Baumei^tcr, aii. ciu', p. 1207, fig
pose
LES ÉCOLES ASIATIQUES. PETîGAME.
àl.-i fi.renr.les (ic-ants une anne singi.li.'ie, un vase autour duquel
s lui-i encore, les Érinnyes et les Grées , et à
s'enroule un serpent ; plus
détail tairait allusion h un épisode de la giaerre d'Euméne II coi^tre Prusias de Bithynle.
,. M. Kosel>er a ^^^^t ---,„,, ^on allie de faive jeter dans les vaisseau, pe.ga.e-
.'•.24 L'ART lIELI.ENISTH.)rE.
rextréniité, l'osoidon cLaiis son cliar attolr d'Iiippocampes ; niuk'hris de l'attelage nous permet seul d'appn'cicr le style vigoureux et l'exécution poussée de cette partie de la frise. Sur le pilastre sud, trouvaient place Triton et Ampliitrite, et le grou])e des divinités marines se prolongeait, avec Nérée, Okéanos et Tétliys, jusqu'au point où finissait la frise, progressivement envahie par la montée de l'escalier.
Si l'on considère l'ensemble de cette œuvre colossale, il est difficile de n'y pas reconnaître une réelle unité d'inspiration. A n'en pas douter, un seul maître en a conçu l'ensemble, a modelé les maquettes, et exécuté les morceaux les plus en vue. Nous ignorons son nom ; mais nous savons qu'il s'était associé des collaborateurs. Sur la moulure supérieure de la frise, on a pu déchiffrer des signatures mutilées, et, sinon lire, au moins restituer le nom de Dionysiadés, ]\Iénékrat('s, Mélanippos, Orestès, Théorrhétos '. Plusieurs de ces artistes sont désignés comme étant Porgaméniens; il y a donc au temps d'Eumène des sculpteurs nés :\ Pergame, et nous voilà déjà Iciin de ces maîtres d'origines tros diverses qui travaillaient pour Attale. Nous voyons à l'œuvre une génération nouvelle; la frise du grand autel est comme le manifeste de la jeune école pcrgaménienne.
La découverte de la frise de Pergame a causé bien des surju-ises. Elle apportait la révélation d'un art plein de ressources, de st've, et d'invention; elle montrait sous un aspect tout nouveau une époque autrefois condamnée comme une décadence; elle provoquait de curieuses comparaisons avec notre art moderne et contenqiorain. Ortains morceaux de la frise ne rappelaient-ils pas, pour la fougue de l'inspiration et la vigueur du style, le Déport si magistralement sculpté par Rude? Assurément, après l'enthousiasme de la première heure, la critique a re])ris ses droits. On n'a pas eu de ])eiue à surprendre çà et là des réminiscences d'd'uvres antérieures, des emprunts adroitement dissimulés : on a relevé des inégalités de style, des défauts choijuants d'exécution. Des juges sévères ont parlé d'artistes
niena dos vases rumplis de serpenta venimeux, qui avaient effrayi les équipages. Neue Jahrh, Jiir Philologie, 188fi, p. 225.
1. Fraenkcl, Inschr. rnn Pergamon, n"" 78-85. Cf. Beschr, iler Shilpt. ans Pergamo». p. 1(1 cl
pi. in.
sceptiques, do dramaturges liabiles, mais peu convaincus '. 11 y a sans doute dans ces critiques une part de vérité. Mais ces adaptations évidentes ne sont-elles pas dans tous les temps un ju-océdé familier î\ l'art grec? Ces défaillances d'exécution ne s'expliquent-elles pas par l'énormité du travail, confié A tant de mains? Et d'autre part, peut-on parler de scepticisme? En traitant ce vieux thème mythologique, les sculpteurs de la frise n'ont pas songé à faire œuvre de croyants. Ils ont compris le sujet en artistes et en poètes. L'auteur de cette vaste composition y a vu surtout un admirable thème à développer dans des proportions inusitées : il y a mis toute sa verve, toute son imagination. On définirait peut-être assez bien cet état d'esprit par les mots naïvement superbes où notre grand maître, Pierre Puget, fait son apologie : '< Je me suis nourri aux grands ouvrages; je nage (]uand j'y travaille, et le marbre tremble devant moi, pour grosse que soit la pièce. y>
La part faite à la critique, il faut bien reconnaître dans la frise de Pergame de puissantes ([ualités. Ce n'est pas un mince mérite que d'avoir accunndé, dans ce cadre démesuré, tant d'épisodes dramatiques, d'avoir soutenu presque partout l'inspiration à la même hauteur. Quant à l'exécution, ne la jugeons pas sur les parties médiocres et mal venues ; adressons-nous aux morceaux de bravoure où l'on peut reconnaître la main d'artistes de premier rang. Or, dans le groupe de Zeus, on peut louer sans réserve la vigueur et la souplesse des nus modelés par larges plans , la belle ampleur du torse de Zeus, la facture énergique et sobre de cette figui'e du vieux Géant, dont le dos musculeux est placé en pleine lumière. Et voyez d'autre part le jeune Titan qui, à l'extrémité de la frise, combat contre un aigle. Avec quels accents l'artiste a rendu le frémissement des chairs, les contractions de la poitrine haletante, soulevée par un spasme d'angoisse! Il y a là plus que de la science d'atelier; il y a un sentiment profond de la vie, avec un naturalisme très franchement avoué.
Dans l'exécution des détails, les sculpteurs de la frise sont de véritables virtuoses. Ils ont absolument rompu avec l'ancienne tradition,