‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 223 sur 380 · Brunn, Beschr, der Gh/pL, n · texte numérisé non relu

Brunn, Beschr, der Gh/pL, n

Anult-Bruckmann, 183-lSô. Koepp pense h une copie de rAlexandre de Léocharês. Mais ce dernier était une statue d'or et d'ivoire, et suivant la juste remarque de M. Arndt, il devait être cuirassé.

2. Stark, mém. cHr, pi. 3, p. li). Koepp, mém. cili', p. m. Parmi les autres bustes pour lesquels on a proposé le nom d'Alexandre, nous citerons : 1" La tête de la collection Erbach. Stark, pi. I-II, dont l'.attribution est plus que douteuse, 2° Le buste de Berlin : Arndt-Bruckmann, n° 190, provenant d'Alexandrie, également très suspect. 3° Celui de Ince Blundell-Hall (Michaelis, A rch. Zeitung, 1874, pi. 4) qui ne représente certainement pas Alexandre. Le prétendu Inojios du Louvre, provenantde Délos, est sans doute un Alexandre idéalisé, un de ces portraits de seconde ou troisième main, qui devaient être si fréquents en Grèce. (S. Reinach, Gaz. arch., 188(!, p. 18G, pi. 22.) M. Homolle a trouvé i Délos une tête très mutilée, d'un type analogue à celui de VTnopos, et où il propose de reconn.aître un de ces successeurs d'Alexandre quie: s'étudiaient à l'imiter jusque dans ses moindres gestes n. BuU. de corresp. helh-n., 1885, IX, pi. XVII, p. 253.

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Fig. 225. — Alexandre, statue en marbre. (Munich, Glyptothèque.)

de Londres, d'une exécution très adoucie et comme affadie, rentrerait plutôt dans la série des portraits de convention, et on y cliercherait vainement le style net et précis de Lysippe.

Divinisé sous des formes très différentes, identifié avec Zens Ani-

mon, avec Héraclès, avec Dionysos, Alexandre prend dans l'art postérieur à Lysippe les expressions les i)lus diverses. On imagine sans peine quels aspects multiples les successeurs du maître sicyonien ont pu prêter à cette physionomie devenue légendaire, et quelles altérations elle a pu subir sous le ciseau des artistes qui travaillaient de seconde main. Ainsi l'hésitation est permise en présence d'une belle tête colossale du Capitule (fig. 220)'.

Quel nom convient k cette tête coiffée d'un bandeau où s'ajustaient des rayons de métal? Est-ce unHélios? Est-ce un Alexandre divinisé avec les attributs du dieu du soleil? La seconde hypothèse nous paraît la ])]iis juste. La tête du Capitolc a gardé en effet plusieurs des traits (jui caractérisent Alexandre : l'agence-

Fig. 22C. — Alexaiidre eu Héiios. Tête colossale en marlire. (Kome. Musée du Capitole, Stanza del Gladiatore.)

1. nclbig-Toutain, fliiiile, t. n" Ti^l. Anult-Iînickmann, n" 18l'i-lS7. Koepp, p. 21.

meut toiirmoutû do la chevelure, relevée en crinière de lion, la forme du front, avec une saillie très marquée au-dessus des sourcils, l'inclinaison du cou sur l'épaide gauche. Le sculpteur a certainement pris pour point de départ un portrait du roi ' ; mais en accusant l'expression passionnée et impérieuse, il a visé à donner au visage comme un

Fig. 227. — Soi-disant Alexandre mourant. (Florence, Musée des Ufjki.')

air de puissance surhumaine. Sans aucun doute, ces images idéalisées, où le souci de la ressemblance se perd graduellement, ont dû fournir à la plastique des thèmes très variés; on ne s'étonnera pas d'en retrouver quelque chose dans des types qui n'ont plus avec celui d'A-

1. M. Helbig croit le retrouver dans un marbre de la collection Barracco {diU. Barrarco, pi. LVII, LVIIa, p. 43-45), il l'attribue à un artiste de la seconde école attique : Milanges de l'Ecole fr. de Rome, t. Xlir, p. 378, note 3.

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lexandre (lu'uue parenté lointaine, témoin la tête de Florence désignée sous le nom à' Alexandre mourant (fig. 227) '. Cette tête au regard douloureux, levé vers le ciel, peut appartenir à un personnage héroïque ou mythologique; elle date de l'époque hellénistique, et relève d'un genre nouveau qui ne va pas tarder à se manifester, celui de la scalj)tiire d'expression.

Nous n'avons pas à étudier ici toute l'iconographie d'Alexandre. Nous nous bornerons à signaler quelques types qui paraissent dériver plus ou moins directement des statues de Lysippe. Le Musée de Najiles possède une statuette de bronze trouvée à Herculanum, et représentant Alexandre à cheval (fig. 228) -. Le roi est tête nue, revêtu de son armure ; emporté au galop de son cheval, l'épée haute, il semble mener une charge furieuse. N'y faut-il pas chercher le souvenir de la figure principale du groupe de Dion, de l'Alexandre chargeant à la tête de l'escadron royal des hét^res? Si l'on a pu songer au combat équestre d'un élève de Lysippe, Euthycratès, nous reconnaîtrions plus volontiers ici la manière du maître sicyonien. L'Alexandre appuyé sur sa lance a dû provoquer d'innombrables copies. L'aile statue du Louvre, trouvée à Gabies, en dérive peut-être, mais à travers combien d'intermédiaires '? Une longue série de petits bronzes nous conserve des variantes du même type ' que l'on retrouve encore dans une statue de bronze de Munich ■. Il serait toutefois bien imprudent de prétendre remonter jusqu'au prototype, en considérant cette suite d'effigies conventionnelles, transmises d'âge en âge jusqu'à l'époque de l'empire romain.

Dans une vie aussi longue et aussi remplie, Lysippe a pu toucher à bien des sujets. Pline lui attribue une joueuse de flûte ivre, qui semble être un sujet de genre ". Mais surtout il a droit à une place importante parmi les « animaliers » grecs. Un génie aussi épris de naturalisme a dû apporter, dans les figures d'animaux, un sentiment prot\)nd de la

1. Florence, Musée des Uffizi, n» 515. Brunn, X»eHimoe/t;r, n» 2G1. Baumeiater, Veiihn. Jm tloss. Al- Urtkums, I, p. 42, fig. 48. Koepp, p. 21.

2. BromiiVErcolauo, t. II, pi. 61 et 62. Mmeo Burbonico, t. III, pi. XLIII, Koepp, p. 15.

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