Pausanias, I, 22, 4; Cf. II
2. a Minerve, dit fort bien Beulé, était la Victoire même; ce n'était pas un surnom, c'était son nom ; on ne disait pas Minerve Victorieuse, mais, par la réunion énergique de deux substantifs, Minerve- Victoire 1). Beulé, Jj'Acropoh d'Athènes, I, p. 234. Le nom officiel de la divinité honorée dans le temple est 'A6r,vai'a Nixr, ou bien f, 'ABiivi r) -NixT]. C'est seulement à une date récente qu'on trouve la mention la Niké de l'Acropole ; Corpus inscr. att., III, 659, ispEa >':x[r,; t^; è; i]-/.po5tô[>.]£(i);. Voir les textes cités par Michaelis, Pavsaniae descriptio arcis Athenarum, p. 2, note 6.
SCULrTtjnE GRECQUE. — T. II. 13
•.•8 LE TEMPLE D'ATHEXA NIKE.
une pomme de grenade, de l'autre uu casque '. Elle ne portait ni la lance, ni l'attribut de la Niké aux ailes déployées que Phidias avait prêté à la Parthcnos. Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'étonueraeut, et justifier le nom tardif et populaire recueilli par Pausanias". La date exacte de la construction du temple ne nous est connue par aucun texte. A défaut de sources littéraires, il faut, pour la déterminer, s'en rapporter aux faits matériels, aux indices qu'on peut relever en étudiant le temple lui-même, et la place qu'il occupe sur le bastion. Or, nous savons aujourd'hui que le Pijrgos est l'œuvre de Cimon. C'est Cimon qui fit construire le terrassement avec le mur en pierre calcaire qui le soutient. Lorsque, sous le gouvernement de Périclès, de 437 à 433, Mnésiclès édifia les Propylées, il dut rétrécir l'aile sudouest, pour respecter un grand autel d'Athéua Niké, établi sur le Pyrgos. Mais il n'avait certainement pas prévu ce petit édifice qui se dresse à l'angle sud-ouest du bastion, dans une situation anormale, en parfait désaccord avec les lignes des Propylées. Le temple et le dallage en marbre qui l'entoure sont donc postérieurs à l'achèvement des Propylées ^ Faut-il voir dans ce monument comme une protestation contre l'œuvre de Mnésiclès ' ? L'hypothèse est très plausible, et s'accorde bien avec la date qu'indiquent les faits constatés. Il faut en effet laisser uu certain intervalle entre l'achèvement des Propylées et la construction du temple. La guerre éclate en 431, puis la peste sévit. C'est seulement après la mort de Périclès, et le triomphe du parti de
1. Harpocration, s. v. Sîxr; 'A9r,vâ. Harpocràtion, d'après Héliodore, l'appelle un xoanon. Mais étaitelle nécessairement de date très ancienne? M. Furtwaengler donne de bonnes raisons pour l'identifier avec la statue dont il est question dans une inscription de l'Acropole, gravée au quatrième siècle, entre 3.")0 et 320. (Kcehler, Hennés, XXVI, 1S91, p. 43). On nomme une commission pour en surveiller la restauration. Or la statue est un ex-voto consacré par les Athéniens après les victoires remportées en 4'26/o, par Vami de Nicias, Démosthène, sur le territoire de l'Amphilocliia. Elle serait donc contemporaine de la construction du temple {^feislenoel■t;, p. 211).
2. On connaît Vinterprétation qu'en donne ailleurs Pausanias (III, 13, 7): les Athéniens auraient représenté la Victoire dépourvue d'ailes, afin qu'elle ne quittât jamais Athènes. Cette explication defantaisie a été souvent réfutée. Cf. Jane Harrison : Mythologij aiid Mon. of' anc. Alkens, p. 36ti.
3. Voir sur cette question Bohn, Die Propylaeen der Ak-ropolU zii Athea, 1882, p. 31 ; Wolters, Ziim Aller (les XUelempels, dans les Bonner Sliulieii, Beriin, 1890, p. 92-101. Doerpfeld, Mllllieil. Atlien, X, 1885, p. 47. Furtwaengler, Meislencerl:e, p. 207-210. Cf.C. Robert, Aus Ki/dtilheii dans les PhiUo'j. Ciiteriuchungen de KiessUng et Wilamowitz-Moellendofif, I, 1880, p. 184^ et les remarques de M. Bohn dans Kekulé, Lie Reliefs an der Balustrade der Athtaa Xike, Stuttgart, 1881, p. 28.
4. C'est la théorie que développe M. Furtwaengler, ou», cité.