‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 30 sur 380 · Xénophon, De l'èquitatio», cb. XII · texte numérisé non relu

Xénophon, De l'èquitatio», cb. XII

2. Xénophon, ouvr. cité, ch. XI. On lira toujours avec un vif plaisir la spirituelle étude de il. Cherbuliez, .1 propos d'un cheval, Paris, 18G0. Voir aussi les rapprochements étiblis entre le texte de Xénophon et le type du cheval attique par SI. E. Pottier, Monuments grecs, 1882-1884, p. 19 et suivantes.

3. La place faite au.i concours de cavaliers aux Panathénées semble .avoir été fort restreinte et les inscription s les plus anciennes qui en fassent mention datent du quatrième siécle.Voir sur cette question Albert Jlirtiu, /ej Cavaliers a'.kéniens, Paris, Thorin, 1886, p. 228 et suivantes. Cf. du même auteur l'article Equité», Bict. des Antiquités gr. et romaines. '

4. Voir Xénophon, llipparque, 3, 2; 11, 1. Démosthinc, Philippique, I, 26, et les textes cités par Hichaelis, Der Partliénon, p. 331.

)am

Fig. 33. — Cavaliers. Fiise du nord, XXXII-XX.Vii i L.

orgueil de race, voire même jmr dilettantisme, professent pour l'équitatiou un goût passionné, et que les peintures de vases nous montrent si souvent paradant sur des chevaux de luxe, ou s'initiant dans le manège à toutes les règles de l'art hipjjique'. Rien, d'ailleurs, ne semble plus éloigné de la pensée de l'auteur que de représenter un corps de cavalerie défilant sous les ordres de l'hipparque. Sans doute nous voyons çà et là certains détails d'équipement et de costume empruntés à la tenue

Fig. 3J. Apprêts de la cavalcade. Frise du nord, XLII. (British îluseum.)

équestre des Athéniens. Tel cavalier porte le casque à aigrette, avec la cuirasse souple à lambrequins; d'autres sont coiffés du chapeau thessalien, ou du bonnet de peau de renard (àûM^rr,-/:'.;); plusieurs portent aux jambes les emlades, c'est-à-dire les hautes bottines à retroussis flottants. Mais à vrai dire ce sont là comme des éléments pittoresque dont l'artiste use avec une grande liberté. Et voici d'autre part des cavaliers entièrement nus ou vêtus seulement de chlamydes qui volent au vent,

1. Voir une coupe de Munich, P. J. Meier, Arch.Zeilunr,, 18sr>, pi. XI. et notre article des ilotuimenls grect, 1885-1888. Cf. P. Girard, l'Éducation alhcniame, p. 212.

"?SH^r!?'T"''''~T~'"

Fig. 35. — Cavaliers. Frise du nord. XXXVI-XXXIS. (British Muséum.)

laissant à découvert des corps sveltes et robustes. Qu'on examine d'ailleurs ces visages presque tous juvéniles, le plus souvent empreints d'une exquise distinction; que l'on considère la grâce réservée, la dignité de tenue qui donnent à certaines de ces figures un charme si pénétrant, on ne se méprendra pas sur le sentiment qui a guidé l'artiste. La cavalcade du Parthénon est la glorification de la jeunesse athénienne et l'Athènes de Périclès pouvait y reconnaître avec orgueil les plus beaux et les plus brillants de ses enfants.

La frise de la cella est une œuvre d'art, et non un tableau d'histoire. On se tromperait fort si l'on prétendait y retrouver tous les détails connus par les textes. Ni le peplos ni le vaisseau sacré ne figurent dans la procession de marbre; aucune place n'y est attribuée aux hoplites qui faisaient partie du cortège ' ; on sait aussi que ni les chars ni les cavaliers ne pénétraient sur l'Acropole, et d'ailleurs la présence du groupe des dieux suffit à nous avertir que le sculpteur ne s'est pas asservi à une imitation littérale de la réalité. La frise nous apparaît au contraire comme le rêve d'une âme d'artiste, suggéré par un des plus beaux spectacles qui pût l'émouvoir, et cette procession sacrée dont l'harmonieuse ordonnance se déroule lentement, ce cortège de cavaliers s'avançant à flots pressés et tumultueux, semblent se mouvoir dans une atmosphère idéale, sous la lumière d'un ciel divin.

Aucun texte ne nous renseigne sur les artistes qui ont pris part à l'exécution de cette longue suite de bas-reliefs. Qu'elle soit une œuvre collective, cela n'est pas douteux. Certaines parties accusent un faire timide et un peu sec qui contraste avec le style large et aisé de la plupart des morceaux. Mais ce sont là des inégalités de facture qui n'enlèvent rien à l'unité d'un ensemble où l'on ne saurait méconnaître une même pensée et un mtme style : la pensée de Phidias et le style de ses élèves directs. On peut même aller plus loin, et admettre que Phidias a dessiné les cartons de la frise, et modelé les morceaux de 1 esquisse qui devaient donner aux sculpteurs de son ateher comme une sorte d'indication générale. Nous pouvons donc étudier dans la frise ,

Page 1