Cf. Furlw.ienglcr, Meislerwerte, p
2. Voir S. Reinach, Ktquiues archcotogi<iues,p. 228-2.11. E, IVttier, les Statuettes <le lerie mile. p. l'.'l.
r.VRIPPE. ,4,
Avec Lysippe finit lo siècle (jui, dans l'histoire de l'urt grec, termine la période classique. La sculpture du quatriènae siècle nous apparaît eu effet comme l'héritière directe des traditions antérieures. FAh se développe dans les mômes centres qui ont vu se former d'anciennes et glorieuses écoles : Atlièues, Argos, Sicyone, ont gardé leur vieille suprématie. Jusqu'à Lysippe, les thèmes traités par les artistes restent à peu près ceux auxquels se sont adressées, depuis le sixième siècle, des générations de sculpteurs. La sculpture décorative vit toujours sur les vieux mythes nationaux, et le genre historique ne fait qu'une tardive apparition avec le (( sarcophage d'Alexandre ». Types divins, légendes mythologiques, allégories religieuses, glorification des vainqueurs couronnés aux grandes fêtes de la Grèce, sujets funéraires : telles sont encore les sources d'inspiration de la sculpture. L'art ne cesse pas d'être en harmonie avec les formes de la vie nationale qui se concentre autour de la cité; il n'a rien renié de ses origines.
S'il y a quelque chose de changé, c'est dans l'esprit avec lequel la ])lastique traite ces thèmes séculaires. Les contemporains de Scopas et de Praxitèle touchent d'une main plus libre à ces types divins que les anciens maîtres abordaient avec une foi sincère et un religieux respect. A défaut d'émotions plus sereines et plus hautes, ils y font pénétrer tous les sentiments qui agitent l'âme humaine ; ils les rapprochent de l'humanité. On peut le dire sans paradoxe : nous comprenons mieux l'Aphrodite de Cnide que la Parthénos ; Praxitèle et Scopas sont plus voisins de nous que Phidias. En désertant les hauteurs où l'avaient porté les vieux maîtres du cinquième siècle, l'art a regardé plus curieusement la vie. Avec une subtilité qu'aiguise encore une culture raffinée, il a analysé toutes les nuances de sentiment; depuis les souriantes figures de Praxitèle jusqu'aux dramatiques évocations de Scopas et aux compositions pathétiques de Lysippe, il a interprété toutes les formes d'émotions ; en un mot il a aimé la vie, sous tous ses aspects. Faut-il nous étonner de voir le naturalisme se manifester à son tour, revendiquer ses droits, et s'affirmer dans la sculpture de portraits? C'est la conséquence d'une évolution que dirige une recherche sans cesse plus exigeante de la vérité.
Après les maîtres du quatrième siècle, il semble que tout soit dit, et
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LE yUATKlEME SIECLE.
que l'art n'ait plus qu'à se répéter. Pourtant il n'eu est rleu. Eu brisant les formes traditionnelles de la vie grecque, le morcellement de l'empire d'Alexandre crée des conditions nouvelles auxquelles l'art saura s'adapter avec une merveilleuse souplesse. Il saura rajeunir les anciennes formules, en trouver d'autres, distinguer, parmi les principes que lui lèguent des maîtres glorieux, ceux dont les applications ne sont pas épuisées, et attester encore pendant deux siècles l'étonnante fécondité du génie hellénique,
Fig. 229. — Alexandre chassant le lion. Médaillon d'or du Trésor de Tarse (Revers).
Fig. 230. — Tritons et Néréides. Fragment d'une frise représentant les noces de Poséidon et d'Amphiliite (Munich, Glyptotliùque).