Jahrbuch, II, p. 245, B
2. Conze, Jahrb. der prems. Kunitsamml, I, 1880, p. ISl; Overbeck, oxw. cité, fig. 201 b. Sur le type d'Héraclès, voir Weiszacker, Arch. Zettung, 1882, p. 255. L'auteur émet rhypothése, peu justifiée, que la figure est empruntée à un groupe du troisième siècle, qui se serait trouvé à Pergame.
Fi". 27Ô. — Héraclès trouvant Télèphe. Fragment de La petite frise du grand autel de Pergame (Musée de Berlin).
530 L'ART HELLENISTIQUE.
Iciiiont sons son bras le petit Oreste qui se débat, taudis qne la femme chargée du soin de l'eufaut tombe à geuoux toute éplorée '. Une autre série de dalles, assez bien conservées, montre ïélc'pbe introduit dans l'assemblée des chefs achéens, reçu comme un hute , et demandant à Achille la guérison do sa blessure (fig. 270) ".
La frise est trop mutilée pour qu'il soit possible d'en apprécier l'ensemble. Mais lorsqu'on examine les fragments, dans les magasins du musée de Berlin, on est frappé de voir que la rupture avec les anciens procédés du bas-relief est tout à lait consommée. D'une saillie moins forte que la frise de la Gigantomachie, celle de Télèplie est exactement conçue comme nn tableau. Les iigures sont placées en perspective; il y a des arrière-plans, des profondeurs. La préoccupation du plttorescpie est évidente, et se trahit dans le décor des fonds. Voici des édifices, des rochers, des arbres, qui localisent la scène : les feuillages des arbres sont traités avec une extrême précision : on recoimaît ici un chêne, ailleurs un platane. Et ce n'est pas là une manifestation isolée du basrelief pittoresque; nous le verrons plus loin, la petite frise de Pergame est le témoignage d'une évolution beaucoup jilus générale qui transforme le style du bas-relief hellénistique, et dont le principe est fondé sur l'adaptation à la plastique des procédés delà peinture. Un autre caractère très digne d'attention, c'est que le bas-relief devient en quelque sorte narratif. Le sculpteur ne choisit plus, comme autrefois, une action, un épisode; il entreprend de raconter toute une histoire, dans une série de scènes successives, et là aussi, nous pouvons deviner l'action immédiate des modèles fournis par la peinture. Style pittoresque, style narratif, voilà deux caractères qui reparaîtront plus tard dans les basreliefs romains des colonnes triomphales; la petite frise de Pergame fait déyà pressentir les conventions qui guideront les sculpteurs de la Colonne Trajane.
Les sculi)tures du grand autel sont-elles, à proprement parler, l'ieuvre d'une école, et peut-on parler d'une école ])ergaménienne? Oui .sans doute, si l'on ne prend pas le mot au sens étroit ''. Entre ces artistes
1. Conze, OUI!, cil,', I, p. 183. C. Robort, Jnhrhiich, II, p. 246. Overbeck, tniv. cili'; II, fig. 212, B.