‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 281 sur 380 · Tame, Voyage en Italie, I, p · texte numérisé non relu

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3. C'est l'hypothèse soutenue par Lachmann, Arch. Zeitung, 1818, p. 23G. Elle a été réfutée, d'une manière définitive, par Foerster, Verhandlumjeii der rierzigilen Versammhing deuisclier Philotogen in GôrliU, Leipzig, 1890, p. 77-78.

L'ECOLE DE UIIODER.

et (] n'est-ce que ce cjunilmm! S'agit-il duu conseil lunué par les amis des trois artistes, et chargé de décider de la composition, de ré-

Fig. i.Sô. — Le Laocoon (Rome, Yaticau).

partir le travail entre eux'? Faut-il penser à un conseil tenu par les

1. Cf. l'interprétation de Mommsen, Bennes, XX, p. 285-287. SCULPTURE GRECQUE. — T. II.

554 L'ART HELLENISTIQUE.

artistes eux-mêmes? Dans cette hypothèse, Pline aurait vouhi dire qu'avant d'entreprendre une tâche commune, les trois sculpteurs s'étaient concertés, ce qui ressemblerait fort à une naïveté. Reste une dernière explication, la plus vraisemlilaLle, à notre avis. Pline a pu simplement traduire une formule grecque, accompagnant la signature des artistes et rappelant que le groupe avait été exécuté par ordre du Conseil ou Sénat de Rhodes '.

Il est d'ailleurs permis de croire que le Laocoon se trouvait à Rome avant Auguste. Une peinture de Pompéi, découverte en 1875, représente une variante du sujet traité par les maîtres rhodieus". Or, elle appartient au style qui est en usage au temps d'Auguste, jusque vers l'année 50 de notre ère. Quant à la théorie suivant laquelle des artistes rhodiens se seraient inspirés des vers de Virgile dans un épisode bien connu de \ Enéide, M. Foerster l'a réfutée par des arguments décisifs '. Il est en effet très vraisemblable que le poète romain a puisé à une source grecque, car la légende de Laocoon avait été retracée par Euphorion de Chalcis , bibliothécaire d'Antioche, qui vivait entre 22-i et 187. Bien loin que les vers de Virgile aient inspiré les maitres rhodiens, nous croyons plutôt que Virgile a connu leur œuvre, sans doute transportée à Rome après le pillage de Rhodes par Cassius.

Reste à déterminer si les trois sculpteurs appartiennent à l'école rhodienne du troisième siècle, ou s'ils font partie de cette génération plus récente, (jui travaille au second et au premier siècle. C'est du juême coup poser la question si souvent débattue : le Laocoon est-il antérieur ou postérieur à la frise du grand autel de Pergame? Et, comme on ne ])eut méconnaître certaines analogies d'attitude entre Laocoon et le jeune Géant enlacé par le serpent d'Athéna, laquelle des deux œuvres a pu servir de prototype à l'autre? Il semble bien que le

1. Cf. O, Jahn, Ans der AltertItumswhsenscAa/t, p. IGi'. Murray, Gieel- sculpt., II, ]i. 368. Sui»-aut M. Murray, ce serait une formule analogue à celle-ci, énoiJioav YvwiJLa i^isTaTâv. Cf. pour les formules rhodiennes, Swoboda, Griech. VoUsbeschlime, p. 297. On pourrait aussi songer à un xoivôv, à une de ces associations religieuses qui existent h Khodes au second et au premier siècles. Cf. Foueart, Bull, de corresp. hellcn., X, 188G, p. 199. Le mot xoivôv se traduit trùs exactement [lar le mot coiicilitim. Cf. Guiraud, les Asseml/Ues proi'incialeSj p. 51.

2. iUiM, Aunali, 1875, pi. 0,p. 273. Cac. arch., IV, 1878, pi. 11.

3. C'est la théorie deLessing. Cf. C. Robert, Bild uni Lied, p. 192 et suivantes. Voir pour la critique de cette opinion, Foerster, Mém. cilê, p. 85.

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