Iliisicxle, Tfiijogonic, vers 695 et suivauts
2. On a retrouvé graves sur la moulure de la corniche les noms de plusieurs dieux et ceux d'un certain nombre de Oùants. Fraeukel, Imchiiften von Pergumon, u"' 80-128. Les Géants se nomment AUektos, Eurybios, Mim is, MolorJoî, Obrimos, Olyktor, OiiJiioa, l'alamucus, Téloreus, Sthéu;\roi, Stypliélos, Pharaggeu», KUaradreus, Ktlionopbylos, etc.
LES ÉCOLKS ASIATIQUES. PEUfiAME. .017
armures, et Inviiidissaut à la main do longues lances », eunime les Titans d'Hésiode. D'autres sont ailés, sans que toutefois la noblesse de la forme humaine soit en rien altérée. Mais voici un Géant à tête de lion, un autre à l'encolure de taureau et muni d'oreilles de bote. Voici surtout un type tout nouveau, celui du Géant ailé, dont les cuisses couvertes d'écaillés se terminent en têtes de serpent qui se dressent contre les dieux, et prennent pour ainsi dire part à l'action ; combinaison d'un illogisme évident, puisqu'elle soude ensemble deux organismes différents ; conception difficile à expliquer autrement que par une idée de métamorphose, mais dont les auteurs de la frise ont, au point de vue plastique, tiré le plus heureux parti '. Ou le voit, l'imagination des artistes s'est donné libre carrière pour traduire l'idée des forces brutales et désordonnées de la nature livrée au chaos. Elle y a trouvé matière à de curieuses oppositions entre la beauté des figures divines et ces formes étranges ou monstrueuses. Les combattants divins se détachent sur un fond tumultueux de corps enlacés, de grandes ailes battant l'air, de serpents déroulant leurs anneaux et dardant leurs têtes sifQantes. La composition se poursuit ainsi autour de l'autel, partout conduite avec la même vigueur, la même fougue emportée, la même verve débordante.
La conception d'ensemble est fort claire. Quant à l'ordre des différents épisodes, il reste affaire de conjecture, en raison des lacunes. Toutefois la restitution proposée par M. Puchstein paraît très satisfaisante ■. Nous l'adopterons pour suivre, en partant du côté droit de
1. Sur ce type de Géants dont les jambes se terminent en serpents, voiries fines remarques de Brunn, Peryam. GigaïUomackie, p. 249, Jahrli. iler K. precess. Kunstsammhmgen, V, 18»t. Cf. Mayer, Die Giganten und Titanen in der anlilcen Sage uud Kunst. On discute encore sur la part d'invention qui revient aux sculpteurs de la frise pour la création de ce type. On a cru longtemps eu trouver la première forme dans la frise de Priènejmais cette œuvre est postérieure à la Gigantomachie dePergame. M. Helbig croit que le sarcophage du Vatican, représentant les Géants avec la même forme, dérive d'une peinture hellénistique. (Helbig-Toutain, Guide, I, n° 215). Nous croyons volontiers que la peinture avait fourni les premiers modèles. Quant à la conception première, elle paraît s'expliquer par une métamorphose. Dans les Theriaca de Nicandre (8-12), les serpents naissent du sang des Titans. Cf. la peinture d'un manuscrit de Nicandre de la Bibliothèque nationale, exécutée au onzième siècle d'après un modèle antique, où les serpents naissent des cuisses de Titans. Gaz. arch., 1875.
2. Puchstein, Sitzungsber. der herl. AlcaJcmie, 1888, p. 12.31; 1889, p. 229. Cf. Overbeck, Griech. Plastilc, II, p. 273. Pour la rejiroduction des principaux morceaux, voir 0. Rayet, Mon. de l'art antique, t. II, pi. 61 et 62 ; Tondeur et A. Trendelenburg, Die Gigantomachie des pergamenischen Altars, Berlin, 1881 avec dtWas. Der Gigantenfries zu Pergamon, heramg. non der General Verwcdlung der K. Mu-
L'ART HELLENISTIQUE.
l'escalier, le développeiiieiit de la frise. Nous trouvons le point de départ dans une dalle régulièrement écliancrée, suivant le ])rufil des emmarcbemeuts de l'escalier. Un Géant ailé, dont les jambes se terminent en serpents, combat contre un dieu, tandis qu'un des serpents se débat contre l'étreinte d'un aigle qui de ses serres aiguës l'a saisi à
Fig. 2G7. — Gcant luttant contre un aigle. Grande frisp de 1 autel de Pergame ( Jlusùe de Bui'.uO.
la inâcboire (fîg. 267). C'est un morceau d'une facture souple et serrée, d'une exécution à la fois ressentie et moelleuse, un de ceux que l'on peut louer sans réserves. Venaient ensuite Hermès et les Nymphes, et le retour d'angle, sur la face occidentale, était occupé par le groupe de Dionysos et des deux petits Satyres qui l'escortent. La figure 208
««en III Berlin, Stuttgart, gr. in-folio. Baumeistcr, Dtidmaelei; art. Pergamon. Des croquis des morceaux conservés ont ùté donnés par M. Conze, Jultrbuch dcr pieuss. Kunsltammliingen, I, 1880, p. 108 et suivantes. L'ensemble de la frise est reproduit dans la Beschieibung dcr Slidjiliirfii ans Pergamon, de Pucbstein, I, G iganlomachie ,Bei\iD, 189d.
nous dispense d'une description minutieuse : elle met sous les yeux du lecteur l'cdégante silhouette du dieu, le riche agencement de sa fuie tunique et de sa pardalide, les draperies flottantes qui meublent le fond. Placée trcs en vue sur un des pilastres de la façade, cette figure est d'un travail poussé et soigné; c'est dans de tels morceaux qu'il faut étudier les quahtés de l'exécution. A la suite, M. Puchstein restitue Rhéa, et sur la face sud, une suite de morceaux plus ou "moins mutilés, Cybèle chevauchant sur un lion, précédée d'Adrasteia , tandis qu'un aigle vole dans le fond, tenant un foudre dans ses serres ; puis les Cabires ; Séléné assise en écuyère sur un cheval ; Hélios, en longue tunique d'aurige, conduisant son attelage ' ; Théla, et la charmante figure d'Eus, l'Aurore, vue de dos, assise sur la croupe de sa monture que recouvre en guise de housse une peau d'animal. Dans l'ardeur de la lutte, sa fine tunique a glissé de l'épaule gauche qu'elle laisse à découvert ; son corps souple se dessine sous les plis menus de l'étoffe ; c'est
un morceau d'une grâce presque moderne, et d'une singulic're fraîcheur de style (fig. 2G9). Le groupe des divinités de la lumière se complétait par la figure d'Héméra, par celle d'^Ether, un homme robuste, étreignant dans ses hras vigoureux un Géant à tête de
Fig. 2C8. — Dionysos et deux .Satyres. Gr.inde frise de l'autel de Perganie (Musée de Berlin).