‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 270 sur 380 · Cf. DUthcy, Arch. ZeUuug, 1878, p · texte numérisé non relu

Cf. DUthcy, Arch. ZeUuug, 1878, p

LES GROUPES PITTORESQUES. r.35

Ainsi s'expliquent encore l<a tonne ])yranii(lantc du f^ronpe, l.a disposition des personnaf^es, ('tafç('\s sur le rocher, et la pr(''occnpation pitto-

l'.e Diicé. Groupe eu marbre dit w: le Taureau i'. (Musée de Naples).

resque si évidente qni a dicté tout l'agencement des figures. Ces caractères sont très signiticatit's. Ils nous montrent d'abord l'apparition d'un genre nouveau, celui d'une sorte de sculpture rocaille qui concourt

530 L'ART HELLENISTIQUE.

à la décoration des jardins et des parcs ; ils dénoncent en outre le parti pris de renouveler les procédés de composition, en appliijuaiit à la sculpture en ronde bosse les conventions de la peinture. C'est assurément là l'innovation la plus audacieuse de l'art hellénistique.

Les sculpteurs du Taureau Farnèse n'ont pas seuls pratiqué cette méthode. Les terres cuites d'Asie Mineure offrent de nombreux exemples d'une pareille mise en scène ;or, il est certain que les coroplastes suivaient l'impulsion donnée par les maîtres de la grande sculpture'. Nous essaierons donc de réunir ici d'autres exemples de ces groupes pittoresques, et nous citerons en première ligne la célèbre série de statues conservée à Florence, au musée des Uffizi, le groupe de Niobé et des Niobides. On en connaît l'histoire ■. En 1583, on découvrait dans la vigna des frères dei Thomasini de Gailese, sur la route qui va de Saint-Jean-de-Latran à la Porta Maggiore, une série de quatorze statues, dont treize appartenaient au groupe des Kiobides. Achetées par le cardinal Fernando de Médicis, les statues des Niobides furent placées dans le jardin de la Villa Médicis, et disposées comme im véritable décor de jardin, sur un massif de rochers. Elles y restèrent jusqu'en 1775. A cette date, le grand duc Pierre Léopold les fit transportera Florence, aux Uffizi, où elles s'augmentèrent d'une statue représentant le pédagogue du plus jeune fils de Niobé, et des répliques de deux des Niobides. Sur le conseil de Thorwaldsen, on y ajouta la statue d'un Niobide tombé sur les deux genoux, qui appartenait depuis longtemps à la collection des Médicis". D'autres statues encore, qui n'ont rien de commun avec le groupe, vinrent encore l'enrichir mal à propos '', et lui donner l'aspect qu'il présente aujourd'hui aux Uffizi, dans la salle des Niobides. En réalité, les statues trouvées en 1583 et qui appartiennent au groupe sont au nomlire de neuf; elles sont en marbre penté-

1. Pour les groupes pittoresques en terre cuite, voir l'ottier et Ileinacli, I<i Nhropote de Miirina, p. IG7. Cf. Frochner, Terres cuites d'.Uie Mineure, pi. 2, 17, 21, etc. Cf. notre figure 280.

2. VoirStark, Niobe und die Niabiden, Leipzig, 18G3, p. 219 ; DUtsclike, Die anlike Uurmorbildirerke der U/Jhien in Florem, p. Ulj-m.

Page 1