Pausanias, I
IIG L INIF.rKXCK DES (IliAXDS JIAITIIES.
l'œuvre '? Aucun argument sérieux uc nous empêche donc de voir dans Alcamènes un élève de Phidias, et un maître de la seconde moitié du cinquième siècle ".
Ce sculpteur est un de ceux dont nous devons regretter le plus vivement les œuvres perdues. Après Phidias, c'est la plus grande ligure de l'école attique contemporaine de Périclès. Au dire de Pline, ou voyait nombre de ses statues dans les temples d'Athènes '\ Une histoire plus que suspecte, recueillie par un écrivain grec du douzième siècle, Tzetzès, fait allusion à sa rivalité avec Phidias, et nous conserve tout au moins le souvenir confus du rôle qu'il a joué '. Beaucoup de ses statues étaient des commandes officielles : ainsi, le Dion^'sos qu'on voyait dans l'un des deux temples du dieu voisins du théâtre, et que reproduit une monnaie d'Athènes" ; l'Héphaistos boiteux de l'Héphaistéion ; l' Ares d'un temple situé près de l'Aréopage, au-dessus de l'Agora; enfin l'Asclépios de Mantinée. L'Hécate du Pyrgos d'Athéna Niké était un type nouveau créé par Alcamènes. Au lieu de représenter la déesse sous la forme de trois corps accolés l'un à l'autre, suivant l'ancien type encore respecté par Myron, il avait détaché et juxtaposé ces trois corps. Avec des variantes qu'on soupçonne sans peine, c'est la donnée qui paraît avoir inspiré les groupes de la triple Hécate si fréquents dans nos musées ^. Une Athéna exécutée dans im concours avec Phidias ne nous est connue que par le texte de Tzetzès, et nous avons déjà mentionné la Héra du temple de Phalère. Peut-être faut-il reconnaître une copie de
1. 31. Peterseu a bien mont»c que la traïUtioii est suspecte. Roim. Midhcil., IV, 18S'.i, p. G5. Cf. Koepp, JahrbucJi des arch. Iiist., t. V, 1890, p. 271.
2. Sur la date et les œuvres d' Alcamènes, voir Furtwaeugler, Meiflencerke,iK U7-12ii.
3. Pline, N.H. 31), IG. M. Winter (.1;t7i. Ameii/er, 1894, p. 4C) a proposé d'attribueril Alcimèues une statue en marbre trouvée en 1836 lires des Propylées (.Itidie Deidmafler, II, pi. 22). Elle représente uue femme grouiJée avec un jeune garçon. C'est la même statue que Michaelis (^Millheil, Atlien, I, I87G, p. 304) identifie avec un groupe de Procné et Itys, dédié par un personnage nommé Alcamènes. (Pausanias, I, 24, 3). Mais est-ce le sculpteur du même nom ? L'identification reste douteuse.
4. Tzetzès, CAi/., VIII, 340, et Epistolae, éd. Pressel, p. 97. Ce dernier texte a été signalé et discuté l)ar JI. Forster, ItheinUclies Mmeiim, N. F., t. XXXVIU, 1883, p. 424 et suivantes.
5. Bculé, ^fonna!et J'Athines, p. 201 et 376. D'.iprès les constatations de M. Doerpfeld, le temple était plus récent que les édifices construits par Périclès. Koepp, Jahrbuch, '7, 1890, p. 276, not« 30. Sur le Dionysos d'Alcimènes, voir Em'il lleiscb, Der Dionysos îles AUamenes, dans le volume intitulé Kranos Vinilobontmis, Vienne, Holder, 1893, p. 1-23.
li. A'oir Pctersen, Die dreigcstuUiye IMale, Aixh.epiijr. MiUlieil. au» Œsterreich, t. IV, 1880, p. 140. Cf. S. Keinacli, Album urcluol. des musées deproeincc, p. 101. E. Michon, Mélaui/es de l'École fr. de Uome^^ t. XII, 1892. Nous signalerons surtout r/yi*u<<ii'oH d'Épidaure, 'Eçriji. àç./-, 1885, pi. 2, u" 12-12".