Pausanias, X
destinée de la cavalcade du Partliénon. Heureusement il n'en est rien. A la vue des marbres originaux, on sent que la banalité est dans les mots, impuissants à rendre le charme indicible de ces élégantes figures déjeunes gens, si fièrement campés sur leurs montures, et les maniant avec la grâce aisée du cavalier accompli, tel que le décrit Xéuophon dans des pages célèbres '. Voilà bien le type idéal du cavalier athénien évoqué par l'écrivain grec : le buste droit ou incliné, suivant le rythme de l'allure, les cuisses et les genoux collés aux flancs nus du cheval, la jambe pendante, le pied tombant librement (fig. 33). Et u'est-ce pas aussi dans le Traité de l'équitation qu'il faut chercher la description la plus exacte du type du cheval de parade, aux formes courtes et ramassées, à l'encolure large, au poitrail renflé, à la tète sèche et nerveuse, aux naseaux bien ouverts? C'est bien là l'allure à la fois bondissante et contenue du cheval qui « s'enlève » (aîTjojpîl^wv) « ramenant la tcte avec fierté », battant l'air de ses pieds de devant, et semblant « prendre de luimême les plus belles poses », comme s'il partageait l'orgueil de son cavalier". Mais si l'on admire sans réserve la justesse des attitudes et le mouvement à la fois si soutenu et si varié qui entraîne limmortelle cavalcade, le rôle prépondérant qu'elle joue dans la frise ne s'explique pas sans difficulté. On peut, croyons-nous, écarter l'idée que ces cavaliers participent aux concours équestres, au même titre que les apobates ' ; c'est là beaucoup plutôt une escorte de parade, et l'on comprend mieux ainsi l'importance de la mise en scène'. Maintenant, devons-nous songer ici à la cavalerie militaire, réorganisée, semble-t-il, par Périclès, et portée au chiffre de raille cavaliers, au temps de la guerre du Péloponnèse? Nous adoptons une interprétation beaucoup plus large, et nous reconnaissons dans ces élégants cavaliers toute la jeunesse aristocratique d'Athènes, tous ces jeunes gens de noble famille, qui, par