‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 96 sur 380 · Dus llcroon ron Gjulliaschi Trysa, pi. VI · texte numérisé non relu

Dus llcroon ron Gjulliaschi Trysa, pi. VI

2. Voir les pl.inchcs d'ensemble de l'ouvrage de MM. lienndorf et Nioiuaiin, l'I. XXV-X.KVI. et XXVII-XXVIII.

1" Mur md. Extérieur. A droite de la porte, les Sept contre Th^bes ; au-dessous, le combat des Grecs et des Troyens entre la ville de Troie et les vaisseaux grecs. A gauche, un combat de Grecs et d'Amazones, et, sur le registre inférieur, une Centauromacliie.

Mur s?frJ. Triférieur. A droite, le massacre [des prétendants, et au-

Fijj. ;)7. - Porte de l'HurùùU de Trysa, face iiilérieiu'e. (Benndorf et Niemann, Dus Ileroon , pi. VI.)

dessous, la chasse du sanglier de Calydon. A gauche, scènes de banquet. Sur le registre inférieur, des serviteurs portant des plats ou présentant une coupe à l'ouverture d'une outre pleine de vin ; plus loin, une des scènes les plus curieuses de la frise : des jeunes garçons et des femmes dansant au son de la double flûte. Les femmes dansent deux par deux, tantôt se faisant face, tantôt tournoyant sur elles-mêmes, la robe gonflée de plis en spirales (fig. 98).

2or, LE q;uatrieme siècle.

2" Mur est. Sur deux registres, mais très mutilées, et avec de graves lacunes, les scènes suivantes : Centauromacbie, les exploits de Thésée, banquet.

3" Mur nord. De gauche à droite , sur deux registres , l'enlèvement des filles de Leucippe par les Dioscures ; à la suite, une scène de chcisse, et au-dessous, un combat de Lapithes et de Centaures.

4° Mur ouest. Une grande composition, divisée en trois parties comme une sorte de triptyque : à gauche, bataille entre les vaisseaux grecs et les murs de Troie ; au centre, la prise de la ville ; à droite, le combat d'Achille et des Grecs contre les Amazones.

(Benndorf et Niemann, Dus Heroim, pi. XX.)

Nous avons adopté les dénominations proposées par 1\I. Benndorf et fondées sur des études de détail poursuivies avec la science la plus pénétrante. De ces recherches se dégage un fait capital : c'est que les frises de l'hérôon de Trysa nous conservent le souvenir des grandes compositions décoratives à jamais perdues, exécutées par Polygnote, Micon et leurs émules; c'est que ces tableaux sculptés sur la pierre sont comme une transposition en bas-relief des fresques attico-iouiennes du cinquième siècle. Si l'on procède du connu à l'inconnu, dos rapprochements certains aux conjectures, il faut s'arrêter tout d'abord h l'une des frises intérieures du mur sud, à la scène du Massacre des Prétendants (fig. 99, A)'. C'est l'illustration du chant XXII de 1' 0</yssee. Voici d'abord, dans l'appartement des femmes, Pénélope debout près d'un large siège, vêtue du costume attique des fennnes du Parthénon,

1. Das Ileroun eoit GjMaichi Trysa, p. 9G-10Ô, pi. VII, VIII. A 1 A C.

L'ÉPOyUK

dans l'attitudo de l'P^urydice du bas-relief d'Oi[)li('e.

Devant elle sont les servantes restées fidèles, et celle qui s'enfuit est sans aucun doute la Mélantlio de r Odyssée, qui s'est laissée gagner par les prétendants.

Ulysse menaçant et tenant une torche et une épée, se dirige vers la salle du l)anquet. Plus loin, c'est la scène du massacre. Par la porte eutr'ouverte, derrière laquelle se blottit tout tremblant un petit esclave, Ulysse et Téléinaque font irruption, armés Tun de l'arc, l'autre de l'épée, et formant un groupe qui rappelle celui des Tijrannoctones d'Antéuor. Les prétendants sont coucliés sur huit lits, les uns déjà atteints par les flèches d'Ulysse, les autres effrayés, se couvrant de leur manteau, ou se protégeant à l'aide des tables et des lits.

Comparez le bas-relief au récit de l' Odyssée : vous reconnaîtrez, dans le prétendant couché sur le premier lit, Eurymachos, le seul qui ait le courage d'interpeller Ulysse. Ce jeune honmie

DE TlîAXSITIOX,

trapi)« ù mort, et qui a laissé échapper de sa luaiii puudautu la coupu tombée au pied du lit, c'est Antiiioos : <c Le jeune prétendant s'apprête à soulever une large coupe d'or à deux anses... Ulysse l'atteint à la gorge; la pointe d'airain traverse le cou délicat. Autinoos se penche H la renverse; la coupe tombe de ses mains défaillantes; un flot de sang jaillit de ses narines '. » Or, cette scène de meurtre , nous la retrouvons traitée en raccourci, mais avec de frappantes analogies, sur un vase attique du cinquième siècle ', et quel est le prototype auquel se sont adressés le peintre de vases et le sculpteur de l'hérôon, sinon le massacre des prétendants, peint par Polyguote dans le prouaos du temple d'Athéna Areia à Platées '"^

Il est plus difficile de désigner la peinture originale d'où dérive la chasse dn samjlier de Calydon (fig. 09 B) \ composition pleine de mouvemojit et de vie, abondant en détails pittoresques et ingénieux, comme ces chasseurs qui emmènent leur compagnon blessé, ou cet autre qui tire de l'eau d'un puits pour laver ses blessures. Pourtant le groupe du blessé soutenu par un chasseur se retrouve à Phigalie, et ce seul fait dénonce un emprunt à quelque œuvre attique. Peut-être le sculpteur a-t-il puisé à différentes sources, et s'est-il souvenu d'une fresque de Samos peinte par le frère de Polygnote, Aristophon ; L'Ile représentait un sujet bien voisin de celui-ci : l'Argonaute Ankaios, blessé par un sangher '.

Parmi les scènes qui décorent le mur sud à l'extérieur, il en est deux, le comhat d' Amazones et la Centauromachie, qui sont pour ainsi dire classiques dans la sculpture monumentale ''. De la fresque peinte par JMicon au Théséion, combien de motifs avaient déjà passé dans la plastique athénienne? Le groupe de Caeneus et des deux Centaures, l'Amazone dont le cheval plie les genoux, voilà des réminiscences évidentes du Théséion et de Phigalie. En revanche,

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