‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 278 sur 380 · L'ECOLE UE RHODES · texte numérisé non relu

L'ECOLE UE RHODES

Depuis le milieu du tmisiènie siècle, environ, jusque vers l'aimée 50 avant notre ore, une lon<^iie série de signatures d'artistes atteste l'activité de l'école rliodienue '. Tous ne sont pas originaires de l'ile; il y a là des sculpteurs venus d'IIalicarnasse, de Soloi, de Chios, d'Aiitioclie, de Laodicée; on sait déjà que deux iiiaîtres de Tralles, les auteurs du (( Taureau Farnèse », travaillent pour Ehodes. Ces faits témoignent de la puissance d'attraction qu'exerce la florissante république, et les inscri[)tions nous a])prennent d'autre part que les Rhodiens ne négligent rien pour retenir les artistes venus du dehors. Ils leur confèrent le privilège de l's-'.'îaiy.iy., c'est-à-dire un droit de cité restreint ; les fils de ces étrangers deviennent de plein droit citoyens de Rhodes ". Des travaux récents ont permis d'établir avec plus de certitude la chronologie de ces artistes et démontré un fait capital : c'est que l'activité de l'école rhodienne se répartit sur une durée beaucoup plus longue qu'on ne le croyait jusqu'ici ''. Elle se manifeste dès la seconde moitié du troisième siècle ; elle se maintient pendant le second siècle et une partie du premier, et ne prend fin qu'au moment oii la prise de la ville j^ar Cassius porte à la puissance de Rhodes un coup décisif. Par la continuité de ce développement, l'école rhodienne mérite donc une place à part. C'est bien une école hellénistique ; mais elle se prolonge au-delà de l'olympiade 15(î, qui, au dire de Pline, marque le début de la renaissance gréco-roiuaine. Nous avons donc le droit de la considérer dans son ensemble, quitte à dépasser le terme que nous nous sommes assigné pour l'histoire des autres écoles.

Pour le groupement chronologique des artistes rhodiens, M. Hiller von Gaertringen propose un ordre très plausible, fondé sur l'étude des inscriptions '. A la seconde moitié du troisième siècle appartiennent Pliylès d'IIalicarnasse '\ Muasitimos, Timocharis d'Eleutherne, les

1. Voir surtout Foucart, Imcr. incdites de l'île de Rhodes (Extr. delà liev. arch., 185Ô-18G7). Loewy, Arch. epigr. Mittheil. ans Œsterreich, VII, 1883, p. 107 et Tnschr. ffriech. Bildh., p. 127, n»' 159-205.

2. Ainsi Epicliarmos de Soloi signe : 'Eîtr/apiio; loXrJç, w à èntoanta Séôotzi. Sou fils signe : 'Esî- Xaj)|io; 'Em/ipiiou 'P65ioç. Loewy, Inschr. gr. Bildh., n° 191.

3. Voir Hiller von Gaertringen, Die Zeithestxmmung der rhodischen Kûnsilerinschrifte», Jahrlvch des arch. Jnsl., IX, 1894, p. 22. Cf. Holleaux, Rev. de Philologie, 1893, p. 171.

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