‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 20 sur 380 · Cf. Bruno Sauer, Miltheil. Allieu, XVI, p · texte numérisé non relu

Cf. Bruno Sauer, Miltheil. Allieu, XVI, p

3. Bruno Sauer, Mitllitil. Alhen, XVI, p. 73, pi. 3. La mise en place des fragments donnée par ÎI. Bruno Sauer rcctitic sur ce point celle de Jlichaelis, I)er Purthenon, atlas, pi. 7.

•1. C'est la Uiéorie qu'avaient soutenue de Wilte et Stepliani, iicmoirt» cilis.

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Ajoutez |)Oiir chaque attelage une divinité qui le conduit; placez au second plan, derrière le char, une autre divinité qui l'escorte, vous aurez de chaque côté du groupe central la répétition symétrique du même motif. Derrière le char d'Athéna, c'est-à-dire dans l'aile gauche du fronton, le dessin de Carrey montre un personnage viril, sans doute Hermès ; on lui attribue sans difficulté le beau torse musculeux et svelte

Fig. 19. —

Tète de Niké (appartenant à il"' la marquise de Lab(

rde).

conservé à Londres (fig. 17, H). Le char était conduit par une déesse, Niké, dont le corps se renversait en arrière et dont les bras tiraient sur les rênes, pour calmer la fougue des chevaux cabrés. Cette figure a péri dans l'écroulement provoqué par la tentative malheureuse de Morosini. Au moins peut-on se flatter, sans témérité, d'en posséder un fragment digne d'attention ; nous voulons parler de l'admirable tête féminine rapportée à Venise par San Gallo, le secrétaire de Morosini, et achetée par M. de Laborde à un négociant allemand devenu le possesseur de cette

SCCLPTUltE GEECyCE.

42 L'INFLUENCE DES (iHANDS MAITRES.

précieuse épave (tig. !'••) '. Les proportions, qui sont celles des statues du Parthénou, la qualité du marbre et surtout le style permettent de reconnaître, en toute sécurité, la provenance de ce beau fragment; et si l'on songe que les statues du Parthénon, sauf une, sont décapitées, on ne saurait attacher trop de valeur à un marbre qui nous met sous les yeux une tête féiiiinine du style de Phidias. Le visage de la Niké est empreint d'une douceur charmante ; le nez est droit, les yeux un peu enfoncés sous l'arcade sourcilière, la bouche entr'ouverte ; le Iront, petit et bas, dessine une ligne arquée à la partie supérieure ; la chevelure, serrée par une légère bandelette qui fait deux tours, forme sur les tempes des bandeaux à ondulations profondes et souples. Cette manière large et simple de traiter la chevelure, nous la retrouverons dans les figures féminines de la frise ", comme un élément caractéristique du style de l'école de Phidias; nous devrons nous en souvenir dans la suite de cette étude, pour mesurer les changements que l'art grec du quatrième siècle fait subir au type féminin.

Dans l'aile droite, le char de Poséidon était conduit par une divinité, aux pieds de laquelle les dessins du dix-septième siècle montrent un dauphin ou un monstre marin. On est fondé à reconnaître Amphitrite dans la figure dont le torse est conservé à Londres (iig. 18, 0 . Pour avoir une idée juste du mouvement, tel que le donne le dessin de Carrey, il faut redresser ce torse trop incliné, et se représenter la déesse un pied posé sur le sol, tirant sur les rênes pour contenir l'élan des chevaux. Le fragment de Londres est d'ailleurs d'une grande beauté : rien de pittoresque ni d'inijjrévu comme cet arrangement du manteau enroulé, passant sur l'épaule gauche et remontant obliquement par derrière vers l'épaule droite. Quant à la ligure du second

1. De Labovdc, Alhènes aux .YI'" .\'l'l<: et .Wlf siicles, t. II, \\ 2J8 et suivantes. La tète ap)iarticnt aujouid'hui A M"": la marquise de Laboriio. U y on a uu moulage au Louvre, daus la salK- grecque.

