LE RTVLE ARC II A ISA NT
s;expHquerait ain.i ,uo ce style trouve déjà des adeptes au q^atri^,ne siècle A cette date, les inutatioMs de l'archaïsme ne peuvent ga^re avoir d autre objet que de reproduire etde conserver les types religieux crées par 1 art antérieur ; c'est un style hiératique et traditionnel °Mais ces raisons ne peuvent expliquer l'usage qu'en font les néo-attiques. En rcahto.sous leur ciseau il devient un style décoratif et ornemental dont la saveur est appréciée par les connaisseurs, par les admirateurs des prnnitits grecs.
Si des bas-reliefs nous passons aux statues, nous voyons le même dilettantisme archéologique s'affirmer encore plus nettement, et provoquer une véritable floraison du style archaïsant. L'afflux des œuvres d ancien style apportées à Rome a familiarisé les Romains avec les productions des vieilles écoles helléniques. Auguste semble avoir pour les primitifs une prédilection marquée. Il place à l'entrée de son Forum une Athéna d'Endoios, enlevée à Tégée. Il fait ériger en guise d'acrotères dans les parties hautes du temple d'Apollon Palatin, des statues de deux artistes de Chios, Boupalos et Athénis : c'étaient des fic^ures féminines, du même type que les statues archaïques de Délos et°de l'Acropole d Athènes. Une statue en marbre, trouvée sur l'Aventin, appartient à la même série, et témoigne de la faveur qui accueillait à Rome les oeuvres des anciens maîtres grecs '. Elles plaisaient par leur air d antiquité, leur charme sévère, leur gaucherie naïve; toute une élite de connaisseurs en exaltait les mérites.
A défaut d'originaux, on en recherchait des copies, ou des imitations Les œuvres de cette nature sont nombreuses dans nos musées. Pourtant, parmi les marbres qui nous donnent l'impression du style archaïque interprété par un copiste, il y a des différences à établir. Les unes sont des copies plus ou moins réussies, mais sincères. Les autres sont des imitations plus libres, où le sculpteur ne se fait pas scrupule d'associer aux conventions archaïques des détails qui trahissent un style plus avancé. D'autres enfin sont des pastiches franchement avoués, où l'archaïsme n'intervient que pour donner une saveur piquante à un type d'origine plus récente. A mesure que l'on connaît
1. Ghiinrdini, £„//. délia commisshne arch. comunale di Roma, IX, lS81,p. 133, [>I. V, 1-2.
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L'ART GliEC A ROME.
mieux l'archaïsme véritable, ou est conduit à reconnaître clans beaucoup d'oeuvres, autrefois qualifiées d'archaïsantes, des copies d'originaux anciens ; la question se ramène souvent à l'identification du i^ro-
totype. En voici un exemple caractéristique. Ou a longtemps considéré comme un pastiche une petite statue d'Artémis découverte à Pompéi, et qui ornait une chapelle d'une maison privée (fig.
34:5) '. La déesse est représeutée marchant vivement, relevant d'une main les plis de sa robe ; le marbre couserve des traces de dorure et de couleur. Or, si un fait est certain c'est que le sculpteur a copié très fidèlement une œuvre archaïque; luie autre réplique se trouve à Venise, et le même type reparaît dans une peinture de la maison romaine découverte sur l'emplacement des jardins de la Farnésine ". M. Stu- (Iniczka nous parait avoir démontré que l'original était une statue chryséléphantiue d'Artémis Laphria, exécutée au début du ciii([uième siècle par Ménaichmos et Soïdas. Enlevée à la ville de Calvdon, elle avait été don-
Fig :Uo. —AiiLUiis, .~taaii.ru. ùt .,;, '.^ .iic:.....,,.c, trouvi & Pompéi. Hauteur, 1",078 (Musée de Naples).
1. Fricderichs-Wolters, Gipsaliffùise,o.° 442. Studniczka, Itoem.MitiheU., III, p. 277-302, pi. X.
2. népliqne de Venise, Friederichs-Wolters, n° 443. Peinture de la Farnésine, Mon. ineJ., XII, pi. 20,1.
LE STYLE ARCHAÏSANT. G57
née par Auguste aux habitants de Fatras, vers l'année 21 avant notre ère. L'empereur avait pour elle une dévotion particulière; un type qui en dérive directement tigure sur ses monnaies, et durant le séjour qu'elle fit à Rome, elle dut être souvent copiée. Si les répliques de Pompéi et de ^'enise ne nous donnent pas la sensation directe de l'archaïsme, c'est qu'une copie ne saurait rendre tous les accents à la fois naïfs et fermes du style des vieux maîtres. Et les mêmes réflexions peuvent s'appliquer à beaucoup d'autres copies, comme la Pallas Chigi de Dresde, et l'Athéna de Munich '.
Les imitations libres se trahissent par des détails caractéristiques : une tête de style plus récent posée sur un corps ii l'attitude rigide ; des erreurs dans le costume ; des jeux de draperie ignorés des anciens sculpteurs ; une atténuation voulue de certaines conventions, comme le sourire et l'oliliquité des yeux; des gaucheries trop prétentieuses pour être sincères. Depuis les fouilles de Délos et celles de l'Acropole d'Athènes, nous possédons des termes de comparaison très précis. Le costume et l'attitude des /.ôpxi de l'Acropole sont reproduits dans une série de statues archaïsantes ' ; mais on ne se méprend pas à ce style d'imitation, lorsqu'on observe, comme dans un torse trouvé à Rome, des plis moins rigides, une recherche savante dans le geste du bras qui relève le chiton ■; Quant aux œuvres où l'archaïsme est manifestement affecté, on ne saurait citer d'exemple plus concluant que l'Artémis de Munich'. La tête seule avec sa coiffure compliquée, rappelle l'ancien style, tandis que le chiton creusé de plis souples et profonds dénonce une tradition d'art toute difterente.
A côté des copies, il faut donc reconnaître des œuvres véritablement archaïsantes, et l'on est en droit de se poser la question qu'a déjà soulevée l'étude des bas-reliefs néo-attiques. A quelle date le style archaïsant fait-il son apparition? Est-il né au premier siècle de notre ère, sous l'influence du mouvement de dilettantisme qui se des-