‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 146 sur 380 · O. Kern, Mittheil. Athen, XTI, 1891, p. l-2'.i · texte numérisé non relu

O. Kern, Mittheil. Athen, XTI, 1891, p. l-2'.i

2. Helbig-Toutain, Guide, I, n" 72. Pour les autres répliques, voir Benndorf, art. cité.

3. Pline, A'at. Hist., 36, 23. Ce Triptolème de Praxitèle, M; Furtwaengler le reconnaît dans une tête du palais Pitti, à Florence (^feistet■werl:e, p. 568, fig. 106) qui nous semble plutôt im déi-ivé romain du type reproduit par la tête d'Eleusis. Signalons encore dans l'œuvre de Praxitèle un Bomis Ei'eiitus. Il est fort possible que l'Hermès avec l'inscription E-J6ou).ï0: tlpa^iTeXr/j; ait été une copie de l'une de ces deux œuvres, qualifiée d'Eubonleug par quelque Romain se piquant d'érudition éleusinienne.

devine, en eilet, qu'entre l'œuvre et l'homme, il y a une étroite harmonie. Le peu que nous savons de sa vie nous le fait voir en possession d'une grande réputation, riche sans doute, mêlé à la vie élégante de son temps, fréquentant la plus célèbre courtisane d'Athènes. Ses prédilections avouées pour certains sujets équivalent à des confidences sur ses goûts, son tempérament, ses penchants les plus intimes. La beauté féminine avec toutes ses séductions, la beauté masculine encore adolescente, voilà, dans le monde des formes, celles qui l'attirent et le captivent ; le sculpteur des Eros, des Aphrodites, des jeunes Satyres, est par excellence le maître de la grâce. Et comme, entre la matière plastique et certaines acceptions de la forme, il y a de secrètes affinités, nous le voyons abandonner peu à peu le bronze pour se vouer au travail du marbre '. Ses chefs-d'œuvre sont des marbres ; c'est là qu'il trouve, sous son ciseau, les délicatesses les plus subtiles, les accents les plus personnels pour traduire dans un corps de femme ou d'éphèbe le moelleux de la chair et la souplesse de la vie.

Au dire d'un critique ancien, Praxitèle « a mêlé au marbre les passions de l'âme' ». L'éloge, assez banal, s'appliquerait aussi bien à Phidias ou à Scopas. 11 faut s'entendre sur le pathétique de Praxitèle. Il ne semble pas que le maitre attique ait traduit des passions bien violentes, ni fait passer dans le marbre des émotions profondes ou dramatiques. Les sentiments dont il se fait l'interprète n'ont rien d'âpre ni de violent. C'est la coquetterie chaste d'une Aphrodite, la quiétude nonchalante d'un Satyre, le charme vainqueur d'un Eros. Les légendes qui courent sur ses statues parlent de l'amour qu'elles inspirent à de jeunes fous ; rien qui ressemble à la gravité du sentiment religieux éveillé dans les âmes par la vue du Zens de Phidias. Praxitèle est bien le représentant d'une génération raffinée à l'excès, un peu sceptique, éprise des élégances de la vie, chez qui les fortes passions se sont amorties, et qui demande à l'art des jouissances délicates plutôt que de jiuissantes émotions.

Etudier la forme humaine avec amour, avec une âme d'artiste accessible à toutes les séductions de la grâce, y trouver pour l'art des con-

1. u Pi-axitelcs quoqne marmore felicior, ideo et clarior fuit. )> Pline, .V<^^ llisl., 31, r.'.i.

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