‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 176 sur 380 · E. Pottier, ks Lcci/tkcs blanat utli'^uc · texte numérisé non relu

E. Pottier, ks Lcci/tkcs blanat utli'^uc

7, C. Robert, TliamUos.

358 Li; UlATltlKME SIÈCLK.

statue daus im temple de Sieyoue. Mais le type rpii nous est conservé par uue statue du musée du Prado, à Madrid, a tous les caractères d'une création originale, née au temple de Praxitèle (tig. 181)'. Le dieu est presque un adolescent ; il s'avance d'un pas large, lent et régulier, avec le « geste auguste du semeur » qui répand le grain dans les sillons. Et c'est bien eu effet une mission sacrée qu'il accomplit. Les petites réplitpies en bronze de la statue"' permettent de replacer dans la

Fig. I8'J. Hypnos. Tête en bronze, trouvée à Civitella d'Aruo. l'vés tk' Térouse. (Britisli Muséum.)

main droite ])ortée en avant une corne d'abondance; la main gauche tient la Heur du sommeil, le [lavot. Avec une gravité calme et liieuveillante, le beau jeune dieu seml>le parcourir la surface de la terre, distillant sur les êtres mortels la rosée des sucs bienfaisants qui les endorment, et suspendent leur vie douloureuse. Conception aussi vieille (pie l'humanité, lieu commun poétitjue si l'on veut ; mais jamais l'art n'avait trouvé pour traduire cette idée une l'orme aussi noble et aussi touchante.

1. Uubucr, Die ant.B'MwerlcUi Madnil,\\" i').Arch.Ze{titng,\'6(il,\û.\:>l.V,nmxi,C,nnh. (JueltciilUalc, p. 28. Furtwaeuglcr, Meislcrwurte, \>. (jlii.

2. Voir pour ces répliques, Wiiinefeld, Ifypnns, p. 8, note 2. M. Bazin en a signalé plusieurs dau>^ les musées de France, uotammcnt \ Lyon, 6'nj. arcli., 1888, pi. C. Cf. Li/on aiilijii:, du m."me auteur, p. 3til.

Kr attriliuei riioimeurà un coutoiniioraiii de PraxitMcest une Iiypotlièse très légitime. L'Hj'pnos de IMadrid est, pour la grâce juv(5nile des formes, proche parent de l'Apollon Sauroctone. L'analogie se poursuit encore si l'on considère la tête, en se reportant à la meilleure réplique, à l'admiralilc tète de bronze du British Jlnseum, trouvée à Civitella d'Arno, près de Pérouse (iig. 182)'. L'arrangement féminin

Méduse Romlaniui. (Mu

tothijqne.)

de la chevelure, les deux boucles faisant saillie au-dessus du bandeau, rappellent de tous points la chevelure du Sauroctone. Mais par une conception tout à fait originale, deux ailettes s'attachent aux tempes, et remplacent les grandes ailes dont Hj'pnos est muni dans les peintures céramiques. C'est là une idée qui fait fortune dans l'art grec, témoin la tète d'Hypnos, provenant sans doute d'un bas-relief, et conservée au Louvre'. La plastique s'en empare aussi pour modifier l'ancien type de la Gorgone, et nous la trouvons appliquée avec une audace

1. Monumenti inediti, VIII, pi. LIX, Annali, 1»5C>. BiUDU, Deiihnaehr, n" 235. Il n'y a aucune raison poui- la considérer, comme on l'a fait quelquefois, pour «ue œuvre de l'art étrusque. Martha, l'Art étrusque, p. 303.

Page 1