L'ECOLE DE PA SITÉL ES
par d'autres témoignages, que l'original argien a provoqué de nombreuses imitations, et qu'il a servi comme de pivot pour des combinaisons très variées. Voici, dans un groupe du musée de Naples, conmi
Fig. 3-ii5. — Groupe dit d'Oreste et de Tylade (ilusée du Louvre).
SOUS le nom d'Oreste et Electre, le même éphèbe reconnaissable à la forme archaïque de sa coiffiu-e, à ses épaules larges et saillantes; il est groupé dans une intimité fraternelle avec une jeune tille dont le type est, lui aussi, emprunté à l'art péloponnésien, car ou y reconnaît plus d'une analogie avec les figures féminines des frontons d'Olym-
pie (fig. 347) '. Il reparaît encore dans le groupe d'Oreste et Pylade, conservé au Louvre; mais cette fois son compagnon est un jeune homme, que l'exécution molle et sans accent désigne comme l'œuvre personnelle du sculpteur, pastichant sans beaucoup de succès le style des maîtres argiens (fig. 348) '. Tous ces faits nous édifient sur la part d'originalité qui revient à Stéphanos. Il a fait œuvre de copiste, de traducteur si l'on veut; mais rien ne nous autorise à reconnaître dans la statue Albani le manifeste d'une école.
La preuve se fait d'une autre manière. Si les <:( Pasitéliqnes " suivaient une doctrine, appliquaient des principes rigoureux, leurs imivres devraient offrir une certaine unité de style. Or il n'en est rien. Stéphanos a un élève, Ménélaos, qui travaille au temps d'Auguste ou de Tibère, et nous possédons un groupe signé de lui, conservé au Musée Boncompagni (fig. 349) ■'. Une femme semble faire accueil à son fils, avec des gestes aftectueux, et la donnée fait penser à un groupe funéraire, destiné à la décoration d'un tombeau. Peut-être l'artiste at-il emprunté l'idée à quelque groupe funéraire attique du quatrième siècle ; mais il est resté dans un symbolisme un peu vague, car à voir l'attitude des personnages, on peut hésiter entre une scène d'adieu et une scène de réunion. Ce qui est certain, c'est que cette œuvre froidement correcte n'a rien de commun avec la statue de Stéphanos, et ne trahit aucune réminiscence du vieux style argien. II n'y a rien là qui accuse une tradition d'école.
Peut-on d'ailleurs affirmer que l'école de Pasitélès ait eu le monopole des imitations ou des pastiches de l'ancien style péloponnésien, qu'elle ait seule remis en faveur les types créés au temps d'Agélaïdas ? Ce serait tirer d'un témoignage unique des conclusions bien hardies. Admît-on le fait, il faudrait encore convenir que les œuvres anonymes attribuées aux k Pasitéliqnes » sont, comme la statue de Stéphanos, des copies plus ou moins arrangées. Examinez l'Apollon
1. Jftweo Boi-6o»ico^ IV, 8. Raoul -Rochette, i/oii. iiicdits, XXXIII. I. KckulO, Dk Gtuj>j,e,i>\. II, 1. Briiim, Denkmaeler, n" 306.
■2. Bouillon, I, 22, 1. Raoul-Rochctte, Mon. inédits XXXIII, 2 -1, 5. Kckult', Die GrupjH-, pi. 11,2. Brnaa, DenkmaeUr, n» 307.
3. Helbig-Toutain, Guide, II, n" S87. Bruun, Deiihnacici; n" 30i'. Tour la sigualuie, Locwy, Iiisclii: <ir. JiUdh.j n" 376.