Cavvadias, Catalogue, n
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petit Dionysos atteste que l'artiste s'est souvenu Je l'Hermès d'Olyuipie. De toutes ces combinaisons résulte une œuvre surchargée, dépourvue d'unité, et qui se sauve pourtant par utie exécution amusante et
spirituelle '.
D'autres fois, le sujet peut se renouveler grâce au sentiment plus réaliste qu'y introduit le sculpteur.
Qu'un artiste s'inspire de la donnée traitée i)ar Praxitèle dans l'Hermès d'Olympie : la force virile protégeant l'enfance; qu'au beau jeune dieu de la palestre, il substitue un être mythologique dont l'âge et la nature se prêtent mieux à une caractéristique réaliste ; qu'il accentue par une expression de sollicitude plus intense son rôle de protection :
vous aurez le sujet traité par un maître inconnu dans une statue célèbre dont le Louvre, le Vatican, la (ilyptothèque de Munich possèdent des répliques. Silène tenant dans ses bras le petit Dionysos (fig.
301) ■'. A la svelte figure d'Hermès a fait place un Silène aux jambes nerveuses et sèclies, au visage un peu vulgaire, éclairé pourtant par un raj'onde bonté; l'enfant qu'il tient est un bambin qui crie et se débat. Conception et style, tout porte la marque du naturalisme qui se développe sous les successeurs d'Alexandre.
Fig. 300. — Jcuue Satyre portant Dionysos enfant. Statue en marbre (British Muséum)
1. Une statuette île îfyrina, linemcnt analyste i>ar M. Pottier, offre une variante de la même donnée, la Nicropole de Mijiina, p. 378.
2. St;ituc du Louvre ; Froehner, Xotice, p. 266, 250. Friedcrichs-Wolters, Gipsabg.. n" 1130. Statue de Munich, Brunn, Bcachr., n" 111. SUilucdu Vatican, Helbig-Toutain, I, n° 4. Peut-être est-ce le Satyre doul parle Pline, te qui ploratum infantis cohibet ». Cf. Petersen, Aimait, 18113, p. 391.
LES CARACTÈRES GKNÉRAT'X. 583
Si lialiile qu'il soit à ces ;i<laiitations, l'art liellénistique ne se résigne pas à vivre exclusiveiuent d'uniiniuits. Pans ce domaine déjà si largement exploité des t\]K'S mythologiques, il sait trouver des coins inexplorés.
L'idée de rajeunir les types religieux en les traitant comme des sujets de genre, fait surtout fortune au troisième et au second siècles ; et le scepticisme religieux aidant, les sculpteurs savent en tirer toutes les conséquences. En voici un exemple. On sait comment l'art du quatrième siècle avait conçu le thème de la toilette et du bain d'Ai)Iirodite; comment, dans l'Aphrodite de Cnide, l'idée du bain avait surtout pour objet de justifier le dévoilement. Ce thème, les sculpteurs hellénistiques le traitent pour
lui-môme, et s'ingénient à le développer. Au troisième siècle, un sculpteur originaire de Bithynie, Daedalos, s'inspire d'un sujet familier à la peinture, et représente Aphrodite comme une baigneuse accroupie, offrant son dos à la douche d'eau parfumée qui va ruis-
Statue eu marbre
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seler sur son corps '. Avec quel enipressenieut l'art liellénistique s'empare de ce motif, on peut en juger grâce aux nombreuses répliques du type créé par Daedalos '. Dans une statue du Vatican ^, la déesse est accroupie, le bras gauche appuyé sur le genou relevé, le bras droit
instinctivement ramené vers la poitrine. Tel est aussi le sujet de la statue Borghèse du Louvre' , et c'est bien ainsi qu'il convient (le restituer le beau marbre trouvé à Vienne, et acquis en 1879 par le musée du Louvre (fig. 302) \ Comme dans les autres répliques, l'artiste a rendu avec un grand souci de la vérité l'aspect de la chair vivante, frissonnant au contact de l'eau; il n'a même pas reculé devant certains détails réalistes , comme ces bourrelets de chair
trouvée à Vienne (Muaùe du Louvre). qUC deSsiuC SUr Ic
1. Pline, Xat. Iilst., M, 3').« Vcnerem liiv.-vntcm soso DaedaUis (fccit) )i. Sur Daedalos, qui ne iloît pas être confondu avec le maître de Sicyone ilùve de l'olycléte, voir Kroker, (Ueichnamii/f grivch. Kûiisller, p. 3G.