PUne, ibid., 3G
l'a Vil, dans l'Henu^s du Belvédère. De même, les célèbres Satyres du sculpteur athénien ont dû provocjucr plus d'une imitation *. A leur lignée se rattachent les deux jolis Satyres du Louvre, qui jouent de la flûte, nonchalamment accoudés, l'un sur un cippe (fig, 232), l'autre contre un tronc d'arbre ^ Ce sont des garçonnets, i\ peine des adolescents, et qui ont gardé les formes juvéniles, l'expression mutine du type praxitélien. Que les fils de Praxitèle aient transformé en Satyre Auteur le Satyre au repos créé par leur père, il n'y a là rien d'impossible. Mais ce nouveau type, où la note idyllique est plus accentuée, a certainement trouvé faveur à l'époque hellénistique. Il entre dans le répertoire des coroplastes, et voici le petit Satyre transformé en un Éros joueur de flûte, dans une jolie figurine de Mégare, qui appartient, suivant toute vraisemblance, à la fabrication attique (fig. 233) '.
Nous croyons pouvoir attribuer à un élève plus ou moins direct de Praxitèle l'original d'où dérive une charmante statuette de bronze du musée de Xaples, trouvée à Pompéi, et devenue bien vite populaire sous le nom fort impropre de Xarcisse (fig. 23i)\ Si quelque chose est certam, c'est qu'il n'y a rien de commun entre l'amant de la nymphe Echo et ce jeune dieu aux formes élégantes, qui se tient debout, l'index de la main droite levé, comme pour agacer un animal placé devant lui. M. Hauser a très justement remarqué que, dans l'original, le pied gauche, porté en avant, devait poser seulement sur le talon '■. Dès lors le sens devient fort clair. Cet appel du pied, ce geste de la main, s'adressent à un animal familier, supprimé par le copiste ; et comme la pardalide jetée sur l'épaule du dieu, ses brodequins richement historiés désignent suffisamment Dionysos, on restitue sans peine à ses pieds la panthère qui lui est si souvent associée. Dès lors la statuette de Naples nous fait voir un type mythologique traité comme un sujet de
1. JI. Bienkowski attribue aux fils de Praxitèle Toriginal dun moulage légué par Mengs au musée de Dresde, et représentant un Satyre avec la nébride nouée sur l'épaule gauche. Xev. arch., t. XXTI 1895, p. 281, pi. VII-VIII. ' '
2. Froehner, Xotice. n<» 262-263. E. Q. Visconti, Jfon. scelti Borghesiani, p. 12, .?, p. 104. Cf. le Faune trouvé au Quirinal, ilyron R. Sanford, American Journal of Arch., 1S94, p. 532, pl.XVm-XLS.
3. Heuzey, Fig. de terre cuite du Louvre, planche 5ii. — E. Pottier, les Statuettes de terre cuite fig. 120.
4. Voir 1.1 notice de J. Martha, dans Rayet, Jfon. de l'art antique^ II, pi. 18.