Pausanias, I
8. Anlike Denhnnehr, I, pi. r>G, p. 45. (Wintei). Bnuin, DenhmaeUv, w- 210. Helbig-Toutain, Guide, II, n» 9tf8. Cf. Kalkmann, ./a/iriwe/i desarcli. Inst., 1805, X, p. 40-85, pi. I
caractères, la même prédilection pour les mouvements compliqués et savants' . Klle montre un jeune gar(;ou agenouillé, le liant du corps ]ienché en avant, les bras levés, comme s'il implorait, ou se sentait
Fig. 184. — Statue de jeiuie homme, trouvée près de Subiaco. ( Rome , Musée des Thermes.)
menacé d'une agression, l'ar le moelleux et le fini du modelé, la statue de Munich est apparentée d'assez près à l'Hypuos et au marbre de Subiaco ;ces trois œuvres relèvent d'une même école, et peut-être eston fondé à aller plus loin, en désignautcelle de Scopas.
1, Brunn, Beschr. der Gli/pt., n" 142.
8CULPTUBE GKECQTJK. — T. II. 46
362 LE QL'ATIUKME SIKCMC.
Il iui|initc plus eiicoiX' de mettre en hiniièie les aeceptions iiduvelles de l'art, que de tenter une attribution, souvent artificielle, à telle ou telle école. Ouvert à toutes les émotions, et comme pénétré par un large courant d'humanité, Tart du quatrième siècle trouve, itour traduire les sentiments de l'âme, des expressions d'autant plus fortes qu'elles gardent encore la mesure dont le sens s'altérera plus tard. Pour s'en convaincre, il sufïit d'invoquer le témoignage d'un chef-d'œuvre resté anonyme, la statue de Déméter trouvée à Cnide, et rapportée au British Muséum par M. Newton ' (PI. VII). Dans le caractère complexe de Déméter, l'artiste a choisi le trait de physionomie qui le rapproche le plus de l'humanité, l'amour maternel, et il a créé la plus noble image qu'on puisse rêver de la déesse mère, vouée à l'éternel regret de sa fille disparue. 11 y a dans l'attitude une sorte datïaissement. L'himation rejeté sur le buste, ramené sur la tête comme un voile de deuil, est disposé avec négligence, et sous ses plis lâches et souples, on devine les formes larges de la femme qui a coiniu la maternité. Mais toute l'expression est concentrée dans le visage. Sculptée dans un bloc de Paros différent du marbre employé pour le reste de la statue, la tête a une singulière intensité d'expression. ^ Les joues légèrement amaigries, écrit 0. Rayet, le menton fermement arrêté, révèlent les chagrins qui l'ont obsédée, et la force de caractère qu'elle a puisée dans ses longues douleurs. » Dirigé entre ciel et terre, perdu dans le vague, noyé sous l'ombre profonde des paupières, le regard semble poursuivre obstinément une chère image toujours présente ; l'art ne saurait traduire avec plus de force et de simplicité la tristesse rêveuse et résignée que laissent après elles les poignantes douleurs, amorties par le temps. L'œuvre n'est ni datée ni signée ; mais l'ampleur du style, la profondeur du sentiment, accusent l'influence des grands maîtres attiques, et l'on ne saurait se tromper, en faisant \nn\ueur de la statue de Cnide à un contemporain de Praxitèle.
Les artistes du cinquième siècle avaient légué à leurs successeurs un certain nombre de types divins qui avaient déjà trouvé leur expression définitive, comme celui d'Athéna. D'autres prennent au qua-
1. Newton, Ditcoceries al JUtllcaïuasuus, Cnidiis and liiaiuliijai; pi. 55, p. ^81. llayet, Mon. de l'Art anllijuc, II, pi. 19. Biuuu, Gnech. Goetlerideale, p. 42.
.pture Grecque T
DEM ETE R ! arbre provenant de Cnide
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ti-M'-mo siècle iiii caractère nouveau, et parmi ces derniers il faut citer surtout celui d'Asclépios. Nous avons déj;\ mentionné rAsclépios de Scopas, et clierclié \\\\ reHet de son n'uvre dans un Imste trouve au Pirée. Il faut sans doute rattacher à une école plus franchement attique la belle tète en marbre découverte à Milo en 1828, et qui a passé de la collection Blacasau lîritish Muséum ijig. 185) '. On a |iu hésiter sur l'attribution, et y reconnaître un Zens ; mais les doutes sont levés par la comparaison avec des statuettes trouvées en 188G à Epidaure-, et l'identification avec Asclépios est aujourd'hui certaine. Les circonstances de la trouvaille permettent de croire qu'elle provient des ruines d'un Asclépiéiou. Peu de monuments nous ont laissé du dieu guérisseur une image plus noble et plus douce. V\\ rayon de bonté éclaire cette physionomie grave, ce beau visage pensif, en même temps que le regard dirige vers le ciel, Kl bouche légèrement entr'ouverte, lui donnent comme un air de rêverie et d'extase divine.
Le type idéal de Zens, créé par Phidias, subit aussi des transformations dans la jeune école attique. C'est sans doute un sculpteur athénien du quatrième siècle, et peut-être un élève de Praxitèle, qui crée le type nouveau connu par le buste colossal de la Rotonde du Vatican, trouvé à Otricoli (tig. 18G) '. L'expression de majesté et de toute-puis-
Fig. l.^.i. -I-' [• l'ios, tête en marbre trouvée ;'i ililo. (British Muséum.)
1. Expédition de Mvrée, III, pi. 29, 1. Rayet, Mon. de l'art antique, I, pi. 42. Brann, Griech. Goellcruh'nle, p. flfi, et pi. IX. Cf. pour la bibliographie, Friederichs-Wolters, Gipsahgnsse, n" 128;i.