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consacré l'autel, les groupes de Zens d'Athéiia; ils sont par surcroit parmi les plus complets, et personne ne saurait leur contester la place d'honneur ({u'ils dccupeiit dans la Kotniide du musée de Berlin '.
Fig. 270. — Phoebé et Astéria combattant contre les Géants. Fragment de la frise sud du grand autel de Pergame.
Fig. 271. — Klytios, Hécate, Otos, Aigaion, Artémis. Fragment de la frise orientale du grand autel de Pergame.
Entre Zeus et les Géants, l'issue du combat ne saurait être douteuse. C'est d'un geste vainqueur que le dieu brandit son foudre, tandis qu'il étend vers ses adversaires son bras gauche recouvert de l'égide ; l'ardeur de la lutte a dérangé les plis de l'himation ; son torse puissant
1. Ces deux morceaux sont reproduits par Eayet, J/on. de l'art anti-j-ie, pL 01 et 02. Cf. Etwks d'archéologie et d'art, p. 204.
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apparaît uu ; la draperie flotte autour de ses reins. Drjà l'un des tonnerres lancés par l'arme du dieu a traversé la cuisse d'un des Titans ; un autre Géant, agenouillé à ses pieds, se tord en gémissant ; seul, un vieux Titan résiste encore, arc-bouté sur les anneaux de ses cuisses recouvertes d'écaillés, et avec un geste farouche il oppose à l'aigle de Zeus son bras gauche entouré d'une peau d'animal. Aucun morceau de la frise n'est supérieur à ce groupe magistral, œuvre puissante et large, et dont la composition, bien que chargée, se simplifie grâce à l'heureux écpiilibre des lignes et à la forte saillie des figures (pi. xii).
Comme celui de Zeus, le groupe d'Athéna forme à lui seul une scène complète (tig. 272). S'avançant d'un pas rapide, la déesse a saisi par les cheveux un jeune Titan à demi renversé, que mord au sein le serpent Érichthonios; les ailes du Titan s'agitent convulsivement; d'un geste désespéré, il a saisi le bras de la déesse, et il tourne vers le ciel des regards douloureux. Une de ses mains est tendue vers une femme dont le buste sort du sol : c'est Gaea, la mère des Titans, qui inqilore la pitié de la guerrière divine en faveur du plus jeune de ses fils. Mais voici la Victoire qui vole vers Athéna, une couronne à la main, consacrant ainsi le triomphe de la déesse. A coup sûr, le groupe nous donne, moins que le précédent, l'impression d'une oeuvre heureusement conçue : mais aucun morceau ne met mieux en évidence l'idée maîtresse qui a guidé les sculpteurs. Chercher les oppositions saisissantes, les contrastes émouvants, la mise en scène dramatique, voilà le programme qu'ils se sont tracé, et auquel ils sont restés fidèles, d'un bout à l'autre de la frise.
Après ces morceaux de maîtrise, nous n'en trouvons guère d'autres assez bien conservés ou assez beaux pour retenir longuement l'attention. Signalons surtout, à l'extrémité de la face orientale, les deux chevaux du char d'Ares qui se cabrent dans un beau mouvement, et dont la large encolure, les crinières flottantes ne rappellent plus en rien les types de chevaux familiers à l'ancien art grec '. Sur la face nord il faut restituer Aphrodite, Eres et Dioné ; placer ensuite le groupe bizarre et enchevêtré des Dioscures, et i)lus loin une divinité qui op-