2. 0» peut aussi la reconnaître dans des fragments trù.< mutilés de tètes féminines provenant du- Parthénou. Le British M\iseum en possède des moulages. Calalor/ue, Sculptures of thc Purthemu, p. rj8 n°';t3'J, 2 et 3. Il faut en particulier se reporter au fragment d'une tète de déesse, proveuant du fronton oriental, et qui a été étudié par M. Bruno Sauer : Zwei Fraijmente nom Parthénon, Festicfiri/t

fur Juhaiinai Oeerbeck, Leipzig, 1893, p. 74-78, pi. III. Il est impossible, par suite, de rattacher au fronton ouest une tête de femme retrouvée daus les caves de la Bibliothèque nationale. Nous ue pouvons sur ce point, partager l'opinion de François Lenormaut. {Gazette arch., 1875, p. 1-5, pi. I.)

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plan, nous croyons la reconnaître dans une statue qu'on place d'habitude au fronton oriental ; nous voulons parler de celle qui est connue sous le nom de Niké (Hg. 20) '. Nous avons déjà indique les raisons de symétrie (jiii nous engageaient à l'écarter du fronton oriental. Ajoutons

Fig. 20. — Divinité féiuiuine. Fronton occidental du Parthunou.

qu'elle donne exactement la pose de la figure placée derrière le char de Poséidon dans le dessin de Carrey (fig. 15, N) ; môme mouvement de

1. Fronton oriental. Fig. 3. de la planche G de Michaeli.=. Sur la place de cette .statue, voiries discussions de Brunn, Berichte der bayer. Akademie, II, p. 24, 1874. Matz, Goettinghche gdelirte An-eiffer. 1871 p. 1948. Waldstein, Easays on theart of Pheidias, p. 154. M. Waldsteinse prononce nettement pour l'attribution au fronton occidental. Cf. Furtwaengler, .4rc/(. Aiizelger, Jahrbuch, 1891, p. 70 et Meisterwerke, p. 228.

marclie rapide ; même direction de la jambe droite, portée en avant; même tuniiiue courte, laissant le genou et la jambe à découvert. Reste, il est vrai, un fait souvent invoqué pour justifier le nom de Niké; on voit aux épaules des trous de scellement qui font penser à des ailes. Mais ne peut-on pas les expliquer par des goujons de bronze qui servaient de supports ù la statue '?'. Et ù supposer que la figure fût ailée, ne peut-on pas l'interpréter comme Iris, figure accessoire répondant à l'Hermès de l'aile gauche? Qu'on y reconnaisse Iris, ou simplemciil une Niké, cette statue est du plus grand style, et compte parmi les morceaux de maîtrise les plus remarquables des deux frontons. L'art grec pourra plus tard multiplier les belles images divines ou allégoriques surprises en plein vol, ou dans l'élan d'une course emportée ; mais aucune ne saurait rivaliser avec le marbre du Parthénon. La vie déborde dans ce corps robuste qu'entraîne l'ardeur du mouvement, et sous le frémissement de la fine étoffe qui ondoie en plis menus, on sent la plénitude des formes entrevues comme au travers d'un léger voile.

Voici donc reconstitué le groupe capital, celui des deux protagonistes de cette lutte divine, avec leurs chars et leur escorte. Quant aux figures assises ou couchées qui remplissent les parties basses des deux ailes, il s'en faut que l'interprétation en soit aussi aisée. Analj'ser par le menu les systèmes proposés serait une tâche fastidieuse'; aussi bien, en négligeant les divergences de détail , on peut les ramener à deux tliéories très opposées. Ou bien, suivant l'opinion soutenue par MM. Brunn et Waldstein, les figures secondaires groupées dans les deux ailes représentent le lieu de la scène, et personnifient le sol même de l'Attique, avec ses montagnes, ses caps et ses fleuves; ou bien, et c'est la théorie que nous adoptons, elles n'ont pas le caractère abstrait de pergonnages allégoriques, mais elles s'intéressent k l'action ; ce sont des Êtres divins ou héroïques, et leur place dans le fronton, à la suite d'Athéna ou de Poséidon, est déterminée par les rapports religieux qui les rattachent à chacune des divinités protagonistes. Mais ce n'est li\ encore qu'une indicalion très générale. 11 reste i\ la préciser [lar

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