‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 24 sur 380 · ilurray, Greek Sculpture, t. II, 2" éd., p · texte numérisé non relu

ilurray, Greek Sculpture, t. II, 2" éd., p

LE PAUTIIÉNON. 55

juste au-dessusde l'entrée du pronaos {ûg. 24et25). A droite,unlionime barbu, vêtu d'un long cliitou, seml)le recevoir des mains d'un jeune garçon une pièce d'étoffe soigneusement pliée. A gauclie, une femme est tournée vers deux jeunes filles, qui apportent chacune, posé sur leur tête, un siège carré garni de son coussin, et s'apprêtent à déposer leur fardeau. Que cette double scène fasse allusion à des actes du rituel religieux, on n'en saurait douter ; mais quel en est le sens, et quel lien la rattache au reste de la frise? Pour certains critiques, nous aurions sous les yeux les préparatifs du sacrifice ; le premier groupe montrerait un épisode presque familier : le prêtre ôtant son manteau, et le remettant à un jeune acolyte pour procéder plus librement à ses fonctions de sacrificateur '. A la réflexion, on a peine à croire que Phidias eût omis de représenter l'élément essentiel de la fête, c'est-à-dire le peplos d'Atliéna, si solennellement aj^porté à l'Acropole -. Et comment ne pas le reconnaître dans cette lourde pièce d'étoffe aux tranches striées de plis multiples, comme si le sculpteur avait voulu indiquer par là qu'il s'agit bien d'un peplos de grandes dimensions, plusieurs fois plié? Quant au manteau dont le prêtre vient aussi de se dépouiller, l'artiste ne l'a pas oublié : c'est le long vêtement que le jeune serviteur a jeté sur son épaule gauche. Il faut donc s'en tenir ici à l'ancienne interprétation qui n'a pas cessé d'être juste : la tête de la procession est arrivée devant l'entrée du Parthénon; le prêtre vient de recevoir le précieux peplos, et, aidé de son acolyte, il achève de le plier, avant de le porter dans le sanctuaire. S'il en est ainsi, le groupe de gauche fait également allusion à un acte du rituel. La femme qui aide une des jeunes filles à déposer son fardeau est la prêtresse d'Athéna Polias, et ces jeunes filles ne peuvent être que les ch'pliwjjhores de la procession pauathénaïque, réduites à deux sur la frise, en réahté beaucoup plus

1. Cette opinion avait été émise par M. Brunn, Bericlite der bayer. Ahademie, 1874, II, p. 41. Elle a été développée par A. Flasch, Zum Parthenon/ries, p. 83 et suiv. et adoptée par Waldstein, Essai/s on the art of PheiJias, p. 240 et suiv. J'avais accepté cette manière de voir. [Phidias, 188G, p. 78.) J'y renonce aujourd'hui.

2. A l'appui de cette opinion, déjà exprimée dans son ouvrage Der Parthénon, M. Michaelis a fait valoir des arguments qui pai-aissent décisifs : Peplos und Priestermantel, dans le recueil intitulé Feslschriftfilr Johannes Overbeclc, Leipzig, Engelmann, 1893, V. 178-183. Cf. les conclusions an.ilogues de Furtwaengler, Meisterwerke der griech. Plastik, p. 184.

nombreuses '. Ces sièges sont-ils, suivant une opinion très accréditée, destinés au personnel sacerdotal? Il est permis d'en douter. D'après une ingénieuse hypothèse de M. Furtwaengler, ces 'îi9pot,qui ont figuré dans la procession, seraient réservés aux dieux eux-mêmes ■. Les inventaires des temples mentionnent en effet les tables et les sièges qui servaient aux festins sacrés offerts aux dieux : invisibles pour les hommes, les divinités prenaient place à ces banquets ^ N'est-ce pas aussi pour des hôtes divins que la prêtresse va disposer ces sièges? Tous les grands dieux ne sont-ils pas conviés au spectacle de la fête? Nous ne voyons

pas d'interprétation plus satisfaisante, car c'est bien l'assemblée des dieux que va nous montrer la suite de la frise.

De chaque côté de ces figures, prend place un groupe de sept personnages, regardant, ceux de droite vers l'angle nord, ceux de gauche vers l'angle sud de la façade. Leur taille élevée les fait reconnaître pour des dieux, en dépit de la théorie de K. Bœtticher, qui proposait

1. On y a reconnu quelquefois la prêtresse d'Athéna Poli.i3 accueillant les deux nouvelles crrhéphores qui vont travailler au peplos pour les Panathénées suivantes.

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