplus onduleuses, de briser la symétrie dans le niveau des épaules, enfin de mettre en évidence la saillie de la hanche.

Ce rythme si nuancé des lignes est bien, pour la plastique, une conquête nouvelle, et l'on peut juger avec (piel bonheur il s'applique i\

Fig. l'l(i. — L'AiioUon S.iiiroctonc. StatneUe ilo bronze de la villa Alb.ini.

1. Il est i remarquer que la saillie de la hanche offre les mêmes formes cnveloppies que montre le corps filminin d;ins la sliitiou hancln'e. Voir, pour l'étude de la station hanchre chez la femme, D' Tanl Richcr, Plii/iinlogie arlisliiue, p. 208.

2. Cette tète, provenant d'un don de M. Audéoud. n d-to signalée par S[. Hinm de Villofosso, Bullrtin de II Suc. lies Aiiliijniiirei lie Frnnce, 27 déc. 1893.

PIÎAXITKLE.

Fig. 147. — L'AiJoUon Sauroctone. (Statue eu marbre du Musée du Louvre.)

cette élégautc ligure d'adolescent, surprise daus uue attitude uoucha-

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laiitc deJL'ii et de ilL-lassement. S'agit-il seulement d'au jeu, et le sciilptenr avait-il prétendu traiter connue un simple sujet de genre le type divin d'Apollon? Avait-il au contraire, par un symbolisme dont le sens précis nous échajjpe, fait allusion au caractère solaire du dieu, ou à son rôle prophétique? On a beaucoup discuté sur le sens de la représentation '. L'hypothèse la plus plausible est que Praxitèle s'était inspiré d'une ancienne statue de culte, où le lézard était l'attribut d'Apollon; ainsi avait fait Scopas dans son Apollon Smiuthien, lorsqu'il avait placé un rat auprès du dieu. Praxitèle avait repris le sujet en l'accommodant au g(u"it d'un siècle assez sceptique. Eliminer l'attribut était chose difficile; mais la religion du quatrième siècle pouvait accepter un symbolisme très atténué, qui se conciliait avec les exigences de l'art. Sous le ciseau de Praxitèle, l'Apollon au lézard devenait un jeune garçon, guettant malicieusement un petit animal iuoflensif.

Ou connaît par de très nombreuses répliques un type de Hatyre au repos qui reproduit, presque symétriquement renversé, le mouvement si caractéristique de l'Apollon Sauroctone. Le premier, Viscouti a reconnu dans le « Satyre au repos » une (ouvre de Praxitèle, et l'on ne peut que souscrire à cette opinion '. Parmi tant de copies ou d'adaptations qui nous sont parvenues, une des plus complètes est la statue trouvée dans la villa d'Hadrien, et conservée, depuis le dix-huitième siècle, dans la Cliamhrc du (ihidiateur, au musée du Capitole (tig. 14S) \ La pose nonchalante de l'Apollon tueur de lézard est devenue franchement l'attitude du repos. Accoudé sur un tronc d'arbre, le jeune Satyre se laisse aller à une rêverie indolente. Son visage au galbe un peu épais, au front bas, s'éclaire d'un sourire malicieux; il y a là comme une exjjression mutine discrètement soulignée, tout juste assez pour (jue l'on ne s'étonne jias de voir deux oreilles pointues qui dénoncent la race, et se perdent dans une chevelure drue, aux boucles capricieuses. Veut-on se rapprocher ])lus encore de l'original perdu?

I. Ou trouvera le rùsiimé de ces discussions d.ins la nulicu citée delùiyet. Cf. Overbcck. Grirdi. Ktiufliiii/llioltyie, V, p. 237. Furtwaengler, ilehtericerh; p. i;i).').

•-'. Viscouti, Mm. l'io-Cl., II, ]û. XXX.

3. Helbig-Toutain, Guide, I, n» 625 où est citée la bililiograpliie ancienne. Bruun, Beiilmiieler, W 377. Les répliques sont éuumérécs par Benndorf et Sclioene, Die Bidiicerle îles latera». ilmeums, p. '.11. Cf. Furtwacngler, Meislericerke, p. 599, note â.

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