Michaelis, Atlas, pi. XIV, dalle VII
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doute (les ergastines, recounaissables à la pliiale que tient l'une d'elles (fig. 28 B). Quel que soit leur nom, ces figures évoquent pour nous la plus pure image de lajeune fille athénienne. Vêtues du long cliiton aux plis droits , le léger voile de fête jeté sur les épaules, elles marchent d'un pas lent, la tète im peu inclinée, charmantes de grâce et de retenue, comme il convient aux filles d'Eupatrides , sévèrement élevées dans le gynécée. D'autres femmes les suivent, plus étroitement drapées dans leur manteau et peutêtre faut-il y voir les femmes métèques, de condition inférieure, portant des brûle-parfums, des phiales, des œnochoés de métal, en un mot tout le matériel qui servira au sacrifice. A l'angle gauche de la frise, un héraut se retourne et semble inviter ceux qui le suivent à presser le pas : procédé aussi discret qu'ingénieux pour relier aux premiers rangs du cortège la partie de la procession qui occupe les faces latérales.
Suivant la méthode de composition adoptée pour l'ensemble de la frise, les mêmes groupes se répètent dans les parties nord et sud ; il y a, de chaque côté, comme une moitié du cortège dédoublé. Il nous suffira donc d'indiquer la succession des groupes, qui est la même sur les deux faces. D'abord viennent les victimes, vaches, taureaux et brebis, offertes par la cité, ou envoyées par les colonies athéniennes, suivant l'obliga-
Fig. -28 B. — Ergastines. Frise de l'est, Vll. t.Musee du Loiivre.;
tion qu'Athènes impose formellement à chaque colonie fondée par elle'. Des jeunes gens les conduisent, élégamment drapés dans les plis de leur himation ; mais çà et là un taureau récalcitrant mugit ou se cabre ; son conducteur s'efforce de le maîtriser, et voilà autant d'épisodes qui viennent rompre la monotonie du cortège (fig. 29). Ensuite défilent les scaphépfiores , choisis parmi les métèques, et qui portent de larges
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Fig. 29. — Théores et victimes. Fri?e du siul, XL. (British Muséum.)
bassins plats remplis de gâteaux de miel et de farine; pui.s les spondophores,s'avauçant d'un pas lent, et soutenant, d'un geste charmant, l'hydrie posée sur leur épaule (fig. 30). La suite du cortège comprend les musiciens, joueurs de flûte ou de cithare, derrière eux les tMIIopIiores, recrutés parmi les vieillards les plus beaux des tribus athéniennes, et tenant à la main des branches d'olivier (fig. 31 ) ". Enfin commence le défilé des chars et des cavaliers. Sur la face sud, les chars sont montés par des co-
1. Voir par exemple l'inecriptiou relative k la colonie de Bréa, Corpus Inscr. allie, I, n° 3!>.
2. C'est dans cette partie de la frise que sont les plus importantes lacunes ; il faut la compléter avec leî dessins de Carrey. ilichaelis, Atlas, pi. 11, frise nord, et pi. 12, frise sud.
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chers en longue tunique ' et par des hoplites en armes qui ont pris part au concours des « chars de guerre » (aiaz-a 7:o)v£[/.i'7-r,s'.a) ; chaque attelage est accompagné d'un ordonnateur. Sur la face nord, quelques-uns des personnages portant le casque et le boucher semblent descendre des
Fig. 30. — Spondoiihores. Frise du nord, TI. (Athènes.)
chars ou }' remonter, un pied touchant le sol, l'autre posé sur la plateforme : par une allusion fort claire, cette attitude rappelait pour tous les spectateurs de la frise la course des apohafes, partie essentielle des concours ouverts aux grandes Panathénées (fig. 32). Derrière les chars, les cavaliers défilent à flots pressés (fig. 33,35). Ceux des premiers rangs sont assez correctement alignés par files de six; les autres, avec une allure un peu plus libre, s'espacent, font piaffer leurs montures, ou se retournent famiHèrement vers les rangs suivants ; les ordonnateurs, à pied
1. Il est impossible de reconnaître des Victoires dans ces figures, comme ra fait Benlé. {L'Acropole d'Athines, II, p. 157.)
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au milieu d'eux, s'efforcent de rétablir l'ordre et de ramener cette troupe brillante à une allure plus régulière. Mais ces épisodes ne servent qu'à rompre la monotonie d'un long défilé de cavalerie. L'ensemble n'en a pas moins un rythme éo;al et soutenu, celui de la courte et bondissante allure de parade qui entraîne à la suite du cortège la tumultueuse cavalcade. Sur la frise occidentale le mouvement se ralentit. Là, dit
Fig. 31. — Thallophores. Frise du nord, X. (Athènes.)
justement Beulé, « nous assistons aux préparatifs et à la toilette des acteurs. Quelques jeunes Athéniens, déjà montés, essaient leurs chevaux, et vont rejoindre le gros de la marclie, qui court sur le côté du nord. D'autres se font amener leurs coursiers, contiennent leur fougue, les brident, les caressent. Quelques-uns se parent pour la fête, en causant avec leurs compagnons (fig. 34). Il y a même dos détails d'une intimité et d'im naturel qui montrent un art bien sur de lui-même. Un Athénien passe sa tunique de la même manière que nous passons nos
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clieiuises; et, plus loin, im cheval laissé libre chasse d'uu mouvement de tête les mouches qui lui piquent la jambe » '. Ajoutez qu'ici encore, comme sur la frise occidentale, on peut noter d'ingénieuses adaptations des motifs créés par la granile peinture décorative. Les deux éphèbes qui attachent leur chaussure, un pied posé sur une pierre, font penser à l'un
FiiT. 3-'. — CIkhs d'apobates. Frise du nord, XVII. (Athènes.)
des personnages peints par Polygnote sur les murs de la Lesché de Delphes : le peintre avait donné cette attitude à Antilochos, et Pausanias la signale comme digne d'attention '. Sans aucun doute, le sculpteur de la frise avait trouvé là l'idée première d'un motif encore nouveau, et que la plastique traitera dans la suite avec prédilection.
Si, pour avoir été souvent décrite, et reproduite à l'infini par le moulage et la gravure, une œuvre pouvait devenir banale, telle serait